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Ecclésiastique 37

Tout ami dira : J’ai fait aussi amitié avec cet homme ; mais il y a un ami qui n’est ami que de nom. N’est-ce pas une douleur qui dure jusqu’à la mort,

Que de voir un ami qui se change en ennemi ?

O pensée détestable, d’où as-tu pris ton origine pour venir couvrir la terre de ta malice et de ta perfidie ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De sa (illius). Ce pronom se rapporte au faux ami dont il vient d’être parlé.

L’ami se divertit avec son ami pendant sa prospérité, et il deviendra ennemi au temps de l’affliction.

L’ami s’affligera avec son ami, afin qu’il lui donne de quoi manger ; et à la vue de l’ennemi il prendra le bouclier.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pour son ventre qu’il ne peut plus satisfaire à la table de son ami devenu malheureux.

Conservez dans votre cœur le souvenir de votre ami, et ne l’oubliez pas lorsque vous serez devenu riche.

Ne prenez point conseil de celui qui vous tend un piège, et cachez vos desseins à ceux qui vous portent envie.

Tout homme que l’on consulte donne son conseil, mais il y en a qui ne regardent qu’eux-mêmes dans ce qu’ils conseillent.

En demandant conseil à un homme, veillez à la garde de votre âme : sachez auparavant quels sont ses intérêts ; car il vous donnera conseil selon qu’il lui sera plus utile :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Car c’est à lui qu’il pensera ; c’est-à-dire à son intérêt personnel ; littéralement à son esprit ; en supposant (ce qui nous paraît très probable) que les mots animo suo soient au datif, et signifient à sa personne, à lui, comme animæ suæ.

Craignez qu’il ne plante un pieu dans votre chemin, et ne vous dise :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qu’il ne plante, etc. On mettait du bois ou une pierre dans le chemin pour faire trébucher les passants. Comparer à Ecclésiastique, 31, 7.

Votre voie est bonne ; pendant qu’il se tiendra à l’écart pour voir ce qui vous arrivera.

Allez consulter un homme sans religion sur les choses saintes, un injuste sur la justice, une femme sur celle dont elle est jalouse, un homme timide sur ce qui regarde la guerre, un marchand sur le trafic des marchandises, un acheteur sur ce qui est à vendre, un envieux sur la reconnaissance des grâces reçues,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Avec un homme irréligieux, etc. Depuis ce verset jusqu’au 14e, où se trouve l’apodose, c’est une ironie ou une concession continuée.

Un impie sur la piété, un homme sans honneur sur l’honnêteté, celui qui travaille aux champs sur ce qui regarde son travail,

Un ouvrier à l’année sur ce qu’il doit faire pendant un an, et un serviteur paresseux sur l’assiduité au travail : vous ne devez point attendre de conseil de ces personnes sur toutes ces choses.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De l’achèvement de l’année (de consummatione anni) ; c’est-à-dire de tout le travail qui doit être fait pendant un an.

Mais tenez-vous sans cesse auprès d’un homme saint, lorsque vous en aurez connu quelqu’un qui craint véritablement Dieu ;

Dont l’âme a du rapport avec la vôtre, et qui prendra part à votre douleur lorsque vous aurez fait un faux pas dans les ténèbres.

Affermissez votre cœur dans la droiture d’une bonne conscience ; car vous n’aurez point de plus fidèle conseiller.

L’âme d’un homme saint découvre quelquefois mieux la vérité que sept sentinelles qui sont assises dans un lieu élevé pour découvrir tout ce qui se passe.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mieux ; mot implicitement contenu dans l’adverbe quam, qui, par hébraïsme, est mis pour plus que (plus quam). Comparer au 1° au milieu des Observations préliminaires des Psaumes.

Mais sur toutes choses priez le Très-Haut, afin qu’il vous conduise dans le droit chemin de la vérité.

Que la parole de vérité précède toutes vos œuvres, et qu’un conseil stable règle auparavant tout ce que vous faites.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qu’une parole, etc. ; littéralement avant toutes tes œuvres, qu’une parole véridique te précède.

Une parole mauvaise gâtera le cœur : c’est du cœur que naissent ces quatre choses, le bien et le mal, la vie et la mort ; et cela dépend ordinairement de la langue. Tel est habile et enseigne plusieurs, qui est inutile à lui-même.

Tel est éclairé et en instruit plusieurs, qui y trouve la paix et !a douceur de son âme.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A son âme il a été doux ; il a trouvé de la douceur pour son âme en instruisant les autres.

Celui qui use d’un langage sophistique est digne de haine ; il sera pauvre et vide de tout.

Il n’a point reçu la grâce du Seigneur, car il est dépourvu de toute sagesse.

Il y a un sage qui est sage pour lui-même, et les fruits de sa sagesse sont vraiment louables.

L’homme sage instruit son peuple, et le fruit de sa sagesse est stable et fidèle.

L’homme sage sera rempli de bénédictions, et ceux qui le verront le combleront de louanges.

Les jours de la vie d’un homme n’ont qu’un certain nombre ; mais les jours d’Israël sont innombrables.

Le sage s’acquerra de l’honneur parmi son peuple, et son nom vivra éternellement.

Mon fils, éprouvez votre âme pendant votre vie ; et si vous trouvez qu’une chose lui soit mauvaise, ne la lui accordez pas ;

Car tout n’est pas avantageux à tous, et tous ne se plaisent pas aux mêmes choses.

Ne soyez jamais avide dans un festin, et ne vous jetez point sur toutes les viandes ;

Car l’excès des viandes cause des maladies, et l’avidité produit la douleur.

L’intempérance en a tué plusieurs ; mais l’homme sobre prolonge ses jours.