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Psaumes 87
Cantique ou Psaume, aux enfants de Coré, pour la fin, pour Mahéleth, pour répondre, Intelligence d’Éman, Ezrahite.
SEIGNEUR ! qui êtes le Dieu et l’auteur de mon salut, j’ai crié vers vous durant le jour et durant la nuit.
Que ma prière pénètre jusqu’à vous : daignez prêter l’oreille à mon humble supplication.
Car mon âme est remplie de maux, et ma vie est toute proche de la mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ma vie, etc. ; c’est-à-dire j’ai couru grand risque de mourir.
J’ai été regardé comme étant du nombre de ceux qui descendent dans la fosse : je suis devenu comme un homme abandonné de tout secours,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Fosse signifie ici tombeau.
et qui est libre entre les morts ; comme ceux qui ayant été blessés à mort, dorment dans les sépulcres, dont vous ne vous souvenez plus, et qui ont été rejetés de votre main.
Ils m’ont mis dans une fosse profonde, dans des lieux ténébreux, et dans l’ombre de la mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ils m’ont mis, etc. Toutes ces expressions désignent le tombeau, et, dans un sens figuré, la servitude, l’esclavage.
Votre fureur s’est appesantie sur moi, et vous avez fait passer sur moi tous les flots de votre colère.
Vous avez éloigné de moi tous ceux qui me connaissent ; ils m’ont eu en abomination : j’ai été comme livré et assiégé sans pouvoir sortir.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
J’ai été livré ; l’hébreu porte enfermé. ― Je ne sortais pas, je ne pouvais pas sortir.
Mes yeux se sont presque desséchés d’affliction : j’ai crié vers vous, Seigneur ! durant tout le jour, et j’ai étendu mes mains vers vous.
Ferez-vous donc des miracles à l’égard des morts ? ou les médecins les ressusciteront-ils, afin qu’ils vous louent ?
Quelqu’un racontera-t-il dans le sépulcre votre miséricorde, et votre vérité dans le tombeau ?
Vos merveilles seront-elles connues dans les ténèbres de la mort, et votre justice dans la terre de l’oubli ?
Commentaire (versets 11 à 13) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 11 à 13 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Les morts, avant la venue de Jésus-Christ, ne glorifiaient point Dieu, parce que les mérites du Rédempteur n’avaient pas encore ouvert aux justes les portes du ciel.
Mais pour moi, je crie vers vous, Seigneur ! et je me hâte de vous offrir dès le matin ma prière.
Pourquoi, Seigneur ! rejetez-vous la prière que je vous présente ? et pourquoi détournez-vous votre face de dessus moi ?
Je suis pauvre et dans les travaux dès ma jeunesse ; et après avoir été élevé, j’ai été humilié, et rempli de trouble.
Les flots de votre colère ont passé sur moi ; et les terreurs dont vous m’avez frappé m’ont tout troublé.
Elles m’ont environné durant tout le jour comme une grande abondance d’eaux ; elles m’ont enveloppé toutes ensemble.
Vous avez éloigné de moi mes amis et mes proches, et vous avez fait que ceux qui me connaissaient m’ont quitté à cause de ma misère.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Intelligence à Eman l’Ezrahite, ou, selon d’autres, d’Eman ; c’est-à-dire psaume didactique, composé par Eman. On connaît Eman ou Héman, un des principaux maîtres de la musique du temple, et chef des chantres, de la famille de Coré, du temps de David. ― Le titre porte : « Au maître de musique. Pour une makhaleth. Pour répondre (c’est-à-dire, vraisemblablement pour être chanté alternativement par deux chœurs). Maskîl. D’Héman l’Ezrahite. » Héman l’Ezrahite était probablement de la race de Coré. ― Prière d’une tristesse touchante, adressée à Dieu pour obtenir du soulagement dans l’affliction, peut-être la guérison de la lèpre, verset 9. Elle rappelle les discours de Job. ― Le sens du psaume est clair.