Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Ecclésiastique 19
L’ouvrier sujet au vin ne deviendra jamais riche ; et celui qui néglige les petites choses tombe peu à peu.
Le vin et les femmes font tomber les sages mêmes, et jettent dans l’opprobre les hommes sensés.
Celui qui se joint aux femmes prostituées perdra toute honte ; il sera la pâture de la pourriture et des vers ; il deviendra un grand exemple, et son âme sera retranchée du nombre des vivants.
Celui qui est trop crédule est léger de cœur ; il en souffrira de la perte, et il sera de plus considéré comme péchant contre son âme.
Celui qui aime l’iniquité sera déshonoré ; celui qui hait les réprimandes en vivra moins ; et celui qui hait le trop parler éteindra le mal.
Celui qui pèche contre son âme s’en repentira ; et celui qui met sa joie dans la malice sera déshonoré.
Ne rapportez point une parole maligne et offensante, et vous n’en souffrirez point de mal.
Ne dites vos pensées ni à votre ami ni à votre ennemi ; et si vous avez commis un péché, ne le leur découvrez point :
Car celui à qui vous le direz vous écoutera et vous observera, et, faisant semblant d’excuser votre faute, il vous haïra, et il sera toujours prêt à vous nuire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Auprès de toi pour te nuire.
Avez-vous entendu une parole contre votre prochain ; faites-la mourir au dedans de vous, et assurez-vous qu’elle ne vous fera point mourir.
L’insensé se presse d’enfanter une parole qu’il a entendue, comme une femme qui est en travail.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pour une parole ; ou à cause d’une parole ; littéralement et par hébraïsme, à la face d’une parole. ― L’insensé, etc. Le sens de cette phrase, extrêmement concise dans la Vulgate, est que l’insensé à qui on a confié une parole n’a pas de repos jusqu’à ce qu’il l’ait dévoilée, comme la femme en travail n’en a que lorsqu’elle a mis un enfant au jour.
La parole ouïe est dans le cœur de l’insensé comme une flèche qui perce la cuisse.
Reprenez votre ami, de peur qu’il n’ait point su ce qu’on disait de lui, et qu’il ne vous dise : Je ne l’ai point fait ; ou, s’il l’a fait, afin qu’il ne le fasse plus à l’avenir.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qu’il n’ait pas compris ce dont on l’accusait. Comparer à Lévitique, 19, 17 ; Matthieu, 18, 15 ; Luc, 17, 3.
Reprenez votre ami sur ce qu’on l’accuse d’avoir dit, parce que peut-être il ne l’a point dit ; ou, s’il l’a dit, afin qu’il ne le dise plus.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qu’il ne l’ait pas dit ; c’est-à-dire qu’il n’ait pas tenu le propos qu’on lui prêtait ; même concision de style que dans le verset précédent.
Reprenez votre ami, parce qu’on fait souvent de faux rapports ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un conflit (commissio) ; selon d’autres, conformément au texte grec, fausse accusation, délation, calomnie. Voir Ecclésiastique, 18, 32.
Et ne croyez pas tout ce qui se dit. Tel pèche de la langue, qui ne pèche point du cœur.
Car qui est celui qui ne pèche point de la langue ? Reprenez votre ami avant que d’user de paroles rudes,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Quel est, etc. Comparer à Jacques, 3, 8. ― Reprends, etc. Comparer à Galates, 6, 1.
Et donnez lieu à la crainte du Très-Haut ; car la crainte de Dieu est la souveraine sagesse : c’est elle qui apprend à craindre Dieu, et elle consiste toute à exécuter ses lois.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Donne une place. Dans le style de l’auteur, donner, faire une place, signifie avoir de l’estime et du respect. ― La disposition ; ou, selon le grec, l’exécution, l’accomplissement.
L’art de faire le mal avec adresse n’est pas sagesse, et la conduite des méchants n’est point prudence.
Il y a une malice ingénieuse qui est exécrable, et il y a une stupidité qui n’est qu’un défaut de sagesse.
Un homme qui a peu de sagesse et qui manque de sens, mais qui a la crainte de Dieu, vaut mieux que celui qui a un grand sens, et qui viole la loi du Très-Haut.
Il y a une adresse qui ne manque point le but, mais elle est injuste ;
Et il y en a qui usent de paroles de bon sens et qui ne disent que la vérité. Tel s’humilie malicieusement, dont le fond du cœur est plein de tromperie :
Tel se soumet jusqu’à l’excès avec une profonde humiliation ; tel baisse le visage, et fait semblant de n’avoir pas vu ce qui est secret ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce qui a été ignoré ; c’est-à-dire ce qui n’a pas été aperçu par d’autres ou que d’autres ont voulu tenir secret ; feinte qui a uniquement pour but d’empêcher qu’on ne se méfie de lui.
Mais si sa faiblesse l’empêche de pécher, il ne laissera pas de faire le mal lorsqu’il en aura trouvé l’occasion.
On connait une personne à la vue, et on discerne à l’air du visage l’homme de bon sens.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A la rencontre du visage (ab occursu faciei) ; le grec porte ainsi. Tout en paraphrasant un peu le texte, la version anglaise catholique semble en avoir bien rendu le sens par : et un homme sage, quand tu le rencontres, est connu à sa mine.
Le vêtement du corps, le ris des dents, et la démarche de l’homme, font connaître quel il est.
Il y a une fausse réprimande qui naît de la colère d’un homme insolent ; il y a un jugement qui se trouve n’être pas juste ; et tel se tait, qui le fait par prudence.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 19, 33 ; 3 Rois, 11, 1.