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Psaumes 50

Pour la fin, Psaume que composa David

lorsque le prophète Nathan vint le trouver à cause qu’il avait péché avec Bethsabée.

Commentaire (versets 1 à 2) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 1 à 2 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Ce psaume est le plus beau de touts les actes de contrition. Jamais pécheur n’a senti plus vivement et exprimé plus fortement le besoin d’obtenir la rémission de ses péchés. Il renferme quatre strophes. Chacune d’elles commence par une invocation à Dieu, unique dispensateur de la grâce. La 1re strophe (versets 3 à 6) contient la confession du crime, la 2e (versets 7 à 10) demande que la souillure soit lavée, la 3e (versets 11 à 15) que l’âme soit renouvelée et créée, la 4e (versets 16 à 19) promet la reconnaissance et un sacrifice de louanges. Il y a peu de pages de la Bible qui renferment autant de vérités dogmatiques en si peu de lignes. Le péché souille l’âme, c’est une offense directe faite à Dieu. Seul, Dieu, l’unique dispensateur de la grâce, peut l’effacer. L’hysope, plante dont la tige servait d’aspersoir, n’est mentionnée qu’à ce titre poétique. Le pardon est obtenu seulement par la contrition. « La volupté avait séduit David, mais il en attaque le principe par le remède que Dieu a spécialement préparé pour ce désordre. Il devient le type de la mortification, il mange un pain qui est pour lui comme de la cendre… L’orgueil l’avait subjugué, mais il brise son joug par l’aveu de son crime. Et quel aveu ! Ce n’est pas une confession particulière, c’est une confession à tout son peuple, aux générations futures, à tous les lieux, à tous les siècles. Il ne la murmure pas à voix basse, il ne la parle pas, il la chante pour la faire retentir plus loin dans la mémoire des hommes. Quelle admirable énergie de langage ! quelle puissance et quelle vérité de sentiments !… Comme sa voix, après avoir rugi les gémissements de son cœur, soupire une douleur plus calme ; puis se relève, se dilate !… Ce sublime testament de pénitence, il l’avait légué à toutes les âmes qui passent sur cette terre, aux pécheurs repentants pour leur inspirer la confiance, aux criminels endurcis pour les attendrir, aux justes pour les édifier. Les âmes ont répondu à son appel. » (Mgr GERBET.) ― Le psaume 50 est le quatrième des psaumes pénitentiaux.

AYEZ pitié de moi, ô Dieu ! selon votre grande miséricorde ; et effacez mon iniquité selon la multitude de vos bontés.

Lavez-moi de plus en plus de mon iniquité ; et purifiez-moi de mon péché.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Encore plus ; le sens de l’hébreu est un grand nombre de fois, beaucoup.

Car je reconnais mon iniquité, et j’ai toujours mon péché devant les yeux.

J’ai péché devant vous seul, et j’ai fait le mal en votre présence ; de sorte que vous serez reconnu juste et véritable dans vos paroles, et que vous demeurerez victorieux lorsqu’on jugera de votre conduite.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Romains, 3, 4. ― J’ai péché contre vous seul. Plusieurs l’expliquent ainsi : Vous êtes le seul témoin de mon crime ; ce qui n’est pas exact. Nathan, à la vérité, dit à David : Tu as agi secrètement ; mais il ajoute : Cependant, parce que tu as fait blasphémer les ennemis du Seigneur, etc. (Voir 2 Rois, 12, vv. 12, 14). Or, ces dernières paroles du prophète prouvent clairement que non seulement les Israélites étaient informés du crime de David, mais que les étrangers eux-mêmes en avait eu connaissance. Il veut mieux dire avec les Pères de l’Eglise et beaucoup de commentateurs que David, en qualité de roi, ne reconnaissait aucune autorité supérieure à la sienne, et qu’ainsi il n’était responsable qu’à Dieu seul de sa conduite.

Car vous savez que j’ai été formé dans l’iniquité, et que ma mère m’a conçu dans le péché.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Iniquités, péchés ; l’hébreu porte le singulier iniquité, péché ; c’est-à-dire le péché originel.

Car vous avez aimé la vérité ; et vous m’avez révélé les secrets et les mystères de votre sagesse.

Vous m’arroserez avec l’hysope, et je serai purifié ; vous me laverez, et je deviendrai plus blanc que la neige.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Lévitique, chapitre 14, Nombres, chapitre 19. ― Avec de l’hysope. Voir Exode, note 12.23

Vous ferez entendre à mon cœur une parole de consolation et de joie ; et mes os qui sont brisés et humiliés de douleur tressailliront d’allégresse.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Humiliés ; brisés par la douleur.

Détournez votre face de dessus mes péchés ; et effacez toutes mes iniquités.

Créez en moi, ô Dieu ! un cœur pur ; et rétablissez de nouveau un esprit droit dans le fond de mes entrailles.

Ne me rejetez pas de devant votre face ; et ne retirez pas de moi votre Esprit-Saint.

Rendez-moi la joie qui naît de la grâce de votre salut, et affermissez-moi en me donnant un esprit de force.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La joie de votre salut ; la joie que procure le salut qui vient de vous. C’est comme si David disait : Rendez-moi la joie en me sauvant. ― Votre esprit souverain. C’est aussi le sens des Septante ; l’hébreu dit esprit spontané, généreux.

J’enseignerai vos voies aux méchants ; et les impies se convertiront vers vous.

Délivrez-moi, ô Dieu ! vous qui êtes le Dieu et l’auteur de mon salut, du sang que j’ai répandu ; et ma langue relèvera votre justice par des cantiques de joie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

D’un sang versé ; littéralement de sangs. Voir Psaumes, 5, 7.

Vous ouvrirez mes lèvres, Seigneur ! et ma bouche publiera vos louanges.

Car si vous aviez souhaité un sacrifice, je n’aurais pas manqué à vous en offrir : mais vous n’auriez pas les holocaustes pour agréables.

Un esprit brisé de douleur est un sacrifice digne de Dieu : vous ne mépriserez pas, ô Dieu ! un cœur contrit et humilié.

Seigneur ! traitez favorablement Sion, et faites-lui sentir les effets de votre bonté ; afin que les murs de Jérusalem soient bâtis.

C’est alors que vous agréerez un sacrifice de justice, les oblations et les holocaustes ; c’est alors qu’on mettra des veaux sur votre autel pour vous les offrir.

Commentaire (versets 20 à 21) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 20 à 21 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Ces deux derniers versets ont été ajoutés après coup, peut-être du temps d’Esdras. Ils sont placés, non plus dans la bouche de David, mais dans celle du peuple.