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Psaumes 67

Pour la fin, Psaume ou cantique à David.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ce psaume, le plus difficile à comprendre de toute la collection, a été composé à l’occasion d’une guerre de David, peut-être la guerre contre les Syriens et les Ammonites, voir 2 Rois, chapitres 10 à 12 ; 1 Paralipomènes, chapitre 19 à 20, 3 ; 2 Rois, 8, 3-14 ; 1 Paralipomènes, 18, 3-13. Le verset 2 par lequel s’ouvre le psaume, est la reproduction des paroles de Moïse, voir Nombres, 10, 35, et indique que l’arche avait été portée à l’armée, ce qui eut lieu dans la guerre contre les Syriens et les Ammonites, voir 2 Rois, 11, 11. David chante sa victoire. Le psaume se divise en deux parties et en neuf strophes. La 1re partie qui sert d’introduction, versets 2 à 19, est un tableau du passé ; la 2e, versets 20 à 36, chante le triomphe présent et remercie Dieu du succès qu’il a donné à son peuple.

QUE le Seigneur se lève, et que ses ennemis soient dissipés ; et que ceux qui le haïssent, fuient de devant sa face.

Comme la fumée disparaît, qu’ils disparaissent de même ; et comme la cire fond au feu, que les pécheurs périssent aussi devant la face de Dieu.

Mais que les justes soient comme dans un festin ; qu’ils se réjouissent en la présence de Dieu, et qu’ils soient dans des transports de joie.

Commentaire (versets 2 à 4) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 2 à 4 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Quand Dieu, c’est-à-dire l’arche de Dieu, se lève, ses ennemis se dissipent comme la fumée, les méchants périssent. Mais que les justes, etc. Comparer à 1 Paralipomènes, chapitres 15 et 16.

Chantez les louanges de Dieu, faites retentir des cantiques à la gloire de son nom : préparez le chemin à celui qui est monté sur le couchant ; le Seigneur est son nom. Soyez dans de saints transports de joie en sa présence. Ses ennemis seront remplis de trouble à la vue de son visage.

Il est le père des orphelins, et le juge des veuves. Dieu est présent dans son lieu saint.

Dieu fait demeurer dans sa maison ceux qui n’ont qu’un même esprit : il délivre et fait sortir par sa puissance ceux qui étaient dans les liens, comme il a délivré ceux qui irritaient sa colère, et qui habitaient dans des sépulcres.

Commentaire (versets 5 à 7) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 5 à 7 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Chantez en l’honneur de Dieu, préparez-lui le chemin quand il passe (dans son arche), dans son lieu saint, car il est le père de l’orphelin et le défenseur de la veuve, le libérateur du captif ; il laisse seulement les rebelles dans le tombeau ou dans le désert aride, comme porte l’hébreu.

Ô Dieu ! quand vous marchiez devant votre peuple, quand vous passiez dans le désert,

la terre fut ébranlée, et les cieux fondirent en eaux devant le Dieu de Sinaï, devant le Dieu d’Israël.

Vous séparerez, ô Dieu ! et vous destinerez pour les peuples qui sont votre héritage, une pluie toute volontaire ; et s’ils ont été affaiblis, vous leur avez donné votre protection.

Vos animaux demeureront dans votre héritage : vous avez, ô Dieu ! préparé par un effet de votre douceur une nourriture pour le pauvre.

Commentaire (versets 8 à 11) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 8 à 11 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Les versets 6 et 7 rappellent l’Exode et ce que Dieu a fait pour son peuple dans le désert ; les versets 8 à 11 continuent à parler des merveilles de cette époque ; ils rappellent la promulgation de la loi sur le Sinaï et l’occupation de la Terre Promise. ― Vos animaux désignent Israël considéré comme un troupeau dont Dieu est le pasteur.

Le Seigneur remplira de sa parole les hérauts de sa gloire, afin qu’ils l’annoncent avec une grande force.

Le roi le plus fort tombera sous celui qui est chéri, et le bien-aimé de Dieu ; et le partage qu’il fera des dépouilles des vaincus contribuera à la beauté de sa maison.

Quand vous seriez comme à demi morts au milieu des plus grands périls, vous deviendriez comme la colombe dont les ailes sont argentées, et dont l’extrémité du dos représente l’éclat de l’or.

Pendant que le Roi du ciel exerce son jugement sur les rois en faveur de notre terre, ses habitants deviendront blancs comme la neige du mont Selmon.

Commentaire (versets 12 à 15) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 12 à 15 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Le texte original peut se traduire ainsi : Sur elle (super eam) ; sur la terre exprimée au verset 9, ou mieux, peut-être, sur l’héritage, (hæreditas) du verset 10, lequel est féminin en latin. ― Ils deviendront blancs par la neige abondante du mont Selmon, sous laquelle ils seront ensevelis ; selon d’autres : Les lieux deviendront blancs comme la neige, par les ossements des cadavres qui les couvriront. C’est ainsi qu’on lit dans Virgile (Enéid., V, 865) : Des rochers blancs d’ossements ; et (XII, 36) : Les champs sont blancs par les ossements ; et dans Ovide (Fast., l. I) : La terre est blanche d’ossements humains. La première interprétation nous semble plus simple et plus naturelle.

La montagne de Dieu est une montagne grasse ; c’est une montagne fertile et remplie de graisse.

Mais pourquoi regardez-vous avec admiration des montagnes qui sont grasses et fertiles ? C’est une montagne où il a plu à Dieu d’habiter : car le Seigneur y demeurera jusqu’à la fin.

Le char de Dieu est environné de plus de dix mille : ce sont des millions d’anges qui sont dans de saints transports de joie : le Seigneur est au milieu d’eux dans son sanctuaire, comme autrefois à Sinaï.

Vous êtes monté en haut ; vous avez emmené un grand nombre de captifs : vous avez distribué des présents aux hommes ; et même vous avez fait en faveur des incrédules, que le Seigneur, notre Dieu, demeurât au milieu d’eux.

Commentaire (versets 16 à 19) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 16 à 19 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Traduction du texte original : Vous êtes, etc. Monter, s’élever en haut, se dit souvent en parlant de Dieu, lorsqu’il fait éclater sa gloire, qu’il s’élève en quelque sorte au-dessus de la terre, pour manifester sa puissance et sa majesté. Voir Psaumes, 46, 6 ; 56, vv. 6, 12 ; 107, 6 ; 112, 4. ― Vous avez pris, assujetti, emmené ; une captivité ; un grand nombre de captifs. ― Ceux qui ne croyaient pas ; est régi par le verbe vous avez pris, qui précède. Saint Paul, dans Ephésiens, 4, 8, applique ce verset à l’Ascension de Jésus-Christ.

Que le Seigneur soit béni dans toute la suite des jours : le Dieu qui nous sauve en tant de manières nous rendra heureuse la voie où nous marchons.

Notre Dieu est le Dieu qui a la vertu de sauver les peuples ; et il appartient au Seigneur, au Seigneur suprême, de délivrer de la mort.

Mais Dieu brisera les têtes de ses ennemis, les têtes superbes de ceux qui marchent avec complaisance dans leurs péchés.

Le Seigneur a dit : Je vous retirerai d’entre les mains du roi de Basan ; et je vous retirerai du fond de la mer :

en sorte que votre pied sera teint dans le sang de vos ennemis ; et que la langue de vos chiens en sera aussi abreuvée.

Ils ont vu, ô Dieu ! votre entrée, l’entrée triomphante de mon Dieu, de mon Roi, qui réside dans son sanctuaire.

Et les princes, conjointement avec ceux qui chantent de saints cantiques, se sont hâtés de venir au-devant de lui, au milieu des jeunes filles qui jouaient des instruments et qui battaient du tambour.

Bénissez Dieu dans les assemblées ; bénissez le Seigneur, vous qui êtes des ruisseaux sortis des sources d’Israël.

Là se trouve le petit Benjamin, qui est dans l’admiration et l’étonnement ; là se trouvent les princes de Juda, leurs chefs ; les princes de Zabulon, et les princes de Nephthali.

Faites éclater, ô Dieu ! en notre faveur votre vertu toute-puissante ; ô Dieu ! affermissez ce que vous avez fait en nous ; affermissez-le

du milieu de votre temple qui est dans Jérusalem : les rois vous offriront des présents.

Réprimez ces bêtes sauvages qui habitent dans les roseaux : c’est une assemblée de peuples semblable à un troupeau de taureaux et de vaches qui sont en fureur, qui a conspiré de chasser ceux qui ont été éprouvés comme l’argent. Dissipez les nations qui ne respirent que la guerre.

Il viendra de l’Égypte des ambassadeurs ; l’Éthiopie sera la première à tendre ses mains vers Dieu.

Royaumes de la terre, chantez les louanges de Dieu ; faites retentir des cantiques à la gloire du Seigneur ; chantez en l’honneur de Dieu,

qui est monté au-dessus de tous les cieux vers l’orient. Sachez qu’il rendra sa voix une voix forte et puissante :

rendez gloire à Dieu pour les prodiges qu’il a faits en faveur d’Israël. Sa magnificence et sa force paraissent dans les nuées.

Dieu est admirable dans ses saints : le Dieu d’Israël donnera lui-même à son peuple une vertu et une force invincible. Que Dieu soit béni !

Commentaire (versets 20 à 36) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 20 à 36 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

IIe partie : Tableau du présent : Après avoir rappelé tout ce que Dieu a fait pour son peuple et pour Jérusalem où il vient demeurer, David loue le Seigneur de la victoire qu’il vient de lui faire remporter. Invitation à tous les peuples de la terre à louer le vrai Dieu. Dans ses saints. Le texte original doit se traduire : dans ses sanctuaires, dans les lieux sanctifiés par le séjour et la présence de l’arche, le Sinaï, Silo, le mont Sion.