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Psaumes 70

Psaume de David, des enfants de Jonadab, et des premiers captifs. C’EST en vous, Seigneur ! que j’ai mis mon espérance : ne permettez pas que je sois confondu pour jamais.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sans titre en hébreu. Le titre de la Vulgate signifie probablement que ce psaume était souvent chanté par les Réchabites (voir Jérémie, chapitre 35) et par les premiers captifs. ― Cet appel à la protection divine était alors tout à fait de circonstance. ― Ce chant contient beaucoup de réminiscences d’autres psaumes. (recopier note de la page 307, édition 1 919)

Délivrez-moi par un effet de votre justice, et sauvez-moi : rendez votre oreille attentive pour m’écouter ; et sauvez-moi.

Que je trouve en vous un Dieu qui me protège, et un asile assuré, afin que vous me sauviez ; parce que vous êtes ma force et mon refuge.

Tirez-moi, mon Dieu ! d’entre les mains du pécheur, et de la puissance de celui qui agit contre votre loi, et de l’homme injuste.

Car vous êtes, Seigneur ! l’objet de mon attente : Seigneur ! vous avez toujours été mon espérance dès ma jeunesse.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Parce que c’est que vous qui êtes ma patience. C’est-à-dire que c’est de vous que vient ma patience. Comparer Psaumes, 56, 6.

J’ai été affermi en vous avant ma naissance : vous vous êtes déclaré mon protecteur dès que je suis sorti du sein de ma mère : vous avez toujours été le sujet de mes cantiques.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sur vous j’ai été appuyé, etc. Voir, sur le sens de ce passage, Psaumes, 21, 11.

J’ai paru comme un prodige à plusieurs ; mais vous êtes mon protecteur tout-puissant.

Que ma bouche soit toujours remplie de vos louanges ; afin que je chante votre gloire, et que je sois continuellement appliqué a publier votre grandeur.

Ne me rejetez pas dans le temps de ma vieillesse ; et maintenant que ma force s’est affaiblie, ne m’abandonnez pas.

Car mes ennemis ont parlé contre moi ; et ceux qui observent mon âme, ont tenu ensemble conseil pour me perdre,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ont parlé de moi ; littéralement Ont dit à moi, m’ont dit (dixerunt mihi). Nous avons déjà fait observer que la particule hébraïque, rendue dans les Septante et la Vulgate par le datif outre son sens ordinaire, signifiait quelquefois de, au sujet de, quand elle est jointe aux verbes dire, ordonner, etc. ; ce qui est incontestablement vrai dans ce passage-ci. Ajoutons que le verbe ont dit se trouvant séparé de son complément, Dieu l’a délaissé (verset 11), par plusieurs propositions, les exigences de notre langue nous ont obligé de substituer le neutre parler à l’actif dire. Quant à la traduction contre moi, nous la regardons comme fausse. ― Qui observaient mon âme ; c’est-à-dire qui m’épiaient pour me perdre.

en disant : Dieu l’a abandonné : attachez-vous à le poursuivre et à le prendre ; parce qu’il n’y a personne pour le délivrer.

Ô Dieu ! ne vous éloignez point de moi : regardez-moi, mon Dieu ! pour me secourir.

Que ceux qui répandent des calomnies contre moi, soient confondus et frustrés de leurs desseins ; que ceux qui cherchent à m’accabler de maux, soient couverts de confusion et de honte.

Pour moi, je ne cesserai jamais d’espérer, et je vous donnerai toujours de nouvelles louanges.

Ma bouche publiera votre justice, et racontera tout le jour votre assistance salutaire. Car je ne connais point la science humaine ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Votre salut ; le salut qui me vient de vous. ― Science vaine ; ou fausse sagesse, astuce, dont était rempli Achitophel, conseiller de David, qui se jeta dans le parti d’Absalom.

mais je me renfermerai dans la considération de la puissance du Seigneur : Seigneur ! je me souviendrai seulement de votre justice.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

J’entrerai, etc. ; c’est-à-dire je me renfermerai dans la considération de la puissance infinie du Seigneur.

C’est vous-même, ô Dieu ! qui m’avez instruit dès ma jeunesse ; et je publierai vos merveilles que j’ai éprouvées jusqu’à présent.

Ne m’abandonnez donc pas, ô Dieu ! dans ma vieillesse, et dans mon âge avancé : jusqu’à ce que j’aie annoncé la force de votre bras a toute la postérité qui doit venir ; votre puissance

et votre justice qui a éclaté, ô Dieu ! jusque dans les lieux les plus élevés, par les grandes choses que vous avez faites : ô Dieu ! qui est semblable à vous ?

Commentaire (versets 18 à 19) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 18 à 19 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Votre puissance et votre justice qui s’élèvent jusqu’aux cieux. Comparer à Psaumes, 35, 6 ; 56, 11. Le mot altissima de la Vulgate (littéralement lieux très élevés), que nous avons rendu par cieux, est la traduction d’un terme hébreu qui signifie hauteur, élévation, ce qui est élevé, et en particulier, le ciel.

Combien m’avez-vous fait éprouver d’afflictions différentes et très-pénibles ! et en vous tournant de nouveau vers moi, vous m’avez comme redonné la vie, et retiré des abîmes de la terre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vous m’avez montré ; hébraïsme, pour vous m’avez fait sentir, éprouver.

Vous avez fait éclater en plusieurs manières à mon égard la magnificence de votre gloire ; et me regardant de nouveau favorablement, vous m’avez rempli de consolation.

Car je vous glorifierai encore, ô Dieu ! en publiant votre vérité au son des instruments de musique : je chanterai vos louanges sur la harpe, ô Saint d’Israël !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des instruments de psaume ; c’est-à-dire des instruments sur lesquels on chantait les psaumes.

Mes lèvres feront retentir leur joie au milieu des airs que je chanterai à votre louange ; et mon âme, que vous avez délivrée, participera à cette allégresse.

Ma langue enfin sera appliquée tout le jour à annoncer votre justice, lorsque ceux qui cherchent à m’accabler, seront tout couverts de confusion et de honte.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

S’exercera ; littéralement méditera (meditabitur). Voir Psaumes, 34, 28.