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Psaumes 55

Pour la fin. Pour le peuple qui a été éloigné des saints. David mit cette inscription pour titre, lorsque des étrangers l’eurent arrêté à Geth.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par David. Voir le Psaume 15 (Hébreu : 16). ― Ce fait avec tout ce qui s’y rattache est raconté dans 1 Rois, chapitre 21 et suivants. ― Le titre en hébreu signifie : « Au chef de chœur, [sur l’air de] la colombe muette (ou des térébinthes) du lointain (?) (premières paroles d’un chant connu). De David. Mikthâm. Quand les Philistins (les Allophyles le tenaient dans Geth. »

AYEZ pitié de moi, ô Dieu ! parce que l’homme m’a foulé aux pieds : il n’a point cessé de m’attaquer tout le jour et de m’accabler d’affliction.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un homme ; selon les uns, Saül ; selon les autres, Achis, roi de Geth, chez qui David s’était réfugié, pour se soustraire aux persécutions de Saül ; mais par qui il fut chassé comme épileptique, parce qu’il avait contrefait l’insensé, dès qu’il eut su qu’on l’avait dénoncé à ce prince comme étant le plus grand ennemi des Philistins. Voir 1 Rois, chapitre 21.

Mes ennemis m’ont foulé aux pieds tout le jour : car il y en a beaucoup qui me font la guerre.

La hauteur du jour me donnera de la crainte : mais j’espérerai en vous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dès la hauteur du jour ; c’est-à-dire en plein jour, lorsque mes ennemis pourront me découvrir et m’attaquer plus facilement. C’est l’explication la plus simple et la plus naturelle.

Je louerai en Dieu les paroles qu’il m’a fait entendre ; j’ai mis en Dieu mon espérance ; je ne craindrai point tout ce que les hommes pourront faire contre moi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mes discours, comme portent les Septante et la Vulgate, signifient les discours qui m’ont été adressés, que Dieu m’a fait entendre. Le texte hébreu lit sa parole. Saint Jérôme et saint Augustin expliquent cette expression par : Les promesses touchant ma délivrance. ― La chair ; littéralement une chair ; c’est-à-dire selon le style de l’Ecriture, un mortel, un homme. Comparer aux versets 2 et 11. ― Ce verset forme un refrain.

Ils témoignaient tout le jour avoir mes paroles en exécration : toutes leurs pensées ne tendaient qu’à me faire du mal.

Ils s’assembleront, et se cacheront : et cependant ils observeront mes démarches. Comme ils se sont attendus de m’ôter la vie,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Près de moi. C’est le vrai sens des Septante et de la Vulgate : ils se posteront, ils se tiendront ; ce qui suit autorise parfaitement cette interprétation. ― Mes pas ; littéralement mon talon. Voir Psaumes, 48, 6.

vous ne les sauverez en aucune sorte : vous briserez plutôt ces peuples dans votre colère. Ô Dieu !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vous briserez des peuples. Le mot peuples n’étant affecté de l’article déterminatif, ni dans l’hébreu, dans le grec, ne saurait être légitimement rapporté aux ennemis particuliers de David. La phrase exprime une sentence générale.

je vous ai exposé toute ma vie ; vous avez vu mes larmes et vous en avez été touché, ainsi que vous vous y êtes engagé par votre promesse.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le sens de ce verset paraît être : Je vous ai exposé tous mes maux ; vous avez vu mes larmes, et vous en avez été touché, comme vous me l’aviez promis.

Mes ennemis seront enfin renversés et obligés de retourner en arrière : en quelque jour que je vous invoque, je connais que vous êtes mon Dieu.

Je louerai en Dieu la parole qu’il m’a donnée, je louerai dans le Seigneur ce qu’il lui a plu de me faire entendre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En Dieu, etc. ; c’est-à-dire une parole que Dieu me fera entendre, un discours qu’il m’adressera selon l’objet de mes louanges. Ceci est une espèce de refrain. Comparer au verset 5.

J’ai mis en Dieu mon espérance ; je ne craindrai point tout ce que l’homme peut me faire.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je vous dois ; littéralement, selon l’hébreu sur moi sont ; c’est-à-dire sont à ma charge ; c’est aussi le vrai sens de la traduction en moi sont du grec et de la Vulgate.

Je conserve, ô Dieu ! le souvenir des vœux que je vous ai faits, et des louanges dont je m’acquitterai envers vous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La lumière des vivants ; c’est-à-dire cette vie. Plusieurs Pères l’entendent de Jésus-Christ, la lumière du monde ; d’autres, du bonheur du ciel, opposé aux ténèbres de cette vie.

Car vous avez délivré mon âme de la mort, et mes pieds de la chute où ils étaient exposés ; afin que je puisse me rendre agréable devant Dieu dans la lumière des vivants.