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Psaumes 136

Psaume de David, à Jérémie, ou pour Jérémie. NOUS nous sommes assis sur le bord des fleuves de Babylone ; et là nous avons pleuré en nous souvenant de Sion.

Nous avons suspendu nos instruments de musique aux saules qui sont au milieu de Babylone.

Car là ceux qui nous avaient emmenés captifs nous demandaient que nous chantassions des cantiques ; et ceux qui nous avaient enlevés, nous disaient : Chantez-nous quelqu’un des cantiques de Sion.

Comment chanterons-nous un cantique du Seigneur dans une terre étrangère ?

Si je t’oublie, ô Jérusalem ! que ma main droite soit mise en oubli.

Que ma langue soit attachée à mon gosier, si je ne me souviens point de toi ; si je ne me propose pas Jérusalem comme le principal sujet de ma joie.

Souvenez-vous, Seigneur ! des enfants d’Édom ; de ce qu’ils ont fait au jour de la ruine de Jérusalem, lorsqu’ils disaient : Détruisez-la ! détruisez-la jusqu’aux fondements.

Malheur à toi ! fille de Babylone : heureux celui qui te rendra tous les maux que tu nous as faits.

Heureux celui qui prendra tes petits enfants, et les brisera contre la pierre.

Commentaire (versets 1 à 9) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 1 à 9 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Ce psaume, l’un des plus beaux et des plus touchants, nous représente les Juifs captifs à Babylone, ne pouvant goûter aucune joie loin de leur patrie. Le patriotisme et la religion ne peuvent pas s’élever plus haut. « La poésie touchante de ce psaume, son sentiment si profond, si vrai, si mélancolique et si naturel, est passé dans l’âme des masses et l’a rendu populaire. Il répond à toutes les notes plaintives du cœur humain, à toutes les amertumes et à tous les regrets, à toutes les aspirations et à tous les mécomptes, à toutes les douleurs, à tous les gémissements… des espérances déçues pour les individus comme pour les nations. » (F. CLAUDE.) ― Voici la suite des pensées : Versets 1 et 2 : Les Juifs captifs à Babylone ont suspendu leurs lyres aux saules pleureurs des bords de l’Euphrate, et ils versent des larmes au souvenir de Sion. ― Verset 3 : Chantez-nous un cantique de Sion, leur disent leurs maîtres. ― Versets 4 à 6 : Comment chanter les louanges du Seigneur sur la terre étrangère ? Plutôt m’oublier moi-même qu’oublier Jérusalem ! ― Verset 7 : Prière à Dieu contre l’Idumée, qui, à l’époque de la ruine de Jérusalem, s’était rangée parmi les ennemis de la Judée. ― Versets 8 et 9 : Souhaits contre Babylone, qui a opprimé Juda. Bienheureux, etc. Cette prophétie se trouve aussi dans Isaïe, 13, 16.