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Psaumes 118
Alleluia. HEUREUX ceux dont la voie est pure et sans tache, et qui marchent dans la loi du Seigneur.
Heureux ceux qui s’efforcent de connaître les témoignages de sa loi, et qui le cherchent de tout leur cœur.
Car ceux qui commettent l’iniquité ne marchent point dans ses voies.
Vous avez ordonné que vos commandements soient gardés très-exactement.
Puissent mes voies être réglées de telle sorte que je garde vos ordonnances pleines de justice !
Je ne serai point confondu, lorsque j’aurai toujours devant les yeux tous vos préceptes.
Je vous louerai dans la droiture de mon cœur, à cause de la connaissance que j’ai eue de vos jugements pleins de justice.
Je garderai vos ordonnances pleines de justice ; ne m’abandonnez pas entièrement.
Comment celui qui est jeune corrigera-t-il sa voie ? Ce sera en accomplissant vos paroles.
Je vous ai cherché dans toute l’étendue de mon cœur : ne me rejetez pas de la voie de vos préceptes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ne me repoussez, etc. ; c’est-à-dire ne permettez pas que je m’éloigne, etc.
J’ai caché vos paroles au fond de mon cœur, afin que je ne pèche point devant vous.
Vous êtes digne, Seigneur ! de toute sorte de bénédictions : instruisez-moi de vos ordonnances pleines de justice.
Mes lèvres annoncent tous les jugements de votre bouche.
Je me suis plu dans la voie de vos préceptes, comme au milieu de toutes les richesses.
Je m’exercerai dans la méditation de vos commandements, et je considérerai vos voies.
Je méditerai sur vos ordonnances pleines de justice ; je n’oublierai point vos paroles.
Accordez à votre serviteur cette grâce de me faire vivre, et je garderai vos paroles.
Ôtez le voile qui est sur mes yeux ; et je considérerai les merveilles qui sont enfermées dans votre loi.
Je suis étranger sur la terre : ne me cachez pas vos commandements.
Mon âme a désiré en tout temps avec une grande ardeur vos ordonnances pleines de justice.
Vous avez fait éclater votre fureur contre les superbes : ceux-là sont maudits, qui se détournent de vos préceptes.
Délivrez-moi de l’opprobre et du mépris de ces superbes, à cause que j’ai recherché avec soin les témoignages de votre loi.
Car les princes se sont assis, et ont parlé contre moi : mais cependant votre serviteur s’exerçait à méditer vos ordonnances pleines de justice.
Car vos préceptes sont le sujet de ma méditation, et vos ordonnances pleines de justice me tiennent lieu de conseil.
Mon âme a été comme attachée à la terre : rendez-moi la vie selon votre parole.
Je vous ai exposé mes voies, et vous m’avez exaucé : enseignez-moi vos ordonnances pleines de justice.
Instruisez-moi de la voie de ces ordonnances si justes ; et je m’exercerai dans la méditation de vos merveilles.
Mon âme s’est assoupie d’ennui : fortifiez-moi par vos paroles.
Éloignez de moi la voie de l’iniquité : faites-moi miséricorde selon votre loi.
J’ai choisi la voie de la vérité ; et je n’ai point oublié vos jugements.
Je me suis attaché, Seigneur ! aux témoignages de votre loi : ne permettez pas que je sois confondu.
J’ai couru dans la voie de vos commandements, lorsque vous avez élargi mon cœur.
Imposez-moi pour loi, Seigneur ! la voie de vos ordonnances pleines de justice ; et je ne cesserai point de la rechercher.
Donnez-moi l’intelligence ; et je m’appliquerai à connaître votre loi, et la garderai de tout mon cœur.
Conduisez-moi dans le sentier de vos commandements ; parce que je désire ardemment de marcher dans cette voie.
Faites pencher mon cœur vers les témoignages de votre loi, et non vers l’avarice.
Détournez mes yeux, afin qu’ils ne regardent pas la vanité : faites-moi vivre dans votre voie.
Établissez fortement votre parole dans votre serviteur par votre crainte.
Éloignez de moi l’opprobre que j’ai toujours appréhendé ; parce que vos jugements sont pleins de douceur.
Vous savez que j’ai beaucoup désiré vos commandements : faites-moi vivre par la justice qui vient de vous.
Que votre miséricorde, Seigneur ! descende sur moi, et votre assistance salutaire, selon votre parole.
Alors je répondrai à ceux qui m’insultent : que j’ai mis mon espérance en votre parole.
N’ôtez pas de ma bouche pour toujours la parole de la vérité ; parce que c’est dans vos jugements que je mets mon attente.
Je garderai toujours votre loi : je la garderai dans tous les siècles, et dans l’éternité.
Je marchais au large ; parce que j’ai recherché vos commandements.
Je parlais des témoignages de votre loi devant les rois ; et je n’en avais point de confusion.
Je méditais sur vos commandements, que j’aime beaucoup.
Je levais mes mains pour pratiquer ces mêmes commandements qui me sont si chers ; et je m’exerçais dans la méditation de vos ordonnances pleines de justice.
Souvenez-vous de votre parole en faveur de votre serviteur ; de cette parole qui est le fondement de l’espérance que vous m’avez donnée.
Ce qui m’a consolé dans mon humiliation, c’est que votre parole m’a donné la vie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce qui (hæc). Nous avons déjà fait remarquer que les Hébreux n’ayant pas dans leur langue le genre neutre, le remplaçaient par le féminin, et que les Septante aussi bien que la Vulgate se conformaient souvent à cet idiotisme.
Les superbes agissaient avec beaucoup d’injustice à mon égard ; mais je ne me suis point détourné de votre loi.
Je me suis souvenu, Seigneur ! des jugements que vous avez exercés dans tous les siècles ; et j’ai été consolé.
Je suis tombé en défaillance à cause des pécheurs qui abandonnaient votre loi.
Vos ordonnances pleines de justice me tenaient lieu de cantiques dans le lieu de mon exil.
Je me suis souvenu, Seigneur ! de votre nom durant la nuit ; et j’ai gardé votre loi.
C’est ce qui m’est arrivé, parce que j’ai recherché avec soin vos ordonnances pleines de justice.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cela (hæc). Voir note précédente.
Mon partage, Seigneur ! ai-je dit, c’est de garder votre loi.
Je me suis présenté devant votre face, et vous ai prié de tout mon cœur : ayez pitié de moi selon votre parole.
J’ai examiné mes voies, et j’ai dressé mes pieds pour marcher dans les témoignages de votre loi.
Je suis tout prêt, et je ne suis point troublé ; je suis tout prêt à garder vos commandements.
Je me suis trouvé tout enveloppé par les liens des pécheurs ; mais je n’ai point oublié votre loi.
Je me levais au milieu de la nuit pour vous louer sur les jugements de votre justice.
Je suis uni avec tous ceux qui vous craignent, et qui gardent vos commandements.
La terre, Seigneur ! est remplie de votre miséricorde : faites-moi connaître vos ordonnances pleines de justice.
Vous avez, Seigneur ! usé de bonté envers votre serviteur, selon la vérité de votre parole.
Enseignez-moi la bonté, la discipline et la science ; parce que j’ai cru à vos commandements.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La discipline ; c’est-à-dire la prudence, la sagesse, par laquelle je puisse éviter le mal et m’attacher au bien.
Avant que j’eusse été humilié, j’ai péché ; et c’est pour cela que j’ai gardé votre parole.
Vous êtes bon : enseignez-moi selon votre bonté vos ordonnances pleines de justice.
L’iniquité des superbes s’est multipliée envers moi ; mais pour moi, je chercherai de tout mon cœur vos commandements.
Leur cœur s’est épaissi comme le lait ; mais pour moi, je me suis appliqué à la méditation de votre loi.
Il m’est bon que vous m’ayez humilié ; afin que j’apprenne vos ordonnances pleines de justice.
La loi qui est sortie de votre bouche me paraît préférable à des millions d’or et d’argent.
Vos mains m’ont fait et m’ont formé : donnez-moi l’intelligence, afin que j’apprenne vos commandements.
Ceux qui vous craignent me verront, et se réjouiront ; parce que j’ai mis toute mon espérance dans vos paroles.
J’ai reconnu, Seigneur ! que vos jugements sont pleins d’équité, et que c’est selon la vérité de votre parole que vous m’avez humilié.
Répandez sur moi votre miséricorde, afin qu’elle soit ma consolation, selon la parole que vous avez donnée à votre serviteur.
Faites-moi sentir les effets de votre tendresse, afin que je vive ; parce que votre loi est le sujet de toute ma méditation.
Que les superbes soient confondus ; parce qu’ils m’ont injustement maltraité : mais pour moi, je m’exercerai toujours dans la méditation de vos commandements.
Que ceux qui vous craignent se tournent vers moi ; et ceux qui connaissent les témoignages de votre loi.
Faites que mon cœur se conserve pur dans la pratique de vos ordonnances pleines de justice ; afin que je ne sois point confondu.
Mon âme est tombée en défaillance dans l’attente de votre secours salutaire ; et j’ai conservé une espérance très-ferme dans vos paroles.
Mes yeux se sont affaiblis à force d’être attentifs à votre parole, vous disant sans cesse : Quand me consolerez-vous ?
Car je suis devenu sec comme un vase de peau exposé à la gelée ; et cependant je n’ai point oublié vos ordonnances pleines de justice.
Quel est le nombre des jours de votre serviteur ? Quand exercerez-vous votre jugement contre ceux qui me persécutent ?
Les méchants m’ont entretenu de choses vaines et fabuleuses ; mais ce n’était pas comme votre loi.
Tous vos commandements sont remplis de vérité. Ils m’ont persécuté injustement, secourez-moi.
Peu s’en est fallu qu’ils ne m’aient fait périr sur la terre ; mais je n’ai point pour cela abandonné vos commandements.
Faites-moi vivre selon votre miséricorde, et je garderai les témoignages de votre bouche.
L’ordre que vous avez, Seigneur ! une fois donné au ciel, y demeure établi pour toujours.
Votre vérité subsiste dans la suite de toutes les races ; vous avez affermi la terre, et elle demeure stable.
C’est par votre ordre que jusqu’à présent le jour subsiste : car toutes choses vous obéissent.
Si je n’avais fait ma méditation de votre loi, j’aurais peut-être péri dans mon humiliation.
Je n’oublierai jamais vos ordonnances pleines de justice ; parce que ç’a été par elles que vous m’avez donné la vie.
Je suis à vous, sauvez-moi ; parce que j’ai recherché vos ordonnances pleines de justice.
Les pécheurs m’ont attendu pour me perdre ; mais je me suis appliqué à l’intelligence des témoignages de votre loi.
J’ai vu la fin de toutes les choses les plus parfaites ; mais votre commandement est d’une étendue infinie.
Combien est grand, Seigneur ! l’amour que j’ai pour votre loi ! elle est le sujet de ma méditation durant tout le jour.
Vous m’avez rendu plus prudent que mes ennemis par les préceptes de votre loi ; parce qu’ils sont perpétuellement devant mes yeux.
J’ai eu plus d’intelligence que tous ceux qui m’instruisaient ; parce que les témoignages de votre loi étaient le sujet de ma méditation continuelle.
J’ai été plus intelligent que les vieillards ; parce que j’ai recherché vos commandements.
J’ai détourné mes pieds de toute voie mauvaise, afin de garder vos paroles.
Je ne me suis point écarté de vos jugements ; parce que vous m’avez prescrit une loi.
Que vos paroles me sont douces ! elles le sont plus que le miel ne l’est à ma bouche.
J’ai acquis l’intelligence par la lumière de vos préceptes ; et c’est pour cela que j’ai haï toute voie d’iniquité.
Votre parole est la lampe qui éclaire mes pieds, et la lumière qui me fait voir les sentiers où je dois marcher.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
C’est une lampe, etc. ; votre parole, c’est-à-dire votre loi, est un flambeau qui éclaire mes pas et une lumière qui éclaire la voie où je dois marcher. Comparer à Proverbes, 6, 23 ; 2 Pierre, 1, 19.
J’ai juré, et résolu fortement de garder les jugements de votre justice.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les jugements de votre justice ; hébraïsme, pour vos jugements qui sont justes. Voir milieu des Observations préliminaires, 1°.
Je suis tombé dans la dernière humiliation, Seigneur ! faites-moi vivre selon votre parole.
Faites, Seigneur ! que les vœux que ma bouche a prononcés volontairement vous soient agréables ; et enseignez-moi vos jugements.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les hommages ou les louanges, ou les vœux, que ma bouche prononce.
Mon âme est toujours entre mes mains ; et cependant je n’ai point oublié votre loi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mon âme, etc. ; c’est-à-dire je suis dans un danger continuel de perdre la vie. On trouve des expressions semblables et employées dans le même sens, voir Juges, 12, 3 ; 1 Rois, 19, 5 ; 28, 21 ; Esther, 14, 4 ; Job, 13, 14.
Les pécheurs m’ont tendu un piège, et je ne me suis point écarté de vos commandements.
J’ai acquis les témoignages de votre loi, pour être éternellement mon héritage ; parce qu’ils sont toute la joie de mon cœur.
J’ai porté mon cœur à accomplir éternellement vos ordonnances pleines de justice, à cause de la récompense que vous y avez attachée.
J’ai haï les méchants, et j’ai aimé votre loi.
Vous êtes mon défenseur et mon soutien ; et j’ai mis toute mon espérance dans votre parole.
Éloignez-vous de moi, vous qui êtes pleins de malignité ; et je rechercherai l’intelligence des commandements de mon Dieu.
Affermissez-moi selon votre parole, et faites-moi vivre : ne permettez pas que je sois confondu dans mon attente.
Assistez-moi, et je serai sauvé ; et je méditerai continuellement sur vos ordonnances pleines de justice.
Vous avez méprisé tous ceux qui s’éloignent de vos jugements ; parce que leur pensée est injuste.
J’ai regardé comme des prévaricateurs tous les pécheurs de la terre ; c’est pourquoi j’ai aimé les témoignages de votre loi.
Transpercez mes chairs par votre crainte, comme avec des clous : car vos jugements me remplissent de frayeur.
J’ai fait ce qui est juste et équitable ; ne me livrez pas à ceux qui me calomnient.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
J’ai fait, etc. ; dans les jugements que j’ai rendus, j’ai pratiqué la justice, l’équité.
Affermissez votre serviteur dans le bien, et que les superbes ne m’accablent point par leurs calomnies.
Mes yeux se sont affaiblis dans l’attente de votre assistance salutaire, et de vos promesses pleines de justice.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La parole de votre justice. Comparer au verset 106.
Traitez votre serviteur selon votre miséricorde ; et enseignez-moi vos ordonnances pleines de justice.
Je suis votre serviteur : donnez-moi l’intelligence ; afin que je connaisse les témoignages de votre loi.
Il est temps que vous agissiez, Seigneur ! ils ont renversé votre loi.
C’est pour cela que j’ai aimé vos commandements plus que l’or et que la topaze.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De la topaze. L’hébreu porte : de l’or épuré.
C’est pour cela que je dirigeais mes pas selon la voie de tous vos commandements : j’ai haï toute voie injuste.
Les témoignages de votre loi sont admirables ; c’est pourquoi mon âme en a recherché la connaissance avec soin.
La manifestation de vos paroles éclaire les âmes, et donne l’intelligence aux petits.
J’ai ouvert la bouche, et j’ai attiré l’air que je respire ; parce que je désirais beaucoup vos commandements.
Regardez-moi, et ayez pitié de moi selon l’équité dont vous usez envers ceux qui aiment votre nom.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Selon votre équité ; littéralement jugement (judicium), qui se prend souvent dans le style biblique pour justice.
Conduisez mes pas selon votre parole ; et faites que nulle injustice ne me domine.
Délivrez-moi des calomnies des hommes ; afin que je garde vos commandements.
Faites luire sur votre serviteur la lumière de votre visage ; et enseignez-moi vos ordonnances pleines de justice.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Faites briller. Comparer à Psaumes, 66, 2.
Mes yeux ont répandu des ruisseaux de larmes ; parce qu’ils n’ont pas gardé votre loi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des cours d’eaux, pour des torrents, des ruisseaux de larmes.
Vous êtes juste, Seigneur ! et vos jugements sont équitables.
Les témoignages de votre loi que vous nous avez donnés, sont tout remplis de justice et de votre vérité.
Mon zèle m’a fait sécher de douleur ; parce que mes ennemis ont oublié vos paroles.
Votre parole est aussi pure que l’argent éprouvé très-parfaitement par le feu ; et votre serviteur l’aime uniquement.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A été très éprouvée par le feu ; comme un métal qu’on a épuré dans le creuset ; elle est donc pure, sincère, véritable. Comparer à Psaumes, 11, 7.
Je suis petit et méprisé : mais je n’ai point oublié vos ordonnances pleines de justice.
Votre justice est la justice éternelle ; et votre loi est la vérité même.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Est justice éternellement ; c’est-à-dire une justice immuable, qui ne se démentira jamais.
L’affliction et l’angoisse sont venues fondre sur moi ; et vos commandements sont tout le sujet de ma méditation.
Les témoignages de votre loi sont remplis d’une justice éternelle : donnez-moi l’intelligence, et je vivrai.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sont équité éternellement. Voir note précédente.
J’ai crié de tout mon cœur : Exaucez-moi, Seigneur ! je rechercherai vos ordonnances pleines de justice.
J’ai crié vers vous : Sauvez-moi, afin que je garde vos commandements.
Je me suis hâté, et j’ai crié de bonne heure ; parce que j’ai mis mon espérance en vos promesses.
Mes yeux vous ont regardé de grand matin en prévenant la lumière, afin que je méditasse sur vos paroles.
Écoutez ma voix, Seigneur ! selon votre miséricorde ; et faites-moi vivre selon l’équité de votre jugement.
Mes persécuteurs ont approché de l’iniquité, et se sont fort éloignés de votre loi.
Vous êtes proche, Seigneur ! et toutes vos voies sont remplies de vérité.
J’ai connu dès le commencement, que vous avez établi pour toute l’éternité les témoignages de votre loi.
Considérez l’humiliation où je suis, et daignez m’en retirer ; parce que je n’ai point oublié votre loi.
Jugez ma cause, et délivrez-moi : donnez-moi la vie selon votre parole.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mon jugement ; c’est-à-dire ma cause.
Le salut est loin des pécheurs : parce qu’ils n’ont point recherché vos ordonnances pleines de justice.
Vos miséricordes sont abondantes, Seigneur ! donnez-moi la vie selon l’équité de votre jugement.
Il y en a beaucoup qui me persécutent et qui m’accablent d’afflictions ; mais je ne me suis point détourné des témoignages de votre loi.
J’ai vu les prévaricateurs de vos ordonnances, et je séchais de douleur ; parce qu’ils n’ont point gardé vos paroles.
Considérez, Seigneur ! que j’ai aimé vos commandements : faites-moi vivre par un effet de votre miséricorde.
La vérité est le principe de vos paroles : tous les jugements de votre justice sont éternels.
Les princes m’ont persécuté sans sujet ; et mon cœur n’a été touché que de la crainte de vos paroles.
Je me réjouirai dans vos ordonnances, comme celui qui a trouvé de grandes dépouilles.
J’ai haï l’iniquité, et je l’ai eue en abomination ; mais j’ai aimé votre loi.
Je vous ai loué sept fois le jour, à cause des jugements de votre justice.
Ceux qui aiment votre loi, jouissent d’une grande paix ; et il n’y a point pour eux de scandale.
J’attendais toujours, Seigneur ! votre assistance salutaire ; et j’ai aimé vos commandements.
Mon âme a gardé les témoignages de votre loi, et les a aimés très-ardemment.
J’ai observe vos commandements, et les témoignages de votre loi : parce que toutes mes voies sont exposées à vos yeux.
Que ma prière s’approche, Seigneur ! et se présente devant vous : donnez-moi l’intelligence selon votre parole.
Que ma demande pénètre jusqu’à votre présence : délivrez-moi selon votre promesse.
Mes lèvres feront retentir une hymne à votre gloire, lorsque vous m’aurez enseigné vos ordonnances pleines de justice.
Ma langue publiera votre loi ; parce que tous vos commandements sont pleins d’équité.
Étendez votre main pour me sauver ; parce que j’ai choisi et préféré vos commandements à toute autre chose.
J’ai désiré, Seigneur ! votre assistance salutaire, et votre loi est le sujet de ma méditation.
Mon âme vivra, et vous louera ; et vos jugements seront mon appui et ma défense.
J’ai erré comme une brebis qui s’est perdue : cherchez votre serviteur, parce que je n’ai point oublié vos commandements.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce psaume est acrostiche ou alphabétique, mais de telle sorte que chacune des vingt-deux lettres dont se compose l’alphabet hébreu comprend huit versets. Selon saint Ambroise, le Psalmiste a suivi l’ordre alphabétique, comme pour nous faire comprendre que ce psaume est l’alphabet des chrétiens, et que nous y trouvons les éléments et les principes de tous nos devoirs. La loi de Dieu se trouve exprimée dans tous les versets (excepté le 122e), mais sous plusieurs noms différents, noms qui en montrent les qualités et l’excellence. Et bien que ces noms ne signifient pas tous étymologiquement la même chose, on ne laisse pas de les prendre pour synonyme dans ce psaume. Or, pour éviter dans les Notes explicatives une foule de redites, nous donnerons ici l’explication de ces divers noms. Ainsi la loi, lex, terme générique qui comprend tout ce que Dieu a ordonné par lui-même, par ses législateurs et ses prophètes, et qu’on explique principalement de la loi écrite, donnée ou la conduite qu’il doit tenir, en suivant les lois de Dieu ; ― 2° Témoignage (testimonium), soit parce que sa loi est quelquefois accompagnée de certains rites, qui servent de monument ou de témoignage à quelque événement mémorable, comme la Pâque, qui est un témoignage de la sortie d’Egypte, soit parce que, suivant saint Hilaire et Théodoret, Dieu, en donnant ses lois à son peuple, attesta le ciel et la terre ; ― 3° Commandement (mandatum), ou bien encore, précepte, ordonnance, statut, décret ; parce que la loi contient des ordres, où Dieu se donne comme maître et comme monarque absolu, et des prescriptions qui regardent particulièrement le culte et l’amour de Dieu et du prochain ; ― 4° Parole (verbum, eloquium), parce que les promesses, les menaces, les instructions et les ordres de Dieu, dont il est parlé si souvent dans la loi, s’expriment par des paroles ; ― 5° Jugement (judicium), parce que dans les lois divines se trouvent des jugements rendus, des sentences prononcées, et les effets de ces jugements et de ces sentences, lesquels sont, d’un côté, l’acquittement des justes, et de l’autre, la punition des méchants ; ― 6° Justice (justitia), parce que dans toutes les lois du Seigneur règne l’équité la plus parfaite, équité qui paraît surtout dans la conduite qu’il tient envers les hommes, en rendant à chacun selon ses œuvres ; ― 7° Justification (justificatio), parce que c’est l’observation de la loi qui nous justifie et nous fait croître en justice et en sainteté ; ― 8° Enfin la loi divine est nommée vérité (veritas), soit parce qu’elle ne contient rien de faux, soit parce que les promesses et les menaces qu’elle fait doivent être fidèlement accomplies.