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Job 9

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Ce livre est enregistré en un seul fichier : l'écoute couvre ses 42 chapitres d'affilée et ne démarre pas au chapitre affiché.

Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Alors Job prit la parole et dit :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

IIIe discours de Job ; sa réponse à Baldad, chapitres 9 et 10. Comme Job n’a pas dit que Dieu est injuste, toute l’argumentation de Baldad porte à faux, mais elle est blessante pour le juste malheureux à qui l’on affirme que ses souffrances sont méritées. 1° Job répète donc à son tour qu’il sait que Dieu est juste et puissant, chapitre 9, versets 2 à 12. ― 2° Mais il n’en proteste pas moins de son innocence, versets 13 à 24. ― 3° Il n’accuse pourtant pas Dieu d’injustice, parce qu’il est peut-être coupable de quelques fautes, mais il voudrait pouvoir lui répondre, s’il l’accuse, pour se justifier, versets 25 à 35. ― 4° Comment Dieu peut-il en effet l’affliger si sévèrement, lui qui connaît son innocence ? Chapitre, 10, versets 1 à 12. ― 5° Qu’il daigne donc adoucir ses maux avant sa mort, versets 13 à 22.

Je sais bien qu’il en est ainsi : comment l’homme serait-il juste vis-à-vis de Dieu ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les luthériens se servent de ce passage pour établir que nul homme n’a véritablement la justice intérieure devant Dieu. Mais c’est un abus évident qu’il en font ; car ce passage signifie seulement ou que l’homme qui voudra se comparer à Dieu ne pourra être justifié, parce que cette comparaison même est l’effet d’un grand orgueil, et le fait déchoir de la justice qu’il pouvait avoir ; ou que toute la justice de l’homme, étant comparée à celle de Dieu, n’est rien.

S’il voulait contester avec lui, sur mille choses il ne pourrait répondre à une seule.

Dieu est sage en son cœur, et puissant en force : qui lui a résisté, et est demeuré en paix ?

Il transporte les montagnes, sans qu’elles le sachent, il les renverse dans sa colère ;

il secoue la terre sur sa base, et ses colonnes sont ébranlées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui remue la terre, par les tremblements de terre.

Il commande au soleil, et le soleil ne se lève pas ; il met un sceau sur les étoiles.

Seul, il étend les cieux, il marche sur les hauteurs de la mer.

Il a créé la Grande Ourse, Orion, les Pléiades, et les régions du ciel austral.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Arcturus, la constellation de la Grande Ourse.

Il fait des merveilles qu’on ne peut sonder, des prodiges qu’on ne saurait compter.

Voici qu’il passe près de moi, et je ne le vois pas ; il s’éloigne, sans que je l’aperçoive.

S’il ravit une proie, qui s’y opposera, qui lui dira : « Que fais-tu ? »

Dieu ! Rien ne fléchit sa colère ; devant lui s’inclinent les légions d’orgueil.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ceux qui portent l’univers sont les anges que le Créateur a établis pour gouverner et comme pour soutenir le monde par la sagesse de leur conduite, et par la puissance que Dieu a mise pour cet effet entre leurs mains.

Et moi je songerais à lui répondre, à choisir mes paroles pour discuter avec lui !

Aurais-je pour moi la justice, je ne répondrais pas ; j’implorerais la clémence de mon juge.

Même s’il se rendait à mon appel, je ne croirais pas qu’il eût écouté ma voix :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je ne croirais pas, etc., tant je me sens indigne de l’attention d’un Dieu si saint et si élevé, et je ne serais pas assuré que j’ai plus rien à craindre de sa colère.

lui qui me brise comme dans un tourbillon, et multiplie mes blessures sans motif ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sans raison, connue de moi ; car il ne me fait pas connaître la cause pour laquelle il m’envoie tant de maux.

qui ne me laisse point respirer, et me rassasie d’amertume.

S’agit-il de force, voici qu’il est fort, s’agit-il de droit, il dit : « Qui m’assigne ? »

Serais-je irréprochable, ma bouche même me condamnerait ; serais-je innocent, elle me déclarerait pervers.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ma propre bouche, etc., par cela même que je présume de ma justice, et que je me dis innocent, je me rends coupable ; car je manque ainsi au respect dû à sa souveraine majesté.

Innocent ! Je le suis ; je ne tiens pas à l’existence, et la vie m’est à charge.

Il m’importe après tout ; c’est pourquoi j’ai dit : « Il fait périr également le juste et l’impie. »

Si du moins le fléau tuait d’un seul coup ! Hélas ! il se rit des épreuves de l’innocent !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

S’il frappe, etc. Dans son langage oriental et hyperbolique, Job veut dire simplement que les coups de la main de Dieu sont si terribles, et que le danger de tomber dans l’impatience et le murmure et si grand, que tout juste doit plutôt souhaiter la mort, que d’être exposé à une tentation à laquelle il pourrait succomber. Il veut dire encore qu’il traite ses plus fidèles amis avec une rigueur qui semblerait prouver qu’il est indifférent à ce qu’ils souffrent. Il fait comme le chirurgien qui, dans une opération, continue à couper et à trancher les chairs du malade, en paraissant sourd et insensible à ses cris.

La terre est livrée aux mains du méchant, Dieu voile la face de ses juges : si ce n’est pas lui, qui est-ce donc ?

Mes jours sont plus rapides qu’un courrier, ils fuient sans avoir vu le bonheur ;

ils passent comme la barque de jonc, comme l’aigle qui fond sur sa proie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme, etc., c’est-à-dire avec la rapidité des vaisseaux qui portent des fruits. Ces vaisseaux sont très rapides, soit parce qu’on les charge peu, soit parce qu’on abrège le temps de leur traversée le plus possible, afin que les fruits ne se corrompent pas.

Si je dis : « Je veux oublier ma plainte, quitter mon air triste, prendre un air joyeux, »

je tremble pour toutes mes douleurs, je sais que tu ne me tiendras pas pour innocent.

Je serai jugé coupable : pourquoi prendre une peine inutile ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pourquoi ai-je travaillé en vain, en prenant tant de soin d’éviter les moindres péchés, et en me purifiant de ceux dans lesquels je craignais d’être tombé.

Quand je me laverais dans la neige, quand je purifierais mes mains avec le bor,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme. Ni l’hébreu ni le grec ne portent cette particule.

tu me plongerais dans la fange, et mes vêtements m’auraient en horreur.

Dieu n’est pas un homme comme moi, pour que je lui réponde, pour que nous comparaissions ensemble en justice.

Il n’y a pas entre nous d’arbitre qui pose sa main sur nous deux.

Qu’il retire sa verge de dessus moi, que ses terreurs cessent de m’épouvanter :

alors je parlerai sans le craindre ; autrement, je ne suis point à moi-même.