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Psaumes 38
Pour la fin, à Idithun, Cantique de David.
J’AI dit en moi-même : J’observerai avec soin mes voies ; afin que je ne pèche point par ma langue. J’ai mis une garde a ma bouche, dans le temps que le pécheur s’élevait contre moi.
Je me suis tu et me suis humilié ; et j’ai gardé le silence pour ne pas dire même de bonnes choses : et ma douleur a été renouvelée.
Mon cœur s’est échauffé au dedans de moi ; et tandis que je méditais, un feu s’y est embrasé : je me suis servi de ma langue pour dire à Dieu :
Commentaire (versets 2 à 4) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 2 à 4 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
David, attristé par l’adversité et aspirant en vain au repos, se laisse accabler par la tristesse.
Faites-moi connaître, Seigneur ! quelle est ma fin, et quel est le nombre de mes jours, afin que je sache ce qui m’en reste encore.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
J’ai dit par ma langue, etc. Mon cœur, échauffé par le feu qui s’y était embrasé (voir verset 4), m’a fait rompre mon silence ; c’est pourquoi j’ai dit de vive voix, etc. ― Ce qui me manque, pour que j’arrive au dernier de ces jours ; ce qui me reste encore de jours à vivre.
Je comprends que vous avez mis à mes jours une mesure fort bornée ; et que le temps que j’ai à vivre est devant vous comme un néant : oui, tout homme qui vit sur la terre, et tout ce qui est dans l’homme, n’est que vanité.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mesurables ; c’est-à-dire faciles à mesurer, restreints, peu nombreux. ― Tout homme vivant, etc. ; tout homme qui vit sur la terre, de quelque condition, de quelque âge, de quelque état qu’il soit, n’a jamais d’existence solide, sur laquelle il puisse entièrement compter.
Oui, l’homme passe comme une ombre et comme une image ; et néanmoins il ne laisse pas de s’inquiéter et de se troubler, quoiqu’en vain : il amasse des trésors ; et il ne sait pas pour qui il les aura amassés.
Et maintenant quelle est mon attente ? n’est-ce pas le Seigneur ? Tout mon trésor est en vous, mon Dieu !
Délivrez-moi de toutes mes iniquités : vous m’avez rendu un objet de raillerie et de mépris à l’insensé.
Je suis devenu comme muet, et je n’ai pas seulement ouvert la bouche ; parce que c’est vous qui avez agi.
Mais détournez vos plaies de moi : car je suis tombé en défaillance sous la force de votre main,
lorsque vous m’avez repris. Vous avez puni l’homme à cause de son iniquité ; et vous avez fait sécher son âme comme l’araignée : en vérité c’est bien en vain que tous les hommes se troublent et s’inquiètent.
Exaucez, Seigneur ! ma prière et mon humble supplication : rendez-vous attentif à mes larmes. Ne gardez pas le silence : car je suis devant vous comme un étranger et un voyageur, de même que tous mes pères l’ont été.
Accordez-moi quelque relâche, afin que je reçoive quelque rafraîchissement, avant que je parte et que je ne sois plus.
Commentaire (versets 9 à 14) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 9 à 14 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
La confiance reprend le dessus ; David prie, il demande le pardon de ses péchés et la cessation de la colère divine, à cause du néant de l’homme et de la brièveté de la vie. Et que je ne sois plus ; littéralement et je ne serai plus ; ce qui est un pur hébraïsme.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Idithun ; maître de chœur, selon le titre hébreu, est probablement le même qu’Idithun de 1 Paralipomènes, 16, 41 et 2 Paralipomènes, 5, 12, et qui est nommé Ethan dans 1 Paralipomènes, 6, 44. ― Composé probablement après la révolte d’Absalom. Tout ce psaume est empreint d’un sentiment profond du néant de la vie.