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Ecclésiastique 51
Prière de Jésus, fils de Sirach : Je vous rendrai grâces, ô Seigneur roi, et je vous louerai, vous qui êtes mon Dieu et mon sauveur.
Je rendrai gloire à votre nom, parce que c’est vous qui m’avez assisté et qui m’avez protégé.
Vous avez délivré mon corps de la perdition, des pièges de la langue injuste, et des lèvres des ouvriers de mensonge, et vous avez été mon défenseur contre ceux qui m’accusaient.
Vous m’avez délivré, selon la multitude de vos miséricordes, des lions rugissants qui étaient prêts à me dévorer ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Votre nom. Le nom de Dieu se prend souvent dans l’Ecriture pour l’essence divine, l’être divin, Dieu lui-même.
Des mains de ceux qui cherchaient à m’ôter la vie, et des afflictions différentes qui m’assiégeaient de toutes parts :
Vous m’avez délivré de la violence de la flamme dont j’étais environné, et je n’ai point senti la chaleur au milieu du feu ;
De la profondeur des entrailles de l’enfer, des lèvres souillées, des paroles de mensonge, d’un roi injuste, et des langues médisantes.
Mon âme louera le Seigneur jusqu’à la mort,
Parce qu’elle était près de tomber au plus profond de l’enfer.
Ils m’avoient environné de tous côtés, et il n’y avait personne pour me secourir. J’attendais des hommes quelque secours, et il ne m’en venait point.
Alors je me suis souvenu, Seigneur, de votre miséricorde, et des œuvres que vous avez faites dès le commencement du monde ;
Parce que vous tirez du péril, ô Seigneur, ceux qui ne se lassent point de vous attendre, et que vous les délivrez de la puissance des nations.
Vous m’avez élevé une demeure sur la terre, et je vous ai prié de me délivrer du torrent de la mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui découlait sur moi (defluente) ; qui s’approchait de moi, qui me menaçait.
J’ai invoqué le Seigneur père de mon Seigneur, afin qu’il ne me laissât point sans assistance au jour de mon affliction, et pendant le règne des superbes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le Seigneur, père de mon Seigneur ; paroles qui marquent distinctement les deux personnes de la sainte Trinité, le Père et le Fils. Voir ce que nous avons dit sur une expression semblable à Psaumes, 109, 1. ― Au temps des superbes ; lorsque les superbes dominent, exercent leurs violences.
Je louerai sans cesse votre nom, et je le glorifierai dans mes actions de grâces, parce que vous avez exaucé ma prière ;
Que vous m’avez délivré de la perdition, et que vous m’avez tiré du péril dans un temps d’injustice et de violence.
C’est pourquoi je vous rendrai grâces, je chanterai vos louanges, et je bénirai le nom du Seigneur.
Lorsque j’étais encore jeune, avant de m’écarter bien loin, j’ai recherché la sagesse dans ma prière avec grande instance.
Je l’ai demandée à Dieu dans le temple, et je la rechercherai jusqu’à la fin de ma vie : elle a fleuri dans moi comme un raisin mûr avant le temps ;
Et mon cœur a trouvé sa joie en elle. Mes pieds ont marché dans un chemin droit, et j’ai tâché de la découvrir dès ma jeunesse.
J’ai prêté humblement l’oreille pendant quelque temps, et la sagesse m’a été donnée.
J’en ai trouvé beaucoup en moi-même, et j’y ai fait un grand progrès.
J’en donnerai la gloire à celui qui me l’a donnée.
Car je me suis résolu à faire ce qu’elle me prescrit. J’ai été zélé pour le bien ; et je ne tomberai point dans la confusion.
Mon âme a lutté longtemps pour atteindre la sagesse, et je m’y suis confirmé en faisant ce qu’elle m’ordonne.
J’ai élevé mes mains en haut, et j’ai déploré l’égarement de mon esprit ;
J’ai conduit mon âme droit à elle, et je l’ai trouvée dans la connaissance de moi-même.
J’ai, dès le commencement, possédé mon cœur avec elle ; c’est pourquoi je ne serai point abandonné.
Mes entrailles ont été émues en la cherchant ; et c’est pour cela que je posséderai un si grand bien.
Le Seigneur m’a donné pour récompense une langue qui me servira à la louer.
Approchez-vous de moi, vous qui n’êtes pas savants, et assemblez-vous dans la maison du règlement et de la discipline.
Pourquoi tardez-vous encore ? Et que direz-vous à ceci : Vos âmes sont pressées d’une extrême soif ?
J’ai ouvert ma bouche, et j’ai parlé : Achetez la sagesse sans argent ;
Soumettez votre cou au joug ; que votre âme se rende susceptible de l’instruction : car elle est proche, et il est aisé de la trouver.
Voyez de vos yeux, qu’avec un peu de travail je me suis acquis un grand repos.
Recevez l’instruction comme une grande quantité d’argent, et vous posséderez en elle une grande abondance d’or.
Que votre âme trouve sa joie dans la miséricorde du Seigneur, et publiant ses louanges vous ne serez point confondus.
Faites votre œuvre avant que le temps se passe, et il vous en donnera la récompense lorsque le temps en sera venu.
Commentaire (versets 18 à 38) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 18 à 38 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Ces versets formaient dans l’original hébreu un poème alphabétique. Avant le temps ; avant que le temps de la récompense, arrive, passe. ― Il ; c’est-à-dire le Seigneur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le piège de la langue ; les accusations, les médisances, les calomnies. Comparer à Psaumes, 90, 3 ; 119, 2. ― En présence de, etc. ; allusion à ce qui se passait dans les jugements, où l’accusateur se tenait près et à la droite de l’accusé. Comparer à Psaumes, 108, 5-6 ; Zacharie, 3, 1.