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Psaumes 76
Pour la fin, pour Idithun, Psaume d’Asaph.
J’AI élevé ma voix, et j’ai crié au Seigneur : j’ai poussé ma voix vers Dieu, et il m’a écouté.
J’ai cherché Dieu au jour de mon affliction, j’ai tendu mes mains vers lui durant la nuit, et je n’ai pas été trompé. Mon âme a refusé toute consolation ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mon âme a refusé, etc. Au milieu de ma captivité, accablé de douleur, je n’ai pu trouver aucune consolation hors de Dieu.
je me suis souvenu de Dieu, et j’y ai trouvé ma joie : je me suis exercé dans la méditation, et mon esprit est tombé dans la défaillance.
Mes yeux devançaient les veilles et les sentinelles de la nuit : j’étais plein de trouble, et je ne pouvais parler.
Je songeais aux jours anciens, et j’avais les années éternelles dans l’esprit.
Je méditais durant la nuit au fond de mon cœur, et m’entretenant en moi-même, j’agitais et je roulais dans mon esprit plusieurs pensées.
Dieu nous rejettera-t-il donc pour toujours ? ou ne pourra-t-il plus se résoudre à nous être favorable ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ne sera-t-il pas de nouveau, etc. ; littéralement et par hébraïsme : N’ajoutera-t-il pas d’être, etc. Voir fin des Observations préliminaires, 2°.
Nous privera-t-il de sa miséricorde éternellement et dans toute la suite des races ?
Dieu oubliera-t-il sa bonté compatissante envers les hommes ? sa colère arrêtera-t-elle le cours de ses miséricordes ?
Et j’ai dit : C’est maintenant que je commence. Ce changement est l’ouvrage de la droite du Très-Haut.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et j’ai dit ; après avoir ainsi déchargé mon cœur devant Dieu. ― Je commence à espérer.
Je me suis souvenu des œuvres du Seigneur ; et je me souviendrai de toutes les merveilles que vous avez faites depuis le commencement.
Et je méditerai sur toutes vos œuvres ; et je considérerai tous les secrets de votre conduite.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Je m’exercerai dans vos desseins ; c’est-à-dire à réfléchir sur, etc. ― Vos desseins ; littéralement vos inventions ; l’hébreu porte : vos actions, vos œuvres.
Ô Dieu ! vos voies sont toutes dans la sainteté : quel est le Dieu aussi grand que notre Dieu ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Votre voie est sainte ; littéralement est dans la sainteté. Nous avons déjà fait remarquer qu’un hébreu les adjectifs sont souvent remplacés par un substantif précédé d’une préposition.
Vous êtes le Dieu qui opérez des merveilles : vous avez fait connaitre parmi les peuples votre puissance.
Vous avez racheté et délivré votre peuple, les enfants de Jacob et de Joseph, par la force de votre bras.
Les eaux vous ont vu, ô Dieu ! les eaux vous ont vu, et ont été effrayées, et les abîmes ont été troublés.
Les eaux sont tombées en abondance et avec grand bruit, les nuées ont fait retentir leur voix. Vos flèches ont été aussi lancées,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vos flèches. Les flèches de Dieu signifient assez ordinairement, dans l’Ecriture, les foudres et les éclairs.
et la voix de votre tonnerre a éclaté pour renverser les roues des Égyptiens. Vos éclairs ont fait briller leur lumière dans toute la terre : elle en a été émue, et en a tremblé.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La roue ou les roues ; c’est-à-dire les chariots ; car la partie est prise ici pour le tout. Il s’agit ici des chariots des Egyptiens, lesquels furent brisés dans la mer Rouge.
Vous vous êtes fait un chemin dans la mer : vous avez marché au milieu des eaux : et les traces de vos pieds ne seront point connues.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans la mer, etc. ; c’est-à-dire vous avez marché dans les eaux de la mer, à la tête de votre peuple, comme sur la terre ferme ; et ensuite vous avez refermé cette mer, sans qu’on ait pu découvrir les traces de votre passage.
Vous avez conduit votre peuple comme un troupeau de brebis par la main de Moïse et d’Aaron.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 14, 29.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Idithun. Voir le titre du Psaume, 38 (Hébreu : 39). ― D’Asaph. Voir le titre du Psaume 49 (Hébreu : 50). ― Il est impossible de déterminer en quelle circonstance ce psaume fut composé. On peut supposer cependant que c’est vers l’époque de la ruine du royaume des dix tribus. ― « Les deux premières strophes forment l’exorde et expriment un sentiment de tristesse et d’angoisse au sujet des malheurs présents de la nation (versets 2 à 7). Les trois strophes suivantes (versets 8 à 16) cherchent la consolation et le secours auprès de Dieu, qui a été jadis le libérateur d’Israël. Enfin une brillante description du passage de la mer Rouge (versets 17 à 21), rattachée à cette idée d’une consolation à puiser dans l’histoire, termine le poème. » (Ed. REUSS.)