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Ecclésiastique 11

La sagesse de celui qui est de basse condition l’élèvera en honneur, et le fera seoir au milieu des grands.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La sagesse, etc. Comparer à Genèse, 41, 40 ; Daniel, 6, 3 ; Jean, 7, 18.

Ne louez point un homme pour sa mine avantageuse, et ne le méprisez point parce qu’il paraît peu de chose.

L’abeille est petite entre les animaux qui volent, et néanmoins son fruit l’emporte sur ce qu’il y a de plus doux.

Ne vous glorifiez point de vos vêtements, et ne vous élevez point au jour que vous serez en honneur ; car il n’y a que le Très-Haut dont les ouvrages soient admirables et dignes de gloire, et ils sont cachés et inconnus aux hommes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 12, 21-22.

Beaucoup de tyrans ont été sur le trône ; et tel a porté le diadème, auquel on n’aurait jamais pensé.

Beaucoup de puissants princes ont été entièrement ruinés ; et ceux qui étaient dans la gloire ont été livrés entre les mains des autres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Rois, 15, 28 ; Esther, 6, 7.

Ne blâmez personne avant que de vous être bien informé ; et quand vous l’aurez fait, reprenez-le avec équité.

Ne répondez point avant que d’avoir écouté, et n’interrompez point une personne au milieu de son discours.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Proverbes, 18, 13.

Ne disputez point des choses qui ne vous regardent point ; et ne vous asseyez point pour juger avec les méchants.

Mon fils, ne vous engagez pas dans une multiplicité d’actions ; car si vous entreprenez beaucoup d’affaires, vous ne serez pas exempt de faute. Si vous les suivez toutes, vous ne pourrez y suffire ; et si vous allez au-devant, vous en serez entièrement accablé.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Timothée, 6, 9.

Tel travaille et se hâte, et souffre beaucoup ; mais étant sans piété, plus il travaille, moins il s’enrichit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ecclésiaste, 4, 8.

Tel est sans vigueur, dans un besoin d’être aidé en toutes choses, dans la défaillance et dans une extrême pauvreté ;

Et cependant l’œil de Dieu regarde cet homme favorablement, le tire de son humiliation, l’élève en honneur ; et plusieurs le voyant en sont surpris, et en rendent gloire à Dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Job, 42, 10. ― En bien (in bono) ; c’est-à-dire favorablement.

Les biens et les maux, la vie et la mort, la pauvreté et les richesses viennent de Dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Job, 1, 21 ; 2, 10.

C’est en Dieu que se trouve la sagesse, le règlement de la vie, et la science de la loi. La charité et les bonnes œuvres ont leur source en lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sont en Dieu ; comme dans leur source.

L’erreur et les ténèbres sont créées avec les pécheurs ; et ceux qui se glorifient dans le mal vieilliront dans le péché.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ont été créées avec les pécheurs ; c’est-à-dire sont une suite du péché originel et des facultés naturellement limitées de l’homme.

Le don de Dieu demeure ferme dans les justes, et leur progrès dans le bien se termine à un bonheur éternel.

Tel s’enrichit par sa grande épargne, et toute la récompense qu’il en tire est

De pouvoir dire : J’ai trouvé moyen de me mettre en repos ; je mangerai maintenant mon bien tout seul :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Luc, 12, 19.

Et il ne considère pas que le temps s’écoule, que la mort s’approche, et qu’en mourant il laissera à d’autres ce qu’il a.

Demeurez ferme dans l’alliance que vous avez faite avec Dieu ; que ce soit toujours votre entretien, et vieillissez dans la pratique de ce qui vous a été commandé.

Ne vous arrêtez point à ce que font les pécheurs ; mettez votre confiance en Dieu, et demeurez ferme dans votre place.

Car il est aisé à Dieu d’enrichir tout d’un coup celui qui est pauvre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

D’enrichir (honestare). Voir Sagesse, 7, 11.

Dieu bénit le juste, et se hâte de le récompenser : il le fait croître, et lui fait porter du fruit en peu de temps.

Ne dites point : Qu’ai-je à faire de me mettre en peine ? qu’ai-je à espérer de bien désormais ?

Ne dites point aussi : Ce que j’ai me suffit ; quel mal ai-je à craindre pour l’avenir ?

Ne perdez pas le souvenir du mal au jour heureux, ni le souvenir du bien au jour malheureux ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ecclésiastique, 18, 25.

Car il est aisé à Dieu de rendre à chacun au jour de sa mort selon ses voies.

Le mal présent fait oublier les plus grands plaisirs, et à la mort de l’homme toutes ses œuvres sont découvertes.

Ne louez aucun homme avant sa mort ; car on connaît un homme par les enfants qu’il laisse après lui.

N’introduisez pas toutes sortes de personnes dans votre maison ; car le trompeur a beaucoup de pièges.

Comme il sort une haleine corrompue de celui qui a l’estomac gâté, comme la perdrix est conduite dans le filet, et le chevreuil dans le piège ; ainsi est le cœur des superbes, et de celui qui est attentif à regarder la chute de son prochain.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le sens de ce verset est que les hommes au cœur superbe ne produisent au dehors rien que de mauvais, et qu’ils attirent les hommes dans la perdition, comme les appeaux appellent et attirent les autres oiseaux. ― Le chasseur se sert d’une perdrix captive pour attirer d’autres perdrix et les prendre.

Car il dresse des embûches en changeant le bien en mal, et il imprime des taches dans les actions les plus pures.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il imprimera une tache ; par ses calomnies. ― Sur les élus ; ou sur les choses d’élite, les choses les meilleures ; le grec est aussi amphibologique que le latin.

Une étincelle seule allume un grand feu, ainsi le trompeur multiplie les meurtres ; et le pécheur dresse des pièges pour répandre le sang.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le sang ; c’est-à-dire l’effusion du sang, le meurtre. ― Au sang ; à la vie.

Gardez-vous de l’homme malicieux, qui est toujours appliqué à faire le mal ; de peur qu’il ne vous rende pour jamais la fable du monde.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De peur, etc. ; se rapportant à garde-toi du corrupteur, nous avons dû insérer entre parenthèses la phrase, car il trame de mauvaises choses, pour éviter l’amphibologie.

Donnez entrée chez vous à l’étranger, et il y excitera un trouble qui vous renversera, et il vous chassera de votre propre maison.