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Psaumes 113

Alleluia. LORSQUE Israël sortit de l’Égypte, et la maison de Jacob du milieu d’un peuple barbare,

Dieu consacra à son service la maison de Juda, et établit son empire dans Israël.

La mer le vit, et s’enfuit ; le Jourdain retourna en arrière ;

les monts sautèrent comme des béliers, et les collines comme les agneaux des brebis.

Pourquoi, ô mer ! vous êtes-vous enfuie ? et vous, ô Jourdain ! pourquoi êtes-vous retourné en arrière ?

Pourquoi, montagnes, avez-vous sauté comme des béliers ; et vous, collines, comme les agneaux des brebis !

La terre a été ébranlée à la présence du Seigneur, à la présence du Dieu de Jacob ;

qui changea la pierre en des torrents d’eaux, et la roche en des fontaines.

CE n’est point à nous, Seigneur ! ce n’est point à nous qu’appartient la gloire ; mais donnez-la à votre nom, en faisant éclater votre miséricorde et votre vérité ;

de peur que les nations ne disent : Où est leur Dieu ?

Notre Dieu est dans le ciel ; et tout ce qu’il a voulu, il l’a fait.

Les idoles des nations ne sont que de l’argent et de l’or, et les ouvrages des mains des hommes.

Elles ont une bouche, et elles ne parleront point ; elles ont des yeux, et elles ne verront point ;

elles ont des oreilles, et n’entendront point ; elles ont des narines, et seront sans odorat ;

elles ont des mains, sans pouvoir toucher ; elles ont des pieds, sans pouvoir marcher ; et avec la gorge qu’elles ont, elles ne pourront crier.

Que ceux qui les font, leur deviennent semblables, avec tous ceux qui mettent en elles leur confiance.

La maison d’Israël a espéré au Seigneur : il est leur soutien et leur protecteur.

La maison d’Aaron a espéré au Seigneur : il est leur soutien et leur protecteur.

Commentaire (versets 1 à 18) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 1 à 18 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Psaume historique. Il résume en quelques traits, avec des images fortes et hardies, les miracles opérés par le Seigneur pour délivrer son peuple de l’armée du Pharaon, qui le poursuivait à la sortie d’Egypte. Les Egyptiens y sont appelés un peuple barbare, dans le sens primitif du mot, ancien indien barbaras, analogue à balbus, celui qui bégaie, c’est-à-dire, ici, celui qui parle une langue étrangère, qu’on ne comprend pas. ― La Harpe dit, au sujet de ce psaume : « Si ce n’est pas là de la poésie lyrique et du premier ordre, il n’y en eut jamais ; et si je voulais donner un modèle de la manière dont l’ode doit procéder dans les grands sujets, je n’en choisirais pas un autre : il n’y en a pas de plus accompli. Le début est un exposé simple, rapide et imposant. Le poète raconte des merveilles inouïes comme il raconterait des faits ordinaires : pas un accent de surprise ni d’admiration, comme n’y aurait pas manqué tout autre poète. Le Psalmiste ne veut pas parler lui-même de l’idée qu’il faut y avoir des merveilles qu’il trace. Il veut que ce soit toute la nature qui rende témoignage au Maître auquel elle obéit. Il l’interroge donc tout de suite, et de quel ton ! Mer, pourquoi as-tu fui ? Jourdain, etc. Je cherche quelque chose de comparable à cette brusque et frappante apostrophe, et je ne trouve rien qui s’en approche. Il interpelle la mer, le fleuve, les montagnes, les collines, et avec quelle sublime brièveté ! Et dans l’instant vous entendez la mer, le fleuve, les montagnes, les collines qui répondent ensemble : Eh ! ne voyez-vous pas que la terre s’est émue à la face du Seigneur ? Et comment ne serait-elle pas émue à la face de Celui qui change la pierre en fontaine et la roche en source d’eau vive ? Car ce sont là les liaisons supprimées dans cette poésie rapide. Le poète aurait pu aussi mettre en récit ce miracle, comme il a fait des autres ; mais il préfère de le mettre dans la bouche des êtres inanimés ; est-ce là un art vulgaire ? »

Ceux qui craignent le Seigneur, ont mis au Seigneur leur espérance : il est leur soutien et leur protecteur.

Le Seigneur s’est souvenu de nous, et nous a bénis. Il a béni la maison d’Israël ; il a béni la maison d’Aaron.

Il a béni tous ceux qui craignent le Seigneur, les plus petits comme les plus grands.

Que le Seigneur vous comble de nouveaux biens, vous et vos enfants.

Soyez bénis du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Le ciel le plus élevé est pour le Seigneur ; mais il a donné la terre aux enfants des hommes.

Les morts, Seigneur ! ne vous loueront point ; ni tous ceux qui descendent dans l’enfer.

Mais nous qui vivons, nous bénissons le Seigneur dès maintenant, et dans tous les siècles.