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Ecclésiastique 12
Si vous faites du bien, sachez à qui vous le ferez, et ce que vous ferez de bien plaira beaucoup.
Faites du bien au juste, et vous en recevrez une grande récompense, sinon de lui, au moins du Seigneur.
Car il n’y a point de bien à espérer pour celui qui s’applique toujours au mal, ou qui ne fait point l’aumône, parce que le Très-Haut hait les pécheurs, et qu’il fait miséricorde aux pénitents.
Donnez à celui qui a de la bonté, et n’assistez point le pécheur ; car Dieu rendra aux méchants et aux pécheurs ce qu’ils méritent, et il les réserve pour le jour de sa vengeance.
Donnez à celui qui est bon, et n’assistez point le pécheur.
Faites du bien à celui qui est humble, et ne donnez point au méchant ; empêchez qu’on ne lui donne du pain, de peur qu’il ne devienne ainsi plus puissant que vous,
Car vous trouverez un double mal dans tout le bien que vous lui ferez. parce que le Très-Haut hait lui-même les pécheurs, et qu’il exerce sa vengeance contre les méchants.
L’ami ne se connaît point pendant la prospérité, et l’ennemi ne se peut cacher dans l’adversité.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’ami, etc. Dans la prospérité le véritable ami se distingue difficilement du faux, parce que l’un et l’autre se conduisent extérieurement de la même manière ; tandis que dans l’adversité le faux ami ne se déguise plus ; il se retire, et souvent même joint l’insulte à l’abandon.
Quand un homme est heureux, ses ennemis sont tristes ; et quand il est malheureux, on connait quel est son ami.
Ne vous fiez jamais à votre ennemi ; car sa malice est comme la rouille qui revient toujours au cuivre :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans ce verset et les deux suivants, l’auteur ne veut pas nous dire de ne pas pardonner à notre ennemi ou de ne nous pas réconcilier avec lui ; mais il nous avertit seulement de nous donner de garde d’un homme qui ne déguise sa haine que pour nous tromper, et qui ne se sert de l’union qui existe entre lui et nous, et de notre déférence envers lui, que pour s’élever au-dessus de nous, et nous faire tomber dans le piège. ― Ainsi est sa méchanceté. Elle revient toujours comme la rouille sur l’airain.
Quoiqu’il s’humilie et qu’il aille tout courbé, soyez vigilant, et donnez-vous de garde de lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Quoique humilié, etc. ; quand il viendrait à toi en s’humiliant et rampant. ― Applique ton esprit ; sois attentif et vigilant.
Ne l’établissez point auprès de vous, et qu’il ne s’asseye point à votre droite, de peur qu’il ne veuille prendre votre place et s’asseoir dans votre chaire, et que vous ne reconnaissiez enfin la vérité de mes paroles, dont vous vous trouverez percé jusqu’au cœur.
Qui aura pitié de l’enchanteur lorsqu’il sera piqué par le serpent, et de tous ceux qui s’approchent des bêtes ? Ainsi on n’en aura point de celui qui s’unit avec le méchant, et qui se trouve enveloppé dans ses péchés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le sens de ce verset paraît être : Après l’avertissement que tu as reçu de te garder d’un faux ami, si tu t’approches néanmoins volontairement de lui qui est un vrai serpent, et si tu t’exposes à ses morsures, tu ne seras plaint de personne. ― Il y a toujours eu des charmeurs de serpents en Orient.
Il demeurera avec vous pendant quelque temps ; et s’il vous voit pencher tant soit peu, il n’y pourra plus durer.
Votre ennemi a la douceur sur les lèvres, et dans son cœur il songe à vous tendre des pièges pour vous faire tomber dans la fosse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jérémie, 41, 6. ― Dans la fosse. Image tirée de la fosse qu’on creuse pour y prendre les animaux sauvages.
Votre ennemi a la larme à l’œil, et, s’il trouve l’occasion, il sera insatiable de votre sang.
S’il vous arrive du mal, vous le trouverez le premier.
Votre ennemi a les larmes aux yeux, et feignant de vous secourir, il tâchera de vous faire tomber.
Il secouera la tête, et battra des mains, et changeant de visage il sèmera en secret beaucoup de faux bruits.
Commentaire (versets 4 à 5) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 4 à 5 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Saint Augustin, saint Thomas et plusieurs autres Pères remarquent que le mot pécheur est mis ici au lieu de péché ; en sorte que le sens est : N’encourage pas par tes aumônes les péchés d’autrui. On peut aussi entendre les expressions donne au miséricordieux, donne à celui qui est bon, non de l’aumône, mais d’un simple bienfait. Or, dans ce cas, il vaut mieux donner aux gens de bien qu’aux méchants, surtout quand on présume que ces derniers abuseront du bien qu’on pourra leur faire et s’en serviront pour le mal, ce qui se trouve assez clairement exprimé dans les versets suivants. Ainsi disparaît la contradiction que l’on croit apercevoir au premier abord entre les maximes de l’auteur et celles de l’Evangile, qui nous ordonne de donner à quiconque nous demande, et de faire du bien, même à nos ennemis.