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Job 15
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Crédits
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Alors Éliphaz de Théman prit la parole et dit :
Le sage répond-il par une science vaine ? Se gonfle-t-il la poitrine de vent ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Remplira-t-il, etc. ; c’est-à-dire s’échauffera-t-il par des discours pleins d’une ardeur violente ?
Se défend-il par de futiles propos, par des discours qui ne servent à rien ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui n’est pas égal à toi ; qui est infiniment au-dessus de toi. ― Tu dis ce qui, etc., puisque tu soutiens que Dieu afflige également le juste et le coupable.
Toi, tu détruis même la crainte de Dieu, tu anéantis toute piété envers Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tu as anéanti, etc., en enseignant que ni le bien ni le mal ne reçoivent leur récompense en cette vie (voir Job, 9, 22). ― Et tu as détruit les prières que l’on doit faire devant Dieu, puisque tu refuses toi-même de t’adresser à Dieu pour le prier.
Ta bouche révèle ton iniquité, et tu prends le langage les fourbes.
Ce n’est pas moi, c’est ta bouche qui te condamne, ce sont tes lèvres qui déposent contre toi.
Es-tu né le premier des hommes ? As-tu été enfanté avant les collines ?
As-tu assisté au conseil de Dieu ? As-tu dérobé pour toi seul la sagesse ?
Que sais-tu, que nous ne sachions ? Qu’as-tu appris, qui ne nous soit familier ?
Nous avons aussi parmi nous des cheveux blancs, des vieillards plus riches de jours que ton père.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 18, 8.
Tiens-tu pour peu de chose les consolations de Dieu et les douces paroles que nous t’adressons ?
Où ton cœur t’emporte-t-il, et que signifie ce roulement de tes yeux ?
Quoi ! C’est contre Dieu que tu tournes ta colère, et que de ta bouche tu fais sortir de tels discours ?
Qu’est-ce que l’homme, pour qu’il soit pur, le fils de la femme, pour qu’il soit juste ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qu’il soit sans tache ; c’est-à-dire qu’il se croie sans tache.
Voici que Dieu ne se fie pas même à ses saints, et les cieux ne sont pas purs devant lui :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Job, 4, 18.
combien moins cet être abominable et pervers, l’homme qui boit l’iniquité comme l’eau !
Je vais t’instruire, écoute-moi ; je raconterai ce que j’ai vu,
ce que les sages enseignent, — ils ne le cachent pas, l’ayant appris de leurs pères ;
à eux seuls avait été donné le pays, et parmi eux jamais ne passa l’étranger. —
« Le méchant, durant tous ses jours, est rongé par l’angoisse ; un petit nombre d’années sont réservées à l’oppresseur.
Des bruits effrayants retentissent à ses oreilles ; au sein de la paix, le dévastateur fond sur lui.
Il n’espère pas échapper aux ténèbres, il sent qu’il est guetté pour le glaive.
Il erre pour chercher son pain ; il sait que le jour des ténèbres est prêt, à ses côtés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son pain ; littéralement en hébreu le pain ; mais comme nous l’avons déjà remarqué, l’article déterminatif se met souvent en hébreu pour le pronom possessif. ― Est prêt en sa main, ou à son côté ; hébraïsme, pour est proche.
La détresse et l’angoisse tombent sur lui ; elles l’assaillent comme un roi armé pour le combat.
Car il a levé sa main contre Dieu, il a bravé le Tout-Puissant,
il a couru sur lui le cou raide, sous le dos épais de ses boucliers.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cou inflexible ; littéralement gras, épais. Comparer à Deutéronome, 31, 27 ; 32, 15.
Il avait le visage couvert de graisse, et les flancs chargés d’embonpoint.
Il occupait des villes qui ne sont plus, des maisons qui n’ont plus d’habitants, vouées à devenir des monceaux de pierre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des villes désolées, des maisons désertes ; l’hébreu porte : Des villes qui seront désolées, des maisons qui seront désertes.
Il ne s’enrichira plus, sa fortune ne tiendra pas, ses possessions ne s’étendront plus sur la terre.
Il n’échappera pas aux ténèbres ; la flamme desséchera ses rejetons, et il sera emporté par le souffle de la bouche de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De sa bouche ; c’est-à-dire de la bouche de Dieu, nommé au verset 25. On a pu remarquer que dans plusieurs passages Job sous-entend le mot Dieu.
Qu’il n’espère rien du mensonge, il y sera pris ; le mensonge sera sa récompense.
Elle arrivera avant que ses jours soient pleins, et son rameau ne verdira plus.
Il secouera, comme la vigne, son fruit à peine éclos ; il laissera tomber sa fleur, comme l’olivier.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sa grappe ; sa postérité. Comparer à Job, 1, 18-19.
Car la maison de l’impie est stérile, et le feu dévore la tente du juge corrompu.
Il a conçu le mal, et il enfante le malheur, dans son sein mûrit un fruit de déception. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 7, 15 ; Isaïe, 59, 4. ― Son cœur ; littéralement et selon l’hébreu son ventre, son intérieur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Deuxième discussion, du chapitre 15 au chapitre 21. ― Caractère de la seconde discussion. Ce qui distingue la seconde discussion de la première, c’est que dans celle-ci les amis de Job ne l’ont pas pris directement à partie ; ils ont défendu Dieu lui-même, et ce n’est que par voie de conséquence et sans l’exprimer d’ordinaire formellement qu’ils ont déclaré Job coupable. Désormais, il n’en sera plus de même, ils n’useront plus de réticence. Les discours de Job les forcent en quelque sorte à se démasquer. Par sa dernière réponse, il les a mis dans l’impossibilité de continuer leur tactique, en leur montrant qu’il possédait aussi bien qu’eux la sagesse, et en répétant à Dieu ses plaintes, qui avaient été le point de départ de leurs attaques. ― IIe discours d’Eliphaz, chapitre 15. Eliphaz rentre le premier en lice. Il essaie d’abord de réfuter Job, versets 2 à 19 ; puis il l’attaque, versets 20 à 35. ― I. Réfutation de Job. 1° S’il était vraiment sage, il ne répondrait pas avec tant de passion et n’oublierait pas le respect dû à Dieu, versets 2 à 6. ― 2° Sur quoi s’appuient donc ses prétentions à une si haute sagesse ? Versets 7 à 11. ― 3° Et comment un homme pécheur peut-il oser discuter contre Dieu qui trouve des taches dans ses anges ? Versets 12 à 16. ― 4° Transition. Qu’il écoute donc ce qu’il va lui dire d’après la révélation et la tradition, versets 17 à 19. ― II. Attaque contre Job. ― 5° L’impie n’a pas de repos ; il doit craindre à tout moment la plus terrible ruine, versets 20 à 24, ― 6° parce qu’il a été présomptueux dans la prospérité ; voilà pourquoi elle a un terme et finit d’une manière terrible, versets 25 à 30. ― 7° Les mensonges sur lesquels il se confie ne le protégeront pas, mais lui seront un piège, versets 31 à 35.