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Psaumes 131

Cantique des degrés. SOUVENEZ-VOUS, Seigneur ! de David, et de toute sa douceur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ce psaume demande la protection divine pour la famille de David et annonce le règne du Messie. Il fut probablement composé par Salomon pour la Dédicace du temple, voir 2 Paralipomènes, 6, 41. ― Les versets 1 à 10, rappellent à Dieu ce que David a fait pour lui : Projet de lui élever un temple (versets 1 à 5) ; transport de l’arche à Jérusalem (versets 6 à 10), ― et lui demandent d’en récompenser sa postérité. Les versets 11 à 18, reproduisent les promesses que Dieu avait faites à David.

Souvenez-vous qu’il a juré au Seigneur, et a fait ce vœu au Dieu de Jacob :

Si j’entre dans le secret de ma maison ; si je monte sur le lit qui est préparé pour me coucher ;

si je permets à mes yeux de dormir, et à mes paupières de sommeiller,

et si je donne aucun repos à mes tempes, jusqu’à ce que je trouve un lieu propre pour le Seigneur, et un tabernacle pour le Dieu de Jacob.

Commentaire (versets 3 à 5) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 3 à 5 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Ces trois premiers versets expriment l’objet du vœu ou serment du Psalmiste, mais l’imprécation qui suit le jurement est sous-entendue. Voir Psaumes, 94, 11. Comparer à 2 Rois, 7, 2 ; 2 Paralipomènes, 6, 4.

Nous avons entendu dire, que l’arche était autrefois dans Éphrata ; nous l’avons trouvée dans un pays plein de bois.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Nous avons appris, etc. Ces paroles et celles des deux versets suivants sont attribuées par les uns à David et par les autres au peuple juif captif. ― Qu’il : c’est-à-dire le tabernacle (tabernaculum) du verset précédent ; la Vulgate et les Septante disent elle (eam). Voir, sur cette anomalie, Psaumes, 118, 50. ― Ephrata désigne probablement ici la tribu d’Ephraïm, dans laquelle était située Silo, ville qui possédait l’arche et le tabernacle. Or, il est certain que l’arche demeura dans cette tribu depuis Josué jusqu’à Samuel, et que de là elle fut transportée à Cariathiarim, où elle demeura jusqu’au commencement du règne de David sur tout Israël. Comparer à Psaumes, 77, vv. 60, 67. ― Les champs de la forêt ; le mot hébreu Cariathiarim signifie, en effet, ville des bois. ― Le texte original porte :

Nous entrerons dans son tabernacle : nous l’adorerons dans le lieu où il a posé ses pieds.

Levez-vous, Seigneur ! pour entrer dans votre repos, vous et l’arche où éclate votre sainteté.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’arche de votre sanctification. Voir Psaumes, 77, 54 ; 95, 6. ― Levez-vous, Seigneur. Comparer à 2 Paralipomènes, 6, 41.

Que vos prêtres soient revêtus de justice, et que vos saints tressaillent de joie.

En considération de David, votre serviteur, ne rejetez pas le visage de votre Christ.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De votre christ ; c’est-à-dire de votre oint. Salomon fut oint ou sacré roi par le prêtre Sadoc (voir 3 Rois, 1, 39).

Le Seigneur a fait à David un serment très-véritable ; et il ne le trompera point : J’établirai, lui a-t-il dit, sur votre trône le fruit de votre ventre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dieu a juré, etc. Ces promesses se rapportent selon la lettre, à Salomon ; mais dans un sens plus élevé, elles conviennent parfaitement à Jésus-Christ, descendu de David selon la chair, et roi éternel, non seulement des tribus d’Israël, mais de toutes les nations de la terre. Comparer à 2 Rois, 7, 12 ; Luc, 1, 55 ; Actes des Apôtres, 2, 30.

Si vos enfants gardent mon alliance, et ces préceptes que je leur enseignerai ; et que leurs enfants les gardent aussi pour toujours ; ils seront assis sur votre trône.

Car le Seigneur a choisi Sion ; il l’a choisie pour sa demeure.

C’est là pour toujours le lieu de mon repos : c’est là que j’habiterai, parce que je l’ai choisie.

Je donnerai à sa veuve une bénédiction abondante ; je rassasierai de pain ses pauvres.

Je revêtirai ses prêtres d’une vertu salutaire ; et ses saints seront ravis de joie.

C’est là que je ferai paraître la puissance de David : c’est là que j’ai préparé une lampe à mon Christ.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Malachie, 3, 1 ; Luc, 1, 69. ― La corne (cornu) ; c’est-à-dire la force, la puissance. ― Une lampe ; un fils, un successeur glorieux, illustre. Les auteurs sacrés emploient souvent cette figure ; on la trouve même quelquefois dans les écrivains profanes.

Je couvrirai de confusion ses ennemis ; mais je ferai éclater sur lui la gloire de ma propre sanctification.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mais sur lui, etc. ; je me le consacrerai d’une manière éclatante, splendide.