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Ecclésiastique 13
Celui qui touche la poix en sera sali ; et celui qui se joint au superbe deviendra superbe.
Celui qui se lie avec un plus grand que lui se met un fardeau pesant sur les épaules. N’entrez point en société avec un plus riche que vous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Plus riche ; littéralement plus honnête. Dans l’Ecclésiastique, comme dans la Sagesse, honestas, honestus, signifient richesse, riche.
Quelle union peut-il y avoir entre un pot de terre et un pot de fer ? car lorsqu’ils se heurteront l’un contre l’autre, celui de terre sera brisé.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’une d’elles sera brisée. Ces mots sont absolument nécessaires pour compléter le sens du verbe sera brisé (confringetur). Ils sont d’ailleurs parfaitement conformes au texte grec. ― La chaudière avec la marmite. L’une est de métal, l’autre de terre, et le pot de terre se brise contre le pot de fer. Nous avons là l’idée de la fable du pot de terre et du pot de fer racontée par Esope et par La Fontaine.
Le riche fait une injustice, et il crie avec menaces ; le pauvre a été offensé, et il demeure dans le silence.
Tant que vous lui rendrez service, il vous emploiera ; et lorsqu’il n’aura plus rien à attendre de vous, il vous abandonnera.
Si vous avez du bien, il fera bonne chère avec vous, et il vous épuisera ; et il ne se mettra nullement en peine de ce que vous deviendrez.
Tant que vous lui serez nécessaire, il vous trompera, il vous donnera de bonnes espérances en souriant, il vous parlera favorablement, et vous dira : Avez-vous besoin de quelque chose ?
Il vous fera festin pour vous piquer d’honneur à faire de même, jusqu’à ce qu’il vous épuise en deux ou trois repas ; et à la fin il se moquera de vous, vous abandonnera, et vous insultera en secouant la tête.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et il te confondra, etc. Le sens de cette première partie du verset paraît être : Il t’invitera à des festins si magnifiques et si somptueux, que tu en seras confondu ; et que, l’invitant à ton tour, et voulant le traiter de la même manière, tu épuiseras tes ressources en deux ou trois fois. ― Ou. Ainsi lit le texte grec, et c’est très probablement le sens du mot et de la Vulgate ; surtout si l’on considère qu’en hébreu la particule correspondante à et signifie aussi ou, ou bien.
Humiliez-vous devant Dieu, et attendez que sa main agisse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ses mains ; pour te secourir, ou son secours ; signification qu’a quelquefois le terme hébreu main.
Prenez garde de ne vous pas humilier follement en vous laissant séduire.
Ne vous humiliez pas dans votre sagesse, de peur qu’étant humilié vous ne vous laissiez séduire pour commettre une folie.
Commentaire (versets 10 à 11) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 10 à 11 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Jusqu’à la folie ; expression qui peut se rapporter également au verbe humilier, ou au participe séduit.
Si un grand vous appelle, retirez-vous ; car il en sera plus porté à vous appeler.
Ne le voyez pas trop souvent, de peur qu’il ne se dégoûte de vous ; et ne vous en éloignez pas, de peur qu’il ne vous oublie.
Ne l’entretenez pas longtemps comme si vous étiez son égal, et ne vous fiez pas à ses longs entretiens ; car il vous tentera en vous faisant beaucoup parler, et en souriant il vous demandera ce que vous devez conserver secret.
Son cœur impitoyable conservera toutes vos paroles ; et il n’épargnera ni les mauvais traitements, ni les prisons.
Prenez garde à vous, et écoutez avec attention ce qu’il vous dira, parce que vous marchez sur le bord du précipice :
Mais, en l’écoutant, prenez ses paroles pour un songe, et vous veillerez.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Entendant, etc. ; c’est-à-dire quand tu entendras de sa part des paroles blessantes, regarde-les comme ayant été dites en songe, et prends garde de ne pas le contredire.
Aimez Dieu toute votre vie, et invoquez-le pour votre salut.
Tout animal aime son semblable ; ainsi tout homme aime celui qui lui est proche.
Toute chair s’unit à celle qui lui ressemble, et tout homme s’unit avec son semblable.
Comme le loup n’a point de commerce avec l’agneau, ainsi le pécheur n’en a point avec le juste.
Quel rapport a un homme saint avec un chien ? et quelle liaison a un homme riche avec un pauvre ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Corinthiens, 6, 14. ― Avec un chien. Le chien était un animal impur chez les Hébreux (voir Lévitique, 11, 26 ; Deutéronome, 23, 18). Tout Israélite, fidèle observateur de la loi, évitait soigneusement de toucher cet animal. Le chien se prend aussi dans l’Ecriture pour un homme impur, un cynique. Comparer à Matthieu, 7, 6 ; 15, 26 ; Apocalypse, 22, 15.
L’âne sauvage est la proie du lion dans le désert ; ainsi les pauvres sont la proie des riches.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’onagre, âne sauvage. Voir Job, 39, 5-8.
Comme l’humilité est en abomination au superbe, ainsi le pauvre est en horreur au riche.
Si le riche est ébranlé, ses amis le soutiennent ; mais si le pauvre commence à tomber, ses amis mêmes contribuent à sa chute.
Si le riche a été trompé, plusieurs l’assistent ; s’il parle insolemment, on le justifie :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Récupérateurs (recuperatores) ; c’est-à-dire, selon le texte grec, aides, auxiliaires, défenseurs.
Mais si le pauvre a été trompé, on lui fait encore des reproches ; s’il parle sagement, on ne veut pas l’écouter.
Que le riche parle, tous se taisent, et ils relèvent ses paroles jusqu’au ciel.
Que le pauvre parle, on dit : Qui est celui-ci ? Et s’il fait un faux pas, on le fait tomber tout à fait.
Les richesses sont bonnes à celui dont la conscience est sans péché ; et la pauvreté est très-mauvaise au méchant qui a le murmure dans la bouche.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les richesses, etc. L’écrivain sacré prouve par ce verset qu’il ne condamne pas généralement toutes les richesses, et qu’il n’approuve pas non plus universellement ceux qui sont pauvres ; puisqu’il y a des riches qui sont des gens de bien, et des pauvres méchants, dont la pauvreté n’est ni louable ni méritoire, parce qu’elle est forcée et en même temps accompagnée d’impatiences et de murmures.
Le cœur de l’homme change le visage, et le rend ou bon ou mauvais.
Vous trouverez difficilement, et avec travail, un bon visage qui soit la marque d’un bon cœur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 7, 2.