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Ecclésiastique 23

Seigneur, qui êtes mon père et le maître de ma vie, ne m’abandonnez pas à la légèreté indiscrète de ma langue, et ne permettez pas qu’elle me fasse tomber.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Leur… elles. Ces pronoms se rapportent aux noms bouche et lèvres, exprimés au dernier verset du chapitre précédent.

Qui fera ressentir à mon esprit une verge qui le frappe, et à mon cœur les reproches de la sagesse, afin qu’elle ne m’épargne point dans les manquements d’ignorance que la langue me fera faire, et que ces fautes ne paraissent point,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qu’ils ; c’est-à-dire les remords et la doctrine de la sagesse. ― Leurs ; se rapporte à ma pensée et à mon cœur. ― Ne paraissent pas ; n’éclatent pas au dehors, ne deviennent pas publiques.

De peur que mes ignorances ne viennent à croître. que mes offenses ne se multiplient, que mes péchés ne s’augmentent de plus en plus, que je ne tombe devant ceux qui me haïssent, et que je ne sois exposé aux insultes de mon ennemi ?

Seigneur, qui êtes mon père et le Dieu de ma vie, ne m’abandonnez pas à leur volonté.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pensée ; mauvais dessein.

Ne me donnez point des yeux altiers, et détournez de moi toute cupidité.

Éloignez de moi l’intempérance de la bouche, que la passion de l’impureté ne s’empare point de moi, et ne m’abandonnez pas aux excès d’une âme qui n’a plus de honte ni de retenue.

Écoutez, mes enfants, les instructions que je vous donne pour régler la langue : celui qui les gardera ne périra point par ses lèvres, et il ne tombera point dans les actions criminelles.

Le pécheur sera pris par la vanité de ses paroles ; le superbe et le médisant y trouveront des sujets de chute.

Que votre bouche ne s’accoutume point au jurement ; car en jurant on tombe en bien des manières.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qu’au jurement, etc. Comparer à Exode, 20, 7 ; Matthieu, 5, 33.

Que le nom de Dieu ne soit point sans cesse dans votre bouche ; ne mêlez point dans vos discours les noms des saints, parce que vous ne serez pas en cela exempt de faute.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Que le nom de Dieu, etc. Il est presque impossible de prononcer toujours le nom de Dieu avec le respect qui lui est dû, quand on l’a continuellement dans la bouche, pour confirmer tout ce que l’on dit. ― Ne te mêle pas, etc. ; c’est-à-dire ne mêle pas légèrement dans tes discours les noms des saints, ou des choses saintes.

Car comme un esclave qu’on met sans cesse à la torture, en porte toujours les marques, ainsi tout homme qui jure et qui nomme sans cesse le nom de Dieu ne sera point pur de péché.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme ton esclave, etc. Anciennement c’était par la question, ou torture, qu’on tirait la vérité de la bouche des esclaves. Or un pareil traitement rendait leur corps livide.

Celui qui jure souvent sera rempli d’iniquité, et la plaie ne sortira point de sa maison.

S’il ne fait pas ce qu’il a promis avec serment, son péché sera sur lui ; et s’il y manque par mépris, il péchera doublement.

S’il jure en vain, ce ne sera pas une excuse qui le justifie devant Dieu ; et sa maison sera remplie de la peine qu’il en souffrira.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Remplie de sa rétribution ; c’est-à-dire des maux qui seront le salaire de celui qui jure en vain. Comparer au verset 12.

Il y a une autre parole qui est une parole de mort : qu’elle ne se trouve jamais dans l’héritage de Jacob.

Car ceux qui servent Dieu sont éloignés de tous ces vices, et ils ne s’engagent point dans ces excès.

Que votre bouche ne s’accoutume point à des paroles indiscrètes ; car il s’y trouvera toujours du péché.

N’oubliez pas votre père et votre mère, parce que vous êtes au milieu des grands.

De peur que Dieu ne vous oublie devant ces grands mêmes, et que, devenant insensé par la trop grande familiarité que vous aurez avec eux, vous ne tombiez dans l’infamie, que vous ne souhaitiez alors de n’être point né, et que vous ne maudissiez vous-même le jour de votre naissance.

L’homme accoutumé à dire des paroles outrageuses ne se corrigera jamais.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Rois, 16, 7.

Deux sortes de personnes pèchent souvent, et la troisième s’attire la colère et la perdition.

L’âme qui brûle comme un feu ardent ne s’éteindra point jusqu’à ce qu’elle ait dévoré quelque chose :

L’homme qui abuse de son propre corps ne cesse point jusqu’à ce qu’il ait allumé un feu.

Tout pain est doux au fornicateur ; il ne se lassera point de pécher jusqu’à la fin de sa vie.

L’homme qui viole la foi du lit conjugal méprise son âme, et il dit : Qui est-ce qui me voit ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 29, 15.

Les ténèbres m’environnent, les murailles me couvrent, nul ne me regarde : qui craindrai-je ? le Très-Haut ne se souviendra point de mes péchés.

Il ne considère pas que l’œil du Seigneur voit toutes choses, et que c’est bannir de soi la crainte de Dieu que de n’avoir que cette crainte humaine, et de n’appréhender que les yeux des hommes :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Son œil ; l’œil du Très-Haut, nommé au verset précédent.

Il ne comprend pas que les yeux du Seigneur sont plus lumineux que le soleil, qu’il regarde de tous côtés toutes les voies des hommes, qu’il perce la profondeur des abîmes et le fond du cœur humain, et qu’il pénètre jusque dans les lieux les plus cachés.

Car le Seigneur notre Dieu connaissait toutes les choses du monde avant qu’il les eût créées ; et il les voit de même maintenant qu’il les a faites.

Cet homme sera puni dans les places publiques, il sera mis en fuite comme le poulain de la cavale, et il sera pris lorsqu’il s’y attendra le moins.

Il sera déshonoré devant tout le monde, parce qu’il n’a pas compris ce que c’était que de craindre le Seigneur.

Ainsi périra encore toute femme qui abandonne son mari, et qui lui donne pour héritier le fruit d’une alliance adultère.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Lévitique, 20, 10 ; Deutéronome, 22, 22.

Car premièrement elle a désobéi à la loi du Très-Haut ; secondement elle a péché contre son mari ; troisièmement elle a commis un adultère, et elle s’est donné des enfants d’un autre que de son mari.

Cette femme sera amenée dans l’assemblée, et on examinera l’état de ses enfants.

Ils ne prendront point racine, et ses branches ne porteront point de fruit ;

Sa mémoire sera en malédiction, et son infamie ne s’effacera jamais.

Et ceux qui viendront après reconnaitront qu’il n’y a rien de plus avantageux que de craindre Dieu, et rien de plus doux que de n’avoir égard qu’aux commandements du Seigneur.

C’est une grande gloire que de suivre le Seigneur ; car c’est lui qui donne des jours sans fin.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La longueur des jours ; une longue vie.