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Psaumes 2
POURQUOI les nations se sont-elles soulevées avec un grand bruit ? et pourquoi les peuples ont-ils formé de vains desseins ?
Les rois de la terre se sont élevés, et les princes ont conspiré ensemble contre le Seigneur, et contre son Christ.
Rompons, disent-ils, leurs liens, et rejetons loin de nous leur joug.
Celui qui demeure dans les cieux se rira d’eux ; et le Seigneur s’en moquera.
Il leur parlera alors dans sa colère, et les remplira de trouble dans sa fureur.
Mais pour moi, j’ai été établi roi par lui sur Sion, sa sainte montagne,
afin que j’annonce ses préceptes. Le Seigneur m’a dit : Vous êtes mon Fils ; je vous ai engendré aujourd’hui.
Demandez-moi, et je vous donnerai les nations pour votre héritage ; j’étendrai votre possession jusqu’aux extrémités de la terre.
Vous les gouvernerez avec une verge de fer, et les briserez comme un vase sorti des mains du potier.
Et vous maintenant, ô rois ! ouvrez votre cœur à l’intelligence : recevez les instructions de la vérité, vous qui jugez la terre.
Servez le Seigneur dans la crainte, et réjouissez-vous en lui avec tremblement.
Embrassez étroitement la pureté de la discipline ; de peur qu’enfin le Seigneur ne se mette en colère, et que vous ne périssiez hors de la voie de la justice.
Lorsque dans peu de temps sa colère se sera embrasée, heureux tous ceux qui mettent en lui leur confiance.
Commentaire (versets 1 à 13) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 1 à 13 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Ce Psaume n’a, comme le premier, aucun titre dans l’hébreu, dans la Vulgate et dans la plupart des exemplaires des Septante ; quelques-uns seulement, soit grecs, soit latins, portent en tête : Psaume de David, inscription dont la vérité se trouve confirmée par le témoignage formel des Apôtres mêmes. D’un autre côté, les Apôtres dans le Nouveau Testament, les anciens Pères grecs et latins, les anciens rabbins, les interprètes chrétiens, tous s’accordent à dire que ce psaume se rapporte au Messie. ― Ce Psaume est très souvent cité dans le Nouveau Testament. Les Actes des Apôtres, 4, 25, indiquent l’accomplissement des versets 1 et 2 dans la coalition des Juifs et des Gentils contre Jésus-Christ. Hébreux, 1, 5 et 5, 5, cite le 7e verset de ce psaume comme preuve de la génération éternelle du Verbe. Voir Actes des Apôtres, 13, 33 et Romains, 1, 4. Le nom de Messie ou Christ et celui de Fils de Dieu, voir Jean, 1, 49 et Matthieu, 26, 63, qui étaient les noms par lesquels on désignait ordinairement chez les Juifs, du temps de Notre-Seigneur, le grand roi qu’ils attendaient, viennent de ce psaume et de Daniel, 9, 25. L’Apocalypse, 19, 15 ; 12, 5 ; 2, 5, nous montre Jésus-Christ gouvernant les nations avec une verge de fer. Conclusion du Psalmiste : il faut obéir au roi-Messie. « Il est facile de sentir le mérite de la marche lyrique de ce Psaume. Entrant hardiment en matière par une question, il déroule en peu de mots le tableau du bruit des réunions dans lesquelles les rois forment leurs vains projets. Un regard tombé du haut du ciel, un sourire du roi de ce ciel, anéantissent leurs combinaisons ; car, dans les vues du poète, ce terrible sourire devient le tonnerre tout puissant, il comprend ce langage, il s’en fait l’interprète. Ce langage est concis et majestueux comme doit l’être celui du roi du ciel ; mais le roi sur la terre donne des ordres plus détaillés, il donne même de avis, des conseils ; cependant le répit qu’il donne à ses ennemis pour les suivre est court, et l’ode se termine par une sentence sur les fidèles. Chaque trait de ce tableau est juste et sa gradation est admirable. » (HERDER.)