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Job 29

Écouter Job en entier

Ce livre est enregistré en un seul fichier : l'écoute couvre ses 42 chapitres d'affilée et ne démarre pas au chapitre affiché.

Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Job reprit encore son discours et dit :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Job prenant encore, etc. Voir Job, 27, 1. ― XIe discours de Job, du chapitre 29 au chapitre 31. ― En décrivant d’une manière si éloquente l’impénétrabilité de la sagesse divine, Job a montré à ses amis combien il était téméraire de leur part de vouloir assigner les raisons pour lesquelles Dieu le faisait souffrir. Comme ils ne lui répondent rien, Job commence un long discours, divisé en trois parties : ― I. il décrit sa félicité passée, qu’il ne peut se rappeler sans douleur dans son état présent ; ― II. il décrit ensuite ses douleurs actuelles ; ― III. enfin il dit combien elles sont pour lui inexplicables, parce qu’il n’a pas conscience de les avoir méritées par ses péchés. Ce discours est moins une continuation de la discussion qu’une récapitulation méthodique et complète de ce qu’il avait avancé déjà : ― 1° qu’il n’a pas mérité son malheur et ― 2° qu’il en ignore la cause. ― Ire partie : Félicite passée, chapitre 29. ― 1° Souvenirs mélancoliques du bonheur, des honneurs et de la considération dont il a autrefois joui, versets 2 à 11. ― 2° La considération dont il jouissait était méritée par son zèle à défendre les droits de l’opprimé ; c’est pourquoi il croyait pouvoir compter sur la stabilité de son bonheur, versets 12 à 20. ― 3° Il inspirait à tous confiance, et cette confiance était fondée sur la peine qu’il prenait pour l’intérêt du prochain, versets 21 à 25.

Oh ! Qui me rendra les mois d’autrefois, les jours où Dieu veillait à ma garde ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Job, voyant que ses amis ne répondaient pas à ses raisons, continue à parler dans ce chapitre et les deux suivants. C’est ici un discours nouveau, mais qui tend au même but que les précédents. Il y fait d’abord son apologie en réponse aux reproches injustes que lui avait faits Eliphaz (voir Job, 22, verset 5 et suivants). Il termine par une peinture de ses maux, et soutient qu’ils ne sont pas la punition de ses crimes passés (du chapitre 29 au chapitre 31).

quand sa lampe brillait sur ma tête, et que sa lumière me guidait dans les ténèbres !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sa lampe, etc. dans un grand nombre de passages de la Bible, la lumière marque la prospérité, et les ténèbres l’adversité.

Tel que j’étais aux jours de mon âge mûr, quand Dieu me visitait familièrement dans ma tente,

quand le Tout-Puissant était encore avec moi, et que mes fils m’entouraient ;

quand je lavais mes pieds dans le lait, et que le rocher me versait des flots d’huile !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je lavais mes pieds, etc. Ces expressions hyperboliques indiquent une grande abondance. ― Le beurre est ordinairement à l’état liquide en Orient.

Lorsque je sortais pour me rendre à la porte de la ville, et que j’établissais mon siège sur la place publique,

en me voyant, les jeunes gens se cachaient, les vieillards se levaient et se tenaient debout.

Les princes retenaient leurs paroles, et mettaient leur main sur la bouche.

La voix des chefs restait muette, leur langue s’attachait à leur palais.

L’oreille qui m’entendait me proclamait heureux, l’œil qui me voyait me rendait témoignage.

Car je sauvais le pauvre qui implorait du secours, et l’orphelin dénué de tout appui.

La bénédiction de celui qui allait périr venait sur moi, je remplissais de joie le cœur de la veuve.

Je me revêtais de la justice comme d’un vêtement, mon équité était mon manteau et mon turban.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’équité de mes jugements. La Vulgate dit simplement mon jugement ; mais le terme hébreu signifie aussi quelquefois jugement équitable. Or le contexte exige qu’on lui donne ici ce sens.

J’étais l’œil de l’aveugle, et le pied du boiteux.

J’étais le père des pauvres, j’examinais avec soin la cause de l’inconnu.

Je brisais la mâchoire de l’injuste, et j’arrachais sa proie d’entre les dents.

Je disais : « Je mourrai dans mon nid, j’aurai des jours nombreux comme le sable.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme le palmier. En hébreu : comme le sable. Quelques modernes traduisent à tort : comme le phénix.

Mes racines s’étendent vers les eaux, la rosée passe la nuit dans mon feuillage.

Ma gloire reverdira sans cesse, et mon arc reprendra sa vigueur dans ma main. »

On m’écoutait et l’on attendait, on recueillait en silence mon avis.

Après que j’avais parlé, personne n’ajoutait rien ; ma parole coulait sur eux comme la rosée.

Ils m’attendaient comme on attend la pluie ; ils ouvraient la bouche comme aux ondées du printemps.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans ces contrées orientales, il ne pleut guère qu’en deux saisons de l’année, au printemps et en automne. Comme les pluies de l’automne succèdent aux grandes chaleurs de l’été, et lorsque la terre était toute desséchée, et comme altérée, les auteurs sacrés empruntent de là des images, pour marquer une grande avidité, un ardent désir.

Si je leur souriais, ils ne pouvaient le croire ; ils recueillaient avidement ce signe de faveur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La lumière de mon visage ; c’est-à-dire un regard gracieux de ma part. ― Ne tombait pas à terre ; n’était pas négligé, était au contraire très bien accueilli.

Quand j’allais vers eux, j’avais la première place, je siégeais comme un roi entouré de sa troupe, comme un consolateur au milieu des affligés.