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Ecclésiastique 24
La sagesse se louera elle-même, elle s’honorera en Dieu, et elle se glorifiera au milieu de son peuple ;
Elle ouvrira sa bouche dans les assemblées du Très-Haut, et elle se glorifiera devant les armées du Seigneur ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les assemblées du Très-Haut ; les assemblées, les réunions des fidèles. ― De sa puissance (virtutis illius) ; de sa majesté ; ou, selon d’autres, de son armée céleste. Le mot virtus s’emploie souvent, en effet, dans l’Ecriture pour armée.
Elle sera élevée au milieu de son peuple ; et elle sera admirée dans l’assemblée de tous les saints ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’assemblée entière sainte ; l’assemblée de tous les saints ; littéralement la plénitude, l’intégrité sainte.
Elle recevra des louanges parmi la multitude des élus, et sera bénie de ceux qui seront bénis de Dieu. Elle dira :
Je suis sortie de la bouche du Très-Haut, je suis née avant toute créature ;
C’est moi qui ai fait naître dans le ciel une lumière qui ne s’éteindra jamais, et qui ai couvert toute la terre comme d’un nuage ;
J’ai habité dans les lieux très-hauts, et mon trône est dans une colonne de nuée.
J’ai fait seule tout le tour du ciel, j’ai pénétré la profondeur des abîmes, j’ai marché sur les flots de la mer,
Et j’ai parcouru toute la terre ;
J’ai eu l’empire sur tous les peuples et sur toutes les nations ;
J’ai foulé aux pieds par ma puissance les cœurs de tous les hommes grands et petits ; et parmi toutes ces choses j’ai cherché un lieu de repos et une demeure dans l’héritage du Seigneur.
Alors le Créateur de l’univers m’a parlé, et m’a fait connaître sa volonté : celui qui m’a créée a reposé dans mon tabernacle.
Et il m’a dit : Habitez dans Jacob, qu’Israël soit votre héritage, et prenez racine dans mes élus.
J’ai été créée dès le commencement et avant les siècles, je ne cesserai point d’être dans la suite de tous les âges ; et j’ai exercé devant lui mon ministère dans la maison sainte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Proverbes, 8, 22. ― Dans l’habitation sainte, etc. La sagesse éternelle présidait au ministère sacré au milieu d’Israël ; et dans la plénitude des temps, s’étant incarnée, elle a exercé son ministère au milieu de ce même peuple.
J’ai été ainsi affermie dans Sion, j’ai trouvé mon repos dans la cité sainte, et ma puissance est établie dans Jérusalem.
J’ai pris racine dans le peuple que le Seigneur a honoré, dont l’héritage est le partage de mon Dieu, et j’ai établi ma demeure dans l’assemblée de tous les saints.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans le peuple, etc. Voir Ecclésiastique, 17, 14-15.
Je me suis élevée comme les cèdres du Liban, et comme les cyprès de la montagne de Sion ;
J’ai poussé mes branches en haut comme les palmiers de Cadès, et comme les plants des rosiers de ; Jéricho.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A Cadès. Voir Nombres, note 20.1. Plusieurs textes grecs portent Engaddi, ville située à l’ouest de la mer Morte, dans le désert de Juda, et c’est probablement le nom que portait le texte original. ― Des rosiers à Jéricho. Il n’est pas question de la plante connue sous le nom de rose de Jéricho et qui se rouvre, quand on la plonge dans l’eau. Il s’agit d’une plante dont on ne saurait déterminer la nature, car le rosier proprement dit n’est pas nommé dans l’Ancien Testament.
Je me suis élevée comme un bel olivier dans la campagne, et comme le platane qui est planté dans un grand chemin sur le bord des eaux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le platane atteint en Orient des proportions colossales.
J’ai répandu une senteur de parfum comme la cannelle et le baume le plus précieux, et une odeur comme celle de la myrrhe la plus excellente ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le cinnamome ; la cannelle. ― Le baume jouissait d’une réputation extraordinaire. Celui de Judée était le plus célèbre. L’arbre qui le produisait en a complètement disparu.
J’ai parfumé ma demeure comme le storax, le galbanum, l’onyx, la myrrhe, comme la goutte d’encens tombée d’elle-même, et mon odeur est comme celle d’un baume très-pur et sans mélange.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le stacté ; ainsi porte le texte grec ; littéralement goutte (gutta) c’est-à-dire larme ; se dit du suc qui coule de plusieurs plantes, soit naturellement, soit quand on y fait une incision. ― Le Liban ; c’est-à-dire l’oliban.
J’ai étendu mes branches comme un térébinthe, et mes branches sont des branches d’honneur et de grâce.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Comme un térébinthe. Le térébinthe est un des arbres les plus grands et les plus beaux de Palestine.
J’ai poussé des fleurs d’une agréable odeur comme la vigne ; et mes fleurs sont des fruits de gloire et d’abondance.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De richesse ; ou d’abondance.
Je suis la mère du pur amour, de la crainte, de la science, et de l’espérance sainte.
En moi est toute la grâce de la voie et de la vérité ; en moi est toute l’espérance de la vie et de la vertu.
Venez à moi vous tous qui me désirez avec ardeur, et remplissez-vous des fruits que je porte ;
Car mon esprit est plus doux que le miel, et mon héritage surpasse en douceur le miel le plus excellent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le miel et le rayon ; pour le rayon de miel ; figure grammaticale dont la Bible fournit un certain nombre d’exemples.
La mémoire de mon nom passera dans la suite de tous les siècles.
Ceux qui me mangent auront encore faim, et ceux qui me boivent auront encore soif.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 6, 35. ― Ceux qui me mangent, etc. La sagesse, considérée comme nourriture, quelque succulente, quelque solide qu’elle soit, loin de fatiguer l’estomac, laisse toujours un goût et un appétit nouveaux.
Celui qui m’écoute ne sera point confondu, et ceux qui agissent par moi ne pécheront point.
Ceux qui me trouvent auront la vie éternelle.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui m’éclaircissent ; qui me font connaître, qui m’enseignent aux autres. Comparer à Daniel, 12, 3.
Tout ceci est le livre de vie, l’alliance du Très-Haut, et la connaissance de la vérité.
Moïse nous a donné la loi avec les préceptes de la justice, la loi qui contient l’héritage de la maison de Jacob, et les promesses faites à Israël.
Le Seigneur a promis à David son serviteur de faire sortir de lui le roi le plus puissant, qui doit être éternellement assis sur un trône de gloire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un roi très puissant ; Salomon ; mais, dans un sens plus relevé, Jésus-Christ, dont Salomon était la figure. Jésus-Christ, né de David selon la chair, dont le règne est éternel et la sagesse infinie.
Qui répand la sagesse comme le Phison répand ses eaux, et comme le Tigre dans le temps des nouveaux fruits.
Qui répand l’intelligence comme l’Euphrate, qui se déborde comme le Jourdain pendant la moisson.
Commentaire (versets 35 à 36) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 35 à 36 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Le Phison, le Tigre, l’Euphrate, fleuves du paradis terrestre. Le Tigre arrosait Ninive, l’Euphrate, Babylone. Ces deux derniers fleuves grossissent considérablement aux jours des nouveaux fruits, c’est-à-dire au mois de mars. Le Jourdain grossit aussi au temps de la moisson, voir Josué, 3, 15, parce que c’est alors que les neiges de l’Hermon fondent en plus grande abondance.
Qui fait rejaillir la science comme la lumière, et qui multiplie ses eaux comme le Gehon pendant la vendange.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Comme la lumière. Le texte original devait porter Yehor, mot par lequel la langue hébraïque désignait le Nil. Le contexte réclame ici un nom de fleuve. L’inondation du Nil se produit au jour de la vendange, en septembre et octobre. ― Le Géhon est le quatrième fleuve du paradis terrestre.
C’est lui qui le premier a connu la sagesse parfaitement, et elle est impénétrable aux âmes faibles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’a parfaitement connue (c’est-à-dire la sagesse), littéralement a perfectionné de la connaître. Voir sur cet hébraïsme le 2° à la fin des Observations préliminaires des Psaumes.
Car ses pensées sont plus vastes que la mer, et ses conseils plus profonds que le grand abîme.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Plus que. C’est par un hébraïsme encore que l’a ab de la Vulgate, et l’apo des Septante signifie plus que, ici, comme en bien d’autres passages.
Je suis la sagesse qui ai fait couler de moi des fleuves.
Je suis sortie du paradis comme le ruisseau de l’eau immense d’un fleuve, comme l’écoulement d’une rivière, et comme le canal qui conduit ses eaux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Allusion aux quatre fleuves du paradis terrestre. ― Un aqueduc amenait à Jérusalem les eaux provenant de la Fontaine Scellée. Voir Cantique, 4, 12.
J’ai dit : J’arroserai les plants de mon jardin, et je rassasierai d’eau le fruit de mon pré.
Mon canal est devenu un grand fleuve, et mon fleuve est devenu une mer ;
La lumière de la science que je répandrai sur tout le monde sera comme la lumière du matin, et je la ferai passer dans la suite des siècles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jusqu’au loin (usque ad longinquum) ; expression qui, comme dans le texte grec, peut s’entendre des temps et des lieux.
Je pénétrerai jusqu’au plus profond de la terre, je lancerai mes regards sur tous ceux qui dorment, et j’éclairerai tous ceux qui espèrent au Seigneur.
Je répandrai encore une doctrine comme celle des prophètes, je la laisserai à ceux qui recherchent la sagesse, et je ne cesserai point de leur être présente de race en race jusqu’au siècle saint.
Considérez que je n’ai point travaillé pour moi seule, mais pour tous ceux qui recherchent la vérité.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pour moi seul. C’est l’auteur qui parle ici, comme plus bas, voir Ecclésiastique, 33, 18 ; dans les deux endroits, le texte grec porte seul au masculin.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son âme ; c’est-à-dire soi, elle-même.