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Ecclésiastique 3

Les enfants de la sagesse forment l’assemblée des justes, et le peuple qu’ils composent n’est qu’obéissance et amour.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Leur nation (natio illorum) ; c’est-à-dire la nation que ces fils de la sagesse composent.

Écoutez, enfants, les avis de votre père ; et suivez-les de telle sorte que vous soyez sauvés.

Car Dieu a rendu le père vénérable aux enfants, et il a affermi sur eux l’autorité de la mère.

Commentaire (versets 2 à 3) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 2 à 3 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Le jugement ; les préceptes, les avis, les conseils. A honoré le père dans les fils ; en voulant que les fils rendent à leur père l’honneur, le respect, l’obéissance, etc., qui lui sont dus. ― Cherchant avec soin (exqui rens) ; ce participe, en vertu d’un hébraïsme, dont nous avons parlé plus haut (voir fin des Observations préliminaires des Psaumes) devient un adverbe qualificatif du verbe suivant il a affermi, en sorte que le sens est : Dieu a affermi le plus soigneusement le jugement de la mère. Ainsi Dieu accorde aussi à la mère l’autorité, la puissance de commander, de réprimer et de punir. D’où il suit que les parents le représentent sur la terre à l’égard des enfants, et qu’ils sont les dépositaires de son autorité supérieure sur eux.

Celui qui aime Dieu obtiendra par ses prières le pardon de ses péchés, il s’empêchera de les commettre à l’avenir, et il sera exaucé dans sa prière de chaque jour.

Celui qui honore sa mère est comme un homme qui amasse un trésor.

Celui qui honore son père trouvera sa joie dans ses enfants, et il sera exaucé au jour de sa prière.

Celui qui honore son père jouira d’une longue vie ; et celui qui lui obéit assistera sa mère.

Celui qui craint le Seigneur honorera son père et sa mère, et il servira comme ses maîtres ceux qui lui ont donné la vie.

Honorez votre père par actions, par paroles, et par toute sorte de patience,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 20, 12 ; Deutéronome, 5, 16 ; Matthieu, 15, 4 ; Marc, 7, 10 ; Ephésiens, 6, 2.

Afin qu’il vous bénisse, et que sa bénédiction demeure sur vous jusqu’à la fin.

La bénédiction du père affermit la maison des enfants ; et la malédiction de la mère la détruit jusqu’aux fondements.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 27, 27 ; 49, 4. ― La bénédiction du père affermit la maison, etc. « Curieuse différence entre le père et la mère ! Comme la tendresse maternelle est toujours prête à bénir l’enfant, quel qu’il soit, Dieu n’a pas voulu attacher la prospérité à toutes les bénédictions de la mère : il l’a réservée aux prières du père, dont l’amour est plus juste et plus éclairé ; mais il n’a pas craint d’attacher la ruine à la malédiction maternelle, bien sûr que l’enfant qui force sa mère à le maudire mérite de périr misérablement. » (SAINT-MARC GIRARDIN.)

Ne vous glorifiez point de ce qui déshonore votre père ; car sa honte n’est pas votre gloire.

Le fils tire sa gloire de l’honneur du père, et un père sans honneur est le déshonneur du fils.

Mon fils, soulagez votre père dans sa vieillesse, et ne l’attristez point durant sa vie.

Que si son esprit s’affaiblit, supportez-le, et ne le méprisez pas à cause de l’avantage que vous avez sur lui ; car la charité dont vous aurez usé envers votre père ne sera pas mise en oubli.

Car Dieu vous récompensera pour avoir supporté les défauts de votre mère ;

Il vous établira dans la justice, il se souviendra de vous au jour de l’affliction, et vos péchés se fondront comme la glace en un jour serein.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans la justice ; selon d’autres, à cause de ta justice. ― Il te sera bâti une maison. Dans le style de l’Ecriture, bâtir une maison à quelqu’un, signifie proprement lui donner des enfants, une famille nombreuse. Comparer à Exode, 1, 21 ; Deutéronome, 25, 9 ; Ruth, 4, 11 ; 1 Rois, 2, 35. ― On se souviendra de toi ; c’est-à-dire Dieu se souviendra.

Combien est infâme celui qui abandonne son père ! et combien est maudit de Dieu celui qui aigrit l’esprit de sa mère !

Mon fils, accomplissez vos œuvres avec douceur, et vous vous attirerez non-seulement l’estime, mais aussi l’amour des hommes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tu seras encore, etc. ; littéralement au-dessus de la gloire des hommes tu seras aimé ; tu t’attireras l’estime des hommes, mais surtout leur amour.

Plus vous êtes grand, plus vous vous humilierez en toutes choses, et vous trouverez grâce devant Dieu ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Philippiens, 2, 3.

Car il n’y a que Dieu dont la puissance soit grande, et il est honoré par les humbles.

Ne cherchez point ce qui est au-dessus de vous, et ne tâchez : point de pénétrer ce qui surpasse vos forces ; mais pensez toujours à ce que Dieu vous a commandé, et n’ayez point la curiosité d’examiner la plupart de ses ouvrages.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Proverbes, 25, 27.

Car vous n’avez pas besoin de voir de vos yeux ce qui est caché.

Ne vous appliquez point avec empressement à la recherche des choses non nécessaires, et n’examinez point avec curiosité les divers ouvrages de Dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De ses ; c’est-à-dire de Dieu, nommé au verset 22.

Car il vous a découvert beaucoup de choses qui étaient au-dessus de l’esprit de l’homme.

Plusieurs se sont laissé séduire à leurs fausses opinions, et l’illusion de leur esprit les a retenus dans la vanité et dans le mensonge.

Le cœur dur sera accablé de maux à la fin de sa vie ; et celui qui aime le péril y périra.

Le cœur qui marche par deux voies ne réussira point, et l’âme corrompue y trouvera un sujet de chute.

Le cœur rebelle sera accablé de douleurs, et le pécheur ajoutera péché sur péché.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Recommencera à pécher ; ou bien péchera encore, de nouveau. Comparer à ce qui a été dit à la fin des Observations préliminaires des Psaumes sur les verbes mis pour des adverbes.

Les superbes assemblés ne se pourront convertir, parce que la tige du péché prendra racine en eux, sans qu’ils le connaissent.

Le cœur du sage paraîtra par sa sagesse, et l’oreille de l’homme de bien écoutera la sagesse avec une extrême ardeur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’oreille bonne ; pour l’oreille de l’homme de bien.

Le cœur sage et intelligent s’abstiendra du péché, et il réussira dans les œuvres de justice.

L’eau éteint le feu lorsqu’il est le plus ardent, et l’aumône résiste au péché :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Daniel, 4, 24.

Dieu qui doit récompenser les bonnes œuvres la considère, et il s’en souvient dans la suite ; et celui qui l’a faite trouvera un appui au temps de sa chute.