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Ecclésiastique 38

Honorez le médecin à cause de la nécessité ; car c’est le Très-Haut qui l’a créé.

Toute médecine vient de Dieu, et elle recevra des présents du roi.

La science du médecin l’élèvera en honneur, et il sera loué devant les grands.

C’est le Très-Haut qui a produit de la terre tout ce qui guérit, et l’homme sage n’en aura point d’éloignement.

Un peu de bois n’a-t-il pas adouci l’eau qui était amère ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

N’est-ce pas, etc. L’auteur fait probablement allusion au miracle qui eut lieu à Mara. Voir Exode, 15, 25.

Dieu a fait connaître aux hommes la vertu des plantes ; le Très-Haut leur en a donné la science, afin qu’ils l’honorassent dans ses merveilles.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En est parvenue la vertu (virtus illorum) ; la vertu des médicaments, dont il est parlé au verset 4 ; c’est-à-dire que Dieu a fait connaître aux hommes la vertu des médicaments.

Il s’en sert pour apaiser leurs douleurs et les guérir : ceux qui en ont l’art en font des compositions agréables, et des onctions qui rendent la santé ; et ils diversifient leurs confections en mille manières.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par eux ; par des médicaments. Voir la note précédente. ― Et ses ouvrages, etc. Comme il y a toujours de nouvelles maladies, les médecins ont toujours des médicaments à employer.

Car la paix et la bénédiction de Dieu s’étend sur toute la terre.

Mon fils, ne vous méprisez pas vous-même dans votre infirmité ; mais priez le Seigneur, et lui-même vous guérira.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 38, 3.

Détournez-vous du péché, redressez vos mains, et purifiez votre cœur de toutes ses fautes.

Offrez à Dieu un encens de bonne odeur, et de la fleur de farine en mémoire de votre sacrifice, et que votre offrande soit grasse et parfaite, et recevez le médecin ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un souvenir de fleur de farine. Voir Lévitique, 2, vv. 2, 16. ― Engraisse l’oblation ; que ta victime soit grasse, parfaite.

Car c’est le Seigneur qui l’a créé ; et qu’il ne vous quitte point parce que son art est nécessaire.

Il viendra un temps que vous tomberez entre les mains des médecins ;

Et ils prieront eux-mêmes le Seigneur, afin qu’il les conduise, à cause de leur bonne vie, au soulagement et à la santé qu’ils vous veulent procurer.

L’homme qui pèche aux yeux de celui qui l’a créé tombera entre les mains du médecin.

Mon fils, répandez vos larmes sur un mort, et pleurez comme un homme qui a reçu une grande plaie ; ensevelissez son corps selon la coutume, et ne négligez pas sa sépulture.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Commence à pleurer. Le grec signifie proprement ces lamentations solennelles qu’on faisait en mémoire du mort et dans lesquelles on récitait ses louanges et ses bienfaits. ― La coutume ; c’est le sens qu’a ici comme en plusieurs autres endroits le mot judicium de la Vulgate. ― Couvre son corps. L’usage des Juifs était d’envelopper le corps des morts avec des bandelettes et des suaires, comme on le voit dans l’Evangile (voir Luc, 24, 12 ; Jean, 11, 44 ; 19, 40).

Faites un grand deuil pendant un jour, dans l’amertume de votre âme, pour ne pas donner sujet de mal parler de vous ; mais ne soyez pas inconsolable dans votre tristesse :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A cause de la délation ; c’est-à-dire des murmures et du scandale qui auraient eu lieu, si tu ne donnais pas des marques de ta douleur. ― Mais console-toi, etc. L’auteur condamne ici deux excès : le premier, de ne pas pleurer ; le second, de pleurer inconsolablement et sans fin.

Faites ce deuil selon le mérite de la personne, un jour ou deux, pour ne point donner lieu à la médisance :

Car la tristesse conduit à la mort, elle accable toute la vigueur, et l’abattement du cœur fait baisser la tête.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Proverbes, 17, 22. ― La tristesse, etc. Comparer à Proverbes, 15, 13 ; 17, 22.

La tristesse s’entretient dans la solitude ; et la vie du pauvre est telle qu’est son cœur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La vie ; telle est ici la signification du mot substantia, expliqué par le texte grec et la version Sixtine. ― Selon son cœur ; c’est-à-dire que si le cœur du pauvre est livré à la douleur, au découragement, sa vie ne pourra être que très malheureuse ; si, au contraire, son cœur est dans la pauvreté, patient et tranquille, sa vie sera bien moins dure et bien moins tourmentée.

N’abandonnez point votre cœur à la tristesse, mais éloignez-la de vous ; souvenez-vous de votre dernière fin,

Et ne l’oubliez pas ; car après cela il n’y a point de retour : vous ne servirez de rien au mort en vous affligeant, et vous vous ferez à vous-même un très-grand mal.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il n’est pas de retour de la mort à la vie.

Souvenez-vous du jugement de Dieu sur moi : car le votre viendra de même. Hier à moi, aujourd’hui à vous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Souviens-toi, etc. Le sage, pour faire plus d’impression sur son disciple, fait parler un mort. ― De mon jugement ; du jugement que Dieu vient d’exercer sur moi, en me retirant de ce monde.

Que la paix où le défunt est entré apaise en vous le regret que vous avez de sa mort, et consolez-vous de ce que son esprit s’est séparé de son corps.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Rois, 12, 21. ― Dans le repos, etc. ; c’est-à-dire ne te tourmente pas au sujet d’un mort ; il est en repos, et console-le au moment où son esprit sort de son corps.

Le docteur de la loi deviendra sage au temps de son repos, et celui qui s’agite peu acquerra la sagesse.

Comment se pourrait remplir de sagesse un homme qui mène une charrue, qui prend plaisir à tenir à la main l’aiguillon dont il pique les bœufs, qui les fait travailler sans cesse, et qui ne s’entretient que de jeunes bœufs et de taureaux ?

Il applique tout son cœur à remuer la terre et à tracer des sillons, et toutes ses veilles à engraisser des génisses.

Ainsi le charpentier et l’architecte passe à son travail les jours et les nuits ; ainsi celui qui grave les cachets diversifie ses figures par un long travail : son cœur s’applique tout entier à imiter la peinture, et par ses veilles il achève son ouvrage.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ouvrier en bois. Le terme latin faber veut dire celui qui travaille les corps durs en général la pierre, le bois, les métaux ; mais, dans ce passage, il paraît signifier ouvrier en bois, comme le charpentier, le menuisier, etc., parce qu’il est mis en opposition avec ouvrier en fer (faber ferrarius) du verset suivant.

Ainsi celui qui travaille sur le fer s’assied près de l’enclume, et considère le fer qu’il met en œuvre : la vapeur du feu lui dessèche la chair, et il ne se lasse point de souffrir l’ardeur de la fournaise.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Assis près de l’enclume. Anciennement les maréchaux travaillaient assis d’une manière très pénible autour de leur forge ou de leur enclume, et maniaient ainsi leur soufflet, qui n’était pas attaché au foyer de la forge : ce qui, suivant les relations des voyageurs, se pratique encore aujourd’hui en Orient, où les orfèvres eux-mêmes travaillent assis devant leurs creusets, placés au milieu de leur boutique, par terre et sans cheminée.

Son oreille est frappée sans cesse du bruit des marteaux, et son œil attentif à la forme qu’il veut donner à ce qu’il fait.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Se renouvelle à son oreille ; littéralement, et par une figure assez usitée dans le style biblique, renouvelle son oreille. ― L’objet, etc. ; littéralement la représentation d’un vase. Ce dernier mot a en latin un sens très étendu, ainsi, il se prend pour meuble, instrument, outil, vase, bagage, etc.

Son cœur s’applique tout entier à achever son ouvrage : il l’embellit par ses veilles, et le rend parfait.

Ainsi le potier s’assied près de son argile, il tourne la roue avec ses pieds, il est dans un soin continuel pour son ouvrage, et il ne fait rien qu’avec art et avec mesure.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Avec ses pieds. Une des manières les plus communes de fabriquer la poterie consistait à tourner avec le pied la roue sur laquelle était placée la terre et que le potier assis modelait avec ses mains. Les potiers en Orient travaillent encore aujourd’hui de cette manière.

Son bras donne la forme qu’il veut à l’argile, après qu’il l’a remuée et rendue flexible avec ses pieds.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Devant ses pieds, etc. ; c’est-à-dire il se courbera en avant péniblement.

Son cœur s’applique tout entier à donner la dernière perfection à son ouvrage en le vernissant, et il a grand soin que son fourneau soit bien net.

Toutes ces personnes espèrent en l’industrie de leurs mains, et chacun est sage dans son art.

Sans eux nulle ville ne serait ni bâtie, ni habitée, ni fréquentée.

Mais ils n’entreront point dans les assemblées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au cœur de la ville ; mots qui nous ont paru sous-entendus, comme à Corneille de La Pierre, à Ménochius, etc. ― Ils n’habiteront pas, etc. ; à cause du bruit que les ouvriers et les artisans devaient nécessairement faire avec leurs machines et leurs instruments de travail. ― Ils ne s’y promèneront pas, comme les gens qui n’ont pas d’occupations. ― L’assemblée des grands, tels que les magistrats, les docteurs, les prêtres, etc.

Ils ne seront point assis sur les sièges des juges, ils n’auront point l’intelligence des lois sur lesquelles se forment les jugements, ils ne publieront point les instructions ni les règles de la vie, ils ne trouveront point l’éclaircissement des paraboles ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Occupés aux paraboles ; soit pour en chercher le sens, soit pour les expliquer aux pauvres.

Mais ils ne maintiennent l’état de ce monde qu’en entretenant ce qui passe avec le temps ; ils prient en travaillant aux ouvrages de leur art, ils y appliquent leur âme, et ils cherchent d’y vivre selon la loi du Très-Haut.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils affermiront, etc. ; c’est-à-dire qu’ils maintiendront les choses de ce monde, en réparant celles qui se détériorent, et en remplaçant, par de nouvelles, celles qu’un long usage détruit ; mais en travaillant ainsi aux ouvrages de leur art, ils prieront Dieu, etc.