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Psaumes 28
Psaume de David, pour la perfection, ou la consommation du tabernacle. APPORTEZ au Seigneur vos présents, enfants de Dieu ; apportez au Seigneur les petits des béliers : rendez au Seigneur la gloire et l’honneur qui lui sont dus.
Rendez au Seigneur la gloire que vous devez à son nom ; adorez le Seigneur à l’entrée de son tabernacle.
La voix du Seigneur a retenti sur les eaux ; le Dieu de majesté a tonné ; le Seigneur s’est fait entendre sur une grande abondance d’eaux.
La voix du Seigneur est accompagnée de force : la voix du Seigneur est pleine de magnificence et d’éclat.
La voix du Seigneur brise les cèdres ; et le Seigneur brisera les cèdres du Liban.
Il les brisera et les mettra en pièces aussi facilement que si c’étaient de jeunes taureaux du Liban, ou les petits des licornes chéris de leurs mères.
La voix du Seigneur divise les flammes et les feux qui sortent des nuées :
la voix du Seigneur ébranle le désert ; le Seigneur remuera et agitera le désert de Cadès.
La voix du Seigneur prépare les cerfs, et découvre les lieux sombres et épais ; et dans son temple tous publieront sa gloire.
Le Seigneur fait demeurer un déluge sur la terre : et le Seigneur sera assis comme le Roi souverain dans toute l’éternité.
Le Seigneur donnera la force à son peuple : le Seigneur bénira son peuple en lui donnant la paix.
Commentaire (versets 1 à 11) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 1 à 11 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Tableau de la grandeur de Dieu manifestée dans l’orage, au moment de la translation de l’arche. ― Ce psaume est un des plus beaux poèmes descriptifs de toute la collection. A l’aide de quelques traits bien choisis, David dépeint d’une manière parfaite tout ce qu’il y a à la fois de magnifique et de terrible dans les éléments déchaînés. Dans le texte original, l’harmonie imitative du style fait entendre en quelque sorte les roulements prolongés du tonnerre, dans cette voix du Seigneur ou la foudre, sept fois répétée. ― Dans cette description, il y a deux scènes qui forment entre elles un admirable contraste, l’une sur la terre, l’autre dans le ciel. L’orage éclate avec fureur au nord de la Palestine, sur le Liban. Les cèdres qui font sa gloire volent en éclats, et leurs débris bondissent sur les flancs de la montagne comme un jeune taureau. La montagne elle-même tremble, ébranlée dans ses fondements. La tempête travers la terre d’Israël en lançant ses éclairs. Elle atteint au sud le désert de Cadès, où les biches mettent bas d’épouvante. L’homme a fui l’ouragan. Il ne paraît pas dans ce tableau ; il a été rendu muet par la terreur. Et, pendant que le monde est ainsi ébranlé et vacillant, que fait Dieu ? Il est assis en paix sur son trône. Que Dieu fortifie donc son peuple ! ― Le tableau est encadré dans une exhortation à honorer Dieu et une invocation au Seigneur pour qu’il donne la paix à Israël. En paix. Le mot paix signifie le plus ordinairement dans l’Ecriture prospérité parfaite.