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Psaumes 58
Pour la fin. Ne m’exterminez pas. David a mis cette inscription pour titre, quand Saül envoya des gens, et fit garder sa maison pour le tuer.
SAUVEZ-MOI, mon Dieu ! des mains de mes ennemis, et délivrez-moi de ceux qui s’élèvent contre moi.
Arrachez-moi du milieu de ces ouvriers d’iniquité ; et sauvez-moi de tous ces hommes de sang.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De sang ; littéralement de sangs. Voir Psaumes, 5, 7.
Car les voilà qui se sont rendus maîtres de ma vie : des hommes puissants sont venus fondre sur moi. Ce n’est point, Seigneur ! mon iniquité ni mon péché qui en est cause :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mon âme ; c’est-à-dire moi. Voir Psaumes, 7, 2.
j’ai couru, et j’ai conduit tous mes pas sans injustice : levez-vous pour venir au-devant de moi à mon secours, et considérez le péril où je me trouve.
Vous, Seigneur ! qui êtes le Dieu des armées, le Dieu d’Israël, appliquez-vous à visiter toutes les nations : ne faites point de miséricorde à tous ceux qui commettent l’iniquité.
Ils reviendront vers le soir ; et ils seront affamés comme des chiens, et ils tourneront autour de la ville.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Refrain. ― Ils reviendront vers le soir, et ils seront affamés comme des chiens et ils tourneront autour de la ville. Tous ces traits sont topiques et très caractéristiques. « Dans toutes les villes de la Palestine et de la Syrie, on rencontre les chiens par bandes, par petits groupes, en famille. Ce sont des chiens-loups, au poil jaune, au museau de renard, à l’air rusé, mais faux et méchant. Le jour ils sont muets, étendus, au repos et dorment dans les rues [qui leur servent de domiciles, car ils n’ont point de maîtres]. Mais après le coucher du soleil, ils s’éveillent [affamés] et se mettent en campagne. Alors ce sont, toute la nuit, des jappements, des hurlements épouvantables, des cris sauvages de rage, de fureur ; ils parcourent les rues, se jettent sur tout ce qui peut être pour eux un aliment, et se disputent avec férocité les moindres détritus. » (E. GUIBOUT, Jérusalem, 1 889, p. 188).
Ils parleront dans leur bouche contre moi, et ils ont une épée sur leurs lèvres : car qui est celui qui nous a écoutés ? disent-ils.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ils parleront dans leur bouche ; ils murmureront. ― En disant : c’est le vrai sens de la particule hébraïque, rendue dans la Vulgate par puisque (quoniam).
Et vous, Seigneur ! vous vous rirez d’eux : vous regarderez toutes les nations comme un néant.
C’est en vous que je mettrai et que je conserverai toute ma force ; parce que vous êtes, ô Dieu ! mon défenseur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pour vous ; c’est-à-dire pour vous louer, pour vous célébrer. ― Refrain terminant la première partie du psaume.
La miséricorde de mon Dieu me préviendra : Dieu me fera voir la manière dont il veut traiter mes ennemis.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sa miséricorde ; est pour votre miséricorde. Après une interpellation, les hébreux employaient assez souvent la troisième personne au lieu de la seconde.
Ne les faites pas mourir ; de peur qu’on n’oublie tout à fait mon peuple : dispersez-les par votre puissance, et faites-les déchoir de cet état d’élévation où ils sont, vous, Seigneur ! qui êtes mon protecteur,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce verset est très diversement expliqué ; nous avons choisi l’interprétation qui nous a paru la plus conforme au contexte. Ainsi, le Psalmiste veut dire : Ne les frappez point d’une mort prompte ; mais faites-leur porter longtemps le poids de votre colère, afin que mon peuple n’oublie jamais les effets de votre vengeance, et qu’il apprenne à vous craindre et à mettre en vous son espérance.
à cause du crime sorti de leur bouche, et du discours qu’ils ont proféré de leurs lèvres ; et qu’ils soient surpris dans leur propre orgueil. Et l’on publiera contre eux l’exécration et le mensonge dont ils sont coupables,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A cause. La plupart des commentateurs supposent que cette particule exprimée d’ailleurs dans le chaldéen est sous-entendue dans les Septante et dans la Vulgate, et qu’elle régit les mots crime et discours, qui sont à l’accusatif dans ces deux dernières versions ; mais quelques-uns font dépendre l’accusatif du verbe précédent : sentiment qui peut être fondé.
au jour de la consommation, lorsqu’ils seront consumés par votre colère, et ils ne subsisteront plus. Et ils connaîtront alors que Dieu possédera l’empire, non seulement sur Jacob, mais encore sur toute l’étendue de la terre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A leur consommation ; c’est-à-dire au jour de leur ruine. ― A la colère de leur consommation ; au jour de la colère divine qui les consumera.
Ils reviendront vers le soir, et ils souffriront la faim comme des chiens ; et ils tourneront autour de la ville.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Refrain. Voir verset 7.
Ils se disperseront pour chercher de quoi manger ; et s’ils ne sont point rassasiés, ils s’abandonneront au murmure.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ils murmureront ; littéralement et ils murmureront. Le mot et indique ici uniquement le commencement de l’apodose ; s’il devait se rendre en français, ce serait par alors, dans ce sens, cela supposé.
Mais pour moi, je chanterai les louanges de votre puissance, et je rendrai gloire dès le matin à votre miséricorde par des chants de joie ; parce que vous vous êtes déclaré mon protecteur, et que vous êtes devenu mon refuge au jour de mon affliction.
Je chanterai votre gloire, ô mon défenseur ! parce que vous êtes le Dieu qui me protégez : vous êtes mon Dieu, ma miséricorde.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Même refrain qu’au verset 10.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Titre hébreu : « Au chef de chœur. [Sur l’air de] ‘al thaschkheth (ne perds pas). Mikthâm. » Saül, avant de donner l’ordre de garder la maison de David et de le tuer le matin, cherchait à s’en débarrasser secrètement. Les valets de la cour, race vénale et malveillante pour le vainqueur de Goliath, étaient prêts à seconder les desseins du roi. David avait remarqué dans Gabaa une certaine agitation, le va-et-vient qui en était résulté le soir, quand ces scélérats parcouraient la ville pour le rencontrer et le frapper. De là les angoisses de David, la répétition de la description des versets 7 et 15, sa joie quand arrive le matin et sa reconnaissance envers Dieu. Le psaume est composé avec beaucoup d’art. Il renferme deux parties, des versets 2 à 10 et 11 à 18. La 1re partie peint le trouble et l’inquiétude de David, la 2e ses angoisses calmées, sa colère et ses espérances.