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Psaumes 21
Pour la fin, pour le secours du matin, Psaume de David.
O DIEU ! ô mon Dieu ! jetez sur moi vos regards ; pourquoi m’avez-vous abandonné ? La voix de mes péchés est bien opposée au salut que j’attends.
Mon Dieu ! je crierai pendant le jour, et vous ne m’exaucerez pas ; je crierai pendant la nuit, et l’on ne me l’imputera point à folie.
Mais pour vous, vous habitez dans le lieu saint, vous qui êtes la louange d’Israël.
Nos pères ont espéré en vous ; ils ont espéré, et vous les avez délivrés.
Ils ont crié vers vous, et ils ont été sauvés ; ils ont espéré en vous, et ils n’ont point été confondus.
Mais pour moi, je suis un ver de terre, et non un homme ; je suis l’opprobre des hommes et le rebut du peuple.
Ceux qui me voyaient se sont tous moqués de moi ; ils en parlaient avec outrage, et ils m’insultaient en remuant la tête.
Il a espéré au Seigneur, disaient-ils, que le Seigneur le délivre maintenant : qu’il le sauve, s’il est vrai qu’il l’aime.
Il est vrai, Seigneur ! que c’est vous qui m’avez tiré du ventre de ma mère ; et que vous avez été mon espérance dès le temps que je suçais ses mamelles.
J’ai été mis entre vos mains au sortir de son sein ; vous avez été mon Dieu, dès que j’ai quitté les entrailles de ma mère.
Ne vous retirez pas de moi ; parce que l’affliction est proche ; parce qu’il n’y a personne qui m’assiste.
Commentaire (versets 2 à 12) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 2 à 12 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Plaintes du messie délaissé de son Père sur la croix et abandonné de tous.
J’ai été environné par un grand nombre de jeunes bœufs, et assiégé par des taureaux gras.
Ils ouvraient leur bouche pour me dévorer, comme un lion ravissant et rugissant.
Je me suis répandu comme l’eau, et tous mes os se sont déplacés ; mon cœur au milieu de mes entrailles a été semblable à la cire qui se fond.
Toute ma force est desséchée comme la terre qui est cuite au feu ; ma langue est demeurée attachée a mon palais ; et vous m’avez conduit jusqu’à la poussière du tombeau.
Car un grand nombre de chiens m’ont environné ; une assemblée de personnes remplies de malice m’a assiégé. Ils ont percé mes mains et mes pieds ;
et ils ont compté tous mes os. Ils se sont appliqués à me regarder et à me considérer ;
ils ont partagé entre eux mes habits, et ils ont jeté le sort sur ma robe.
Mais pour vous, Seigneur ! n’éloignez point votre assistance de moi ; appliquez-vous à me défendre.
Délivrez mon âme de l’épée, ô Dieu ! délivrez de la puissance du chien mon âme qui est tout à fait abandonnée.
Sauvez-moi de la gueule du lion, et des cornes des licornes dans cet état d’humiliation où je suis.
Commentaire (versets 13 à 22) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 13 à 22 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Description des tourments de la Passion. Des cornes des licornes, du reêm ou bœuf sauvage (décrit dans Job, 39, 9-12), comme le porte le texte original. La Vulgate a traduit le mot reêm, tantôt par licorne, tantôt par rhinocéros, mais reêm signifie toujours le buffle ou bœuf sauvage.
Je ferai connaître votre saint nom à mes frères ; je publierai vos louanges au milieu de l’assemblée.
Vous qui craignez le Seigneur, louez-le ; glorifiez-le, vous tous qui êtes la race de Jacob ; qu’il soit craint par toute la postérité d’Israël.
Car il n’a point méprisé ni dédaigné l’humble supplication du pauvre ; et il n’a point détourné de moi son visage ; mais il m’a exaucé lorsque je criais vers lui.
Vous serez le sujet de mes louanges dans une grande assemblée ; je rendrai mes vœux à Dieu en présence de ceux qui le craignent.
Les pauvres mangeront, et ils seront rassasiés ; et ceux qui cherchent le Seigneur le loueront : leurs cœurs vivront dans toute l’éternité.
Tous les peuples jusqu’aux extrémités de la terre se ressouviendront du Seigneur, et se convertiront à lui : toutes les nations se prosterneront devant lui et l’adoreront.
Car c’est au Seigneur qu’appartient la souveraineté ; et il régnera sur les nations.
Tous les riches de la terre ont mangé et ont adoré ; tous ceux qui descendent dans la terre, tomberont en sa présence. Et mon âme vivra pour lui ;
et ma race le servira. La postérité qui doit venir sera déclarée appartenir au Seigneur :
et les cieux annonceront sa justice au peuple qui doit naître dans la suite, au peuple qui a été fait par le Seigneur.
Commentaire (versets 23 à 32) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 23 à 32 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Gloire de la résurrection. Reconnaissance du Messie envers son Père ; il le louera dans l’Eglise et le fera louer par elle dans toute la terre jusqu’à la fin des temps. La génération qui doit venir sera annoncée au Seigneur ; c’est-à-dire, comme on l’explique ordinairement, sera déclarée appartenir au Seigneur. Selon l’hébreu : Il sera raconté touchant le Seigneur à la génération future ; c’est-à-dire le Seigneur sera annoncé, publié dans les siècles futurs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Hébreu : « Au chef de chœur. Sur [l’air de] ‘ayyéleth asch-schakhar, ou la biche de l’aurore. » Psaume prophétique, annonçant les souffrances du Messie. Il est comme un miracle permanent, tant la Passion y est prédite d’une manière claire : Ut non tam prophetia quam historia videatur, dit Cassiodore. On ne peut trouver dans tout l’Ancien Testament un seul personnage à qui il s’applique. Les premiers mots ont été prononcés par Notre-Seigneur sur la croix, voir Matthieu, 27, 46 ; Marc, 15, 34. ― Le Sitio, que le Sauveur fit entendre à ses derniers moments, avait pour but d’accomplir la prophétie du verset 16, voir Jean, 19, 28. Tous les autres traits annoncés ont été également accomplis en la personne de Jésus-Christ. Non seulement le premier verset est tout à la fois parole des Psaumes et parole d’Evangile, mais aussi les blasphèmes et les branlements de tête, verset 8, voir Matthieu, 27, 39 ; l’insulte pour avoir placé mal à propos en Dieu sa confiance, verset 9, voir Matthieu, 27, 43 ; le partage des vêtements et le tirage au sort de la robe, verset 19, voir Jean, 19, verset 23 et suivants. Impossible de mieux peindre que les versets 15 à 18 les tortures de la crucifixion : distension des membres du corps nu, douleurs des mains et des pieds, soif brûlante. Voir aussi, Hébreux, 2, verset 11 et suivants ; Matthieu, 28, 10 ; Jean, 20, 17 et Psaumes, 21, 23. Aussi l’Eglise, au IVe concile général de Constantinople, coll. 4, a-t-elle condamné Théodore de Mopsueste, qui entendait ce psaume dans un sens purement historique, non prophétique.