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Ecclésiastique 14
Heureux l’homme qui n’est point tombé par les paroles de sa bouche, et qui n’est point piqué par les remords du péché !
Heureux celui dont l’âme n’est point abattue de tristesse, et qui n’est point déchu de son espérance !
Le bien est inutile à l’homme avare et attaché à l’argent : et que sert l’or à l’envieux ?
Celui qui amasse injustement des richesses les amasse pour d’autres, et un autre viendra qui dissipera tout ce bien en débauche.
A qui sera bon celui qui est mauvais à lui-même, et qui ne jouit en aucune sorte de son bien ?
Rien n’est pire que celui qui s’envie sa propre subsistance ; et cette disposition même est la peine de sa malice.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui s’envie lui-même ; qui se porte envie à lui-même, en se refusant le nécessaire. ― C’est là la peine, etc. ; c’est-à-dire cette disposition même est la peine, etc.
S’il fait du bien à quelqu’un, c’est sans y penser et malgré lui ; et enfin il découvrira sa malignité.
L’œil de l’envieux est malin ; il détourne son visage, et méprise son âme.
L’œil de l’avare est insatiable dans son iniquité ; il ne sera point content qu’il ne dessèche et consume son âme.
L’œil malin ne tend qu’au mal ; il se regrettera le pain qu’il mange, il est affamé et triste à sa propre table.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’œil mauvais ; l’œil de l’avare. ― Aux mauvaises choses ; telles que les usures et les autres acquisitions injustes.
Mon fils, si vous avez quelque chose, faites-vous-en du bien à vous-même, et offrez à Dieu de dignes offrandes.
Souvenez-vous de la mort qui ne tarde point, et de cet arrêt qui vous a été prononcé, que vous devez aller au tombeau ; car cet arrêt, que tout homme doit mourir, est pour tout le monde.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le testament des enfers ; c’est-à-dire l’arrêt touchant l’autre vie, l’autre monde. ― Le testament de ce monde, etc. ; l’arrêt porté contre le monde présent est qu’il mourra sans rémission, inévitablement ; car tels est le sens de l’hébraïsme, il mourra de mort, conservé dans la Vulgate.
Faites du bien à votre ami avant la mort, et donnez l’aumône au pauvre selon que vous le pouvez.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Tobie, 4, 7 ; Ecclésiastique, 4, 1 ; Luc, 16, 9.
Ne vous privez pas des avantages du jour heureux, et ne laissez perdre aucune partie du bien que Dieu vous donne.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D’un jour avantageux (a die bono) ; expression qui, d’après ce qui précède et ce qui suit, semble signifier le jour où l’on a les moyens et l’occasion de faire du bien au prochain ; comme ces autres mots précieux don, peuvent naturellement s’entendre des moyens mêmes et de l’occasion de faire du bien.
N’est-ce pas à d’autres que vous laisserez les fruits de vos peines et de vos travaux, qu’ils partageront entre eux ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans le partage du sort ; c’est-à-dire qu’ils partageront entre eux par le sort.
Donnez et recevez, et sanctifiez votre âme.
Faites des œuvres de justice avant votre mort, parce qu’on ne trouve point de quoi se nourrir dans le tombeau.
Toute chair se fane comme l’herbe, et comme la feuille qui croît sur les arbres verts.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 40, 6 ; Jacques, 1, 10 ; 1 Pierre, 1, 24.
Les unes naissent, et les autres tombent : ainsi dans cette race de chair et de sang les uns meurent, et les autres naissent.
Tout ce qui est corruptible sera enfin détruit, et l’ouvrier s’en ira avec son ouvrage.
Toute œuvre excellente sera reconnue enfin pour ce qu’elle est, et celui qui l’a faite y trouvera sa propre gloire.
Heureux l’homme qui demeure appliqué à la sagesse, qui s’exerce à pratiquer la justice, et qui pense sans cesse à cet œil de Dieu qui voit toutes choses ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 1, 2. ― Méditera ; ou s’exercera à pratiquer. Comparer à Psaumes, 34, 28.
Qui repasse ses voies dans son cœur, qui pénètre dans l’intelligence de ses secrets, qui va après la sagesse, comme suivant ses traces, et marchant dans les routes par où elle passe ;
Qui regarde par ses fenêtres, et qui écoute à sa porte ;
Qui se tient auprès de sa maison, et qui, enfonçant un pieu dans ses murailles, se bâtit une petite cabane auprès d’elle, où ses biens se conservent pour jamais dans un grand repos !
Il établira ses fils sous son ombre, et il demeurera sous ses branches.
Il trouvera sous elle un couvert contre l’ardeur du jour, et il se reposera dans sa gloire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 19, 17.