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Ecclésiastique 45

Moïse a été aimé de Dieu et des hommes, et sa mémoire est en bénédiction.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 11, 3.

Le Seigneur lui a donné une gloire égale à celle des saints, il l’a rendu grand et redoutable à ses ennemis, il a lui-même apaisé les monstres par ses paroles.

Il l’a élevé en honneur devant les rois, il lui a prescrit ses ordonnances devant son peuple, et lui a fait voir sa gloire.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 6, 7-8.

Il l’a sanctifié dans sa foi et dans sa douceur, et l’a choisi d’entre tous les hommes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 12, vv. 3, 7 ; Hébreux, 3, vv. 2, 5. ― Toute chair ; hébraïsme pour tous les hommes.

Car Dieu l’a écouté, et a entendu sa voix, et il l’a fait entrer dans la nuée.

Il lui a donné ses préceptes devant tout son peuple, et la loi de vie et de science pour apprendre son alliance à Jacob, et ses ordonnances à Israël.

Il a élevé son frère Aaron, qui lui était semblable, et de la tribu de Lévi :

Il a fait avec lui une alliance éternelle, il lui a donné le sacerdoce de son peuple, il l’a comblé de bonheur et de gloire ;

Il l’a ceint d’une ceinture d’honneur, il l’a revêtu d’une robe de gloire, et il l’a couronné de tout cet appareil plein de majesté.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il l’a ceint, etc. Voir sur les vêtements du grand-prêtre, Exode, chapitre 28. ― Précieux ; littéralement de vertu (virtutis) ; de qualité, de mérite, d’un grand prix.

Il lui donna la robe qui descendait jusqu’en bas, la tunique, et l’éphod ; et il mit tout autour de sa robe un grand nombre de sonnettes d’or,

Afin qu’il fit du bruit en marchant, et que ce son qui retentissait dans le temple fût un avertissement pour les enfants de son peuple.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 28, 35.

Il lui donna un vêtement saint tissu d’or, d’hyacinthe, et de pourpre, par un homme sage, plein de jugement et de vérité :

Cet ouvrage était fait avec grand art, de fil retors d’écarlate, et il y avait douze pierres précieuses enchâssées dans l’or, taillées et gravées par un excellent lapidaire, pour lui remettre en mémoire les douze tribus d’Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Description du rational, sur lequel étaient gravés les noms des douze tribus.

Il avait une couronne d’or sur sa mitre, où était gravé le nom de la sainteté, et la gloire souveraine ; et cet ornement était plein de majesté, et plaisait aux yeux en se faisant respecter,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Marquée, etc. ; sur laquelle était gravé le mot sainteté (voir Exode, 28, 36). ― La gloire de l’honneur ; c’est-à-dire une très grande gloire. En hébreu deux mots de même signification étant réunis forment un superlatif. Voir le 1° au milieu des Observations préliminaires des Psaumes. ― Précieux ; littéralement de vertu. Voir le verset 9. ― Objet, etc. ; littéralement désirs ornés des yeux.

Il n’y eut jamais avant lui un vêtement si magnifique depuis le commencement du monde.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jusqu’à l’origine ; c’est-à-dire en remontant jusqu’à l’origine, depuis l’origine du monde.

Nul étranger n’a été revêtu de cette robe, mais ses fils seulement, et les enfants de ses fils dans la suite de tous les âges.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Non ; c’est-à-dire des vêtements dont il vient d’être parlé. Le mot illa de la Vulgate représente, non l’ablatif singulier féminin, mais l’accusatif pluriel neutre ; ce qui devient évident par la confrontation du texte grec.

Ses sacrifices ont été tous les jours consumés par le feu.

Moïse lui a sacré les mains, et l’a oint de l’huile sainte.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Lévitique, 8, 12. ― Lui a rempli, etc. ; en lui mettant dans les mains les instruments de son ministère, et les parties des victimes qui lui appartenaient ; ce qui était une partie de la cérémonie usitée pour la consécration des prêtres. De là vient que la Vulgate, à l’exemple des Septante, met ailleurs consacrer les mains, au lieu de remplir les mains, qui se trouve constamment dans l’hébreu.

Dieu a fait avec lui, et avec sa race, une alliance éternelle, qui durera autant que les jours du ciel, pour exercer les fonctions du sacerdoce, pour chanter les louanges du Seigneur, et annoncer en son nom sa gloire à son peuple.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bénir solennellement ; vrai sens de glorificare dans ce passage. Le grec et la version Sixtine portent également bénir.

Il l’a choisi entre tous les vivants, pour offrir à Dieu les sacrifices, l’encens, et la bonne odeur, afin qu’il se souvînt de son peuple, et qu’il lui fût favorable.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La bonne odeur ; les parfums.

Il lui donna le pouvoir de publier ses préceptes, ses volontés, et son alliance, pour apprendre ses ordonnances à Jacob, et pour donner à Israël la lumière et l’intelligence de sa loi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pouvoir sur, etc. ; le pouvoir, l’autorité d’interpréter et d’enseigner, etc. ― Ses témoignages ; ses commandements, sa loi. Voir sur le sens de témoignage, Psaumes, note 118.1. ― La lumière ; l’intelligence.

Les étrangers se sont soulevés contre lui, et ceux qui suivaient Dathan et Abiron, et la faction furieuse de Coré, sont venus fondre sur lui dans le désert par un mouvement d’envie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 16, vv. 1, 3. ― Ainsi que la troupe, etc. ; est un des sujets ou nominatifs de ont environné.

Le Seigneur Dieu les vit, et ce dessein ne lui plut pas, et ils furent tous consumés par l’impétuosité de sa colère.

Il les punit d’une manière inouïe, et la flamme du feu les dévora.

Il augmenta encore la gloire d’Aaron, il lui donna un héritage particulier, et voulut que les prémices des fruits de la terre fussent son partage.

Il prépara à ses enfants une nourriture abondante dans les prémices ; car ils doivent manger des sacrifices du Seigneur, qui lui ont été donnés et à sa race.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Leur ; c’est-à-dire aux enfants d’Aaron. ― En premier lieu (in primis) ; avant tout, principalement ; selon d’autres, dans les prémices ; mais le grec et la version Sixtine lisent comme la Vulgate, et non pas dans les prémices (in primitiis), comme au verset précédent. ― Jusqu’à satiété ; c’est-à-dire très abondamment.

Mais il ne doit point hériter de la terre des nations ; il n’a point de partage dans leur pays, parce que le Seigneur est lui-même sa part, et son héritage.

Phinéès, fils d’Éléazar, est le troisième en gloire ; il imita Aaron dans la crainte du Seigneur,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 25, 7 ; 1 Machabées, 2, vv. 26, 54.

Il demeura ferme dans la chute honteuse de son peuple ; et il apaisa la colère de Dieu contre Israël par sa bonté et par son zèle.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En demeurant ; littéralement demeurer (stare). Cet infinitif, qui se trouve également dans les Septante est un hébraïsme ; car en hébreu l’infinitif remplace assez souvent les autres modes du verbe. ― Révérait (in reverentia) ; selon le grec, se détournait du Seigneur pour se livrer à l’idolâtrie et au libertinage. Voir Nombres, 25, 1-3.

C’est pourquoi Dieu a fait avec lui une alliance de paix, et il lui a donné la principauté des choses saintes et de son peuple, afin que lui et sa race possèdent pour jamais la dignité du sacerdoce.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dieu a fait alliance, etc. ; allusion aux paroles que Dieu fit adresser à Phinées pour sa conduite courageuse (voir Nombres, 25, 12).

Dieu a fait aussi alliance avec le roi David, fils de Jessé, de la tribu de Juda, et l’a rendu héritier du royaume, lui et sa race, pour répandre la sagesse dans nos cœurs, pour juger son peuple dans la justice, afin que les biens qu’il leur avait donnés ne périssent point ; et il a rendu leur gloire éternelle dans la suite de leur postérité.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pour juger. L’infinitif judicare est mis ici, comme dans les Septante, par hébraïsme, au lieu de judicandum. Comparer au verset 29. Remarquons que ce membre de phrase, pour juger, etc., est sous la dépendance du précédent, afin de répandre, etc., comme un effet l’est de sa cause.