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Psaumes 77

Intelligence à Asaph. ÉCOUTEZ ma loi, ô mon peuple ! et rendez vos oreilles attentives aux paroles de ma bouche.

J’ouvrirai ma bouche pour vous parler en paraboles ; je vous parlerai en énigmes de ce qui s’est fait dès le commencement ;

de ce que nous avons entendu et connu, et que nos pères nous ont raconté.

Ils ne l’ont point caché à leurs enfants, ni à leur postérité : ils ont publié les louanges du Seigneur, les effets de sa puissance, et les merveilles qu’il a faites.

Il a fait une ordonnance dans Jacob, et établi une loi dans Israël ; qu’il a commandé à nos pères de faire connaître à leurs enfants,

afin que les autres races en aient aussi la connaissance ; les enfants qui naîtront et s’élèveront après eux, et qui la raconteront à leurs enfants ;

afin qu’ils mettent en Dieu leur espérance, qu’ils n’oublient jamais les œuvres de Dieu, et qu’ils recherchent de plus en plus ses commandements :

de peur qu’ils ne deviennent comme leurs pères, une race corrompue, qui irrite Dieu continuellement, une race qui n’a point eu soin de conserver son cœur droit ; et dont l’esprit n’est point demeuré fidèle a Dieu.

Les enfants d’Éphraïm, quoique habiles à tendre l’arc et à en tirer, ont tourné le dos au jour du combat.

Ils n’ont point gardé l’alliance faite avec Dieu, et n’ont point voulu marcher dans sa loi.

Ils ont oublié ses bienfaits, et les œuvres merveilleuses qu’il a faites devant eux.

Il a fait devant les vœux de leurs pères des œuvres vraiment merveilleuses dans la terre de l’Égypte, dans la plaine de Tanis.

Commentaire (versets 1 à 12) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 1 à 12 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Résumé de l’histoire du peuple de Dieu, pour servir d’enseignement à Israël et l’exciter à la fidélité au Seigneur. Des merveilles, les plaies d’Egypte. ― Dans la plaine de Tanis. Tanis, située dans le Delta, était au moment de l’exode la résidence du pharaon. Voir Nombres, note 13.23.

Il divisa la mer, et les fit passer ; et il resserra ses eaux comme dans un vase.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 14, 22. ― La mer Rouge. Voir pour les allusions de ce verset et des versets suivants les passages de l’Exode et des Nombres auxquels renvoient les références.

Il les conduisit durant le jour avec la nuée ; et durant toute la nuit avec un feu qui les éclairait.

Il fendit la pierre dans le désert ; et il leur donna à boire, comme s’il y avait eu là de profonds abîmes d’eaux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 17, 6 ; Psaumes, 104, 41. ― Comme un abîme abondant ; c’est-à-dire comme s’il y avait eu en ce lieu de grands amas d’eaux potables ; expression hyperbolique pour marquer la quantité des eaux qui sortirent du rocher. Comparer à 1 Corinthiens, 10, 4.

Car il fit sortir l’eau de la pierre ; et la fit couler comme des fleuves.

Et ils ne laissèrent pas de pécher encore contre lui ; ils excitèrent la colère du Très-Haut dans un lieu qui était sans eau.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mais ils péchèrent de nouveau ; littéralement et par hébraïsme : Ils ajoutèrent à pécher. Voir fin des Observations préliminaires, 2°.

Et ils tentèrent Dieu dans leurs cœurs, en lui demandant des viandes pour satisfaire le désir de leurs âmes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils tentèrent Dieu dans leurs cœurs ; en ce qu’au lieu de s’adresser à lui, ils se livrèrent aux murmures. ― Pour leurs âmes ; pour leurs personnes, pour eux.

Et ils parlèrent mal de Dieu, en disant : Dieu pourra-t-il bien préparer une table dans le désert pour nous nourrir ?

À cause qu’il a frappé la pierre, et que les eaux en ont coulé, et que des torrents ont inondé la terre ; pourra-t-il de même nous donner du pain, ou préparer une table pour nourrir son peuple ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pain ; c’est-à-dire nourriture en général.

C’est pourquoi le Seigneur ayant entendu ces discours, différa de s’acquitter de ses promesses ; le feu de son indignation s’alluma contre Jacob, et sa colère s’éleva contre Israël ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 11, 1. ― Et différa l’accomplissement de sa promesse, de les faire entrer dans la terre promise.

parce qu’ils ne crurent point à Dieu, et qu’ils n’espérèrent point en son assistance salutaire.

Et il commanda aux nuées qui étaient au-dessus d’eux ; et il ouvrit les portes du ciel ;

et il fit tomber la manne comme une pluie pour leur servir de nourriture, et il leur donna le pain du ciel.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 16, 4 ; Nombres, 11, 7.

L’homme mangea le pain des anges : il leur envoya en abondance de quoi se nourrir.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jean, 6, 31 ; 1 Corinthiens, 10, 3.

Il changea dans l’air le vent du midi ; et substitua par sa puissance le vent du couchant ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 11, 31.

et il fit pleuvoir sur eux des viandes comme la poussière de la terre, et des oiseaux comme le sable de la mer.

Ils tombèrent dans le milieu de leur camp, autour de leurs tentes.

Et ils en mangèrent, et en furent pleinement rassasiés : Dieu leur accorda ce qu’ils désiraient ;

et ils ne furent point frustrés de ce qu’ils avaient tant souhaité. Ces viandes étaient encore dans leur bouche,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 11, 33.

lorsque la colère de Dieu s’éleva contre eux : il tua les plus gras d’entre eux ; et il fit tomber ceux qui étaient comme l’élite d’Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Rejeta littéralement empêcha d’entrer dans la terre promise, selon l’hébreu, il abattit, il fit tomber.

Après tout cela ils ne laissèrent pas de pécher encore ; et ils n’ajoutèrent point de foi à ses merveilles.

Et leurs jours passèrent comme une ombre, et leurs années s’écoulèrent très-promptement.

Lorsqu’il les faisait mourir, ils le cherchaient, et ils retournaient à lui, et se hâtaient de venir le trouver.

Ils se souvenaient que Dieu était leur défenseur ; et que le Dieu très-haut était leur Sauveur.

Mais ils l’aimaient seulement de bouche, et ils lui mentaient en le louant de la langue.

Car leur cœur n’était point droit devant lui ; et ils ne furent point fidèles dans l’observation de son alliance.

Mais pour lui, il usait de miséricorde à leur égard ; il leur pardonnait leurs péchés, et ne les perdait pas entièrement. Et il arrêtait souvent les effets de sa fureur, et n’allumait point contre eux toute sa colère.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Souvent il détourna ; littéralement et par hébraïsme : Il abonda pour détourner. Comparer à Psaumes, note 77.17.

Il se souvenait de la faiblesse de leur chair et de la fragilité de leur vie, semblable à une vapeur qui passe et ne revient plus.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un souffle, le vent. La vie est comme un souffle, une ombre.

Combien de fois l’ont-ils irrité dans le désert, et ont-ils excité sa colère dans les lieux secs et sans eau !

Ils recommençaient sans cesse à tenter Dieu, et à irriter le Saint d’Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et de nouveau ils tentèrent ; littéralement : Et ils retournèrent, et ils tentèrent ; même hébraïsme qu’au verset précédent.

Ils ne se souvenaient point de la puissance qu’il fit paraître au jour qu’il les délivra des mains de celui qui les affligeait ;

de quelle sorte il fit éclater dans l’Égypte les signes de sa puissance, et ses prodiges dans la plaine de Tanis ;

lorsqu’il changea en sang leurs fleuves et leurs eaux, afin qu’ils n’en pussent boire ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 7, 20. ― Leurs fleuves ; c’est-à-dire les fleuves des Egyptiens.

qu’il leur envoya une infinité de mouches différentes qui les dévoraient, et des grenouilles qui perdaient tout ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 8, vv. 6, 24. ― Une multitude de mouches. Voir Psaumes, note 104.31.

qu’il fit consumer leurs fruits par des insectes, et leurs travaux par les sauterelles ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 10, 15.

qu’il fit mourir leurs vignes par la grêle, et leurs mûriers par la gelée ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 9, 25. ― Leurs mûriers, leurs sycomores à figues, l’un des arbres les plus précieux du pays. Voir Luc, 19, 4.

qu’il extermina leurs bêtes par cette, grêle, et tout ce qu’ils possédaient par le feu du ciel :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au feu du ciel ; l’hébreu dit à la foudre.

qu’il leur fit sentir les effets de sa colère et de son indignation ; qu’il les accabla parle poids de sa fureur, et les affligea par les différents fléaux qu’il leur envoya par le ministère des mauvais anges ;

qu’il ouvrit un chemin spacieux à sa colère pour n’épargner plus leur vie, et pour envelopper dans une mort commune leurs bestiaux ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il fit, etc. ; c’est-à-dire il ouvrit un chemin large et spacieux ; il donna un libre essor à sa colère. ― A leurs âmes ; à leurs personnes, à eux-mêmes. Comparer au verset 18. ― Il les renferma dans la mort ; il les livra à la mort. ― La montagne de sa sanctification ; c’est-à-dire de sa consécration, qu’il s’était consacrée par la destination qu’il en avait faite, dès le commencement, et qui était d’établir le siège de sa religion. Il est certain que le mot hébreu signifie non seulement sainteté, mais encore chose sainte, consacrée, sanctuaire, temple. ― Avec un cordeau. Voir Psaumes, 15, 6.

qu’il frappa tous les premiers-nés dans la terre d’Égypte, et les prémices de tous leurs travaux dans les tentes de Cham ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 12, 29.

et qu’il enleva son peuple comme des brebis, et les conduisit comme un troupeau dans le désert.

Il les mena pleins d’espérance, et leur ôta toute crainte, leurs ennemis ayant été couverts par la mer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 14, 27.

Il les amena sur la montagne qu’il s’était consacrée, sur la montagne que sa droite a acquise.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Josué, 13, 7.

Il chassa les nations de devant leur face, et il leur distribua au sort la terre promise, après l’avoir partagée avec le cordeau ; et il établit les tribus d’Israël dans les demeures de ces nations.

Mais ils tentèrent et irritèrent de nouveau le Dieu très-haut ; et ils ne gardèrent point ses préceptes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ses témoignages ; c’est-à-dire ses préceptes, ses ordonnances. Voir le verset 5.

Ils se détournèrent de lui, et n’observèrent point son alliance ; et à l’exemple de leurs pères ils devinrent comme un arc renversé dont on tire de travers.

lis irritèrent sa colère sur leurs collines ; et ils le piquèrent d’une jalousie d’indignation par les idoles qu’ils se fabriquaient.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Leurs images, etc. ; leurs idoles.

Dieu entendit leurs blasphèmes ; et il n’eut plus que du mépris pour Israël, qu’il réduisit à la dernière humiliation.

Et il rejeta le tabernacle qui était à Silo, son propre tabernacle où il avait demeuré parmi les hommes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Rois, 4, 4 ; Jérémie, 7, 12. ― Silo. Voir Josué, note 18.1.

Il livra l’arche, qui était toute leur force et toute leur gloire, entre les mains de l’ennemi, la rendant captive.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Beauté ; c’est-à-dire gloire. La force et la gloire des Israélites était l’arche d’alliance. Voir 1 Rois, 4, 21-22 ; 2 Paralipomènes, 6, 41 ; Psaumes, 131, 8.

Et il exposa de tous côtés son peuple à l’épée de ses ennemis, et il regarda son héritage avec mépris.

Le feu dévora leurs jeunes hommes, et leurs filles ne furent point pleurées.

Leurs prêtres furent mis à mort par l’épée, et nul ne versait des larmes sur leurs veuves.

Et le Seigneur se réveilla comme s’il avait dormi jusqu’alors, et comme un homme que le vin qui l’a enivré rend plus fort.

Il frappa ses ennemis par derrière, et les couvrit d’une confusion éternelle.

Et il rejeta le tabernacle de Joseph, et ne choisit point la tribu d’Éphraïm ;

mais il choisit la tribu de Juda, la montagne de Sion qu’il a aimée.

Et il bâtit dans la terre qu’il a affermie pour tous les siècles, son sanctuaire, qu’il a rendu comme la licorne.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le sanctuaire dans la terre de Juda était unique comme la corne d’une licorne est unique sur le front de cet animal. D’un autre côté, la corne, en général, est le symbole de la gloire, de la force, de l’empire et de l’élévation : toutes choses qui conviennent parfaitement au temple de Jérusalem. ― De licornes. Voir Psaumes, 21, 22.

Il a choisi David, son serviteur, et l’a tiré de la garde des troupeaux de brebis.

Il l’a pris lorsqu’il suivait celles qui étaient pleines ; afin qu’il servît de pasteur à son serviteur Jacob, et à Israël, son héritage.

Aussi il a pris soin d’eux comme leur pasteur avec un cœur plein d’innocence, et les a conduits avec une intelligence pleine de lumière, qui a paru dans toutes les œuvres de ses mains.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Avec ses mains habiles ; littéralement avec les intelligences de ses mains. Le Psalmiste, dans les trois derniers versets, relève la droiture, la prudence et la sagesse de David, mort depuis quelques temps, pour convaincre de plus en plus Ephraïm de son ingratitude, d’avoir abandonné la maison de ce prince si juste, si sage, si religieux, et si manifestement choisi de Dieu.