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Job 34
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Crédits
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Éliu reprit et dit :
Sages, écoutez mes discours ; hommes intelligents, prêtez-moi l’oreille.
Car l’oreille juge les paroles, comme le palais discerne les aliments.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Job, 12, 11.
Tâchons de discerner ce qui est juste ; cherchons entre nous ce qui est bon.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Formons-nous, etc. ; c’est-à-dire discutons, examinons ensemble, en commun, toute cette dispute, et voyons ce qui s’y trouve de plus vrai, de plus juste.
Job a dit : « Je suis innocent, et Dieu me refuse justice.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mon bon droit ; littéralement Mon jugement. Le mot jugement (judicium) de la Vulgate, comme le terme hébreu dont il est la traduction, signifie aussi juste jugement, cause juste, justice, etc. Job veut dont dire ici que Dieu, en l’affligeant, fait que sa juste cause paraît injuste.
Quand je soutiens mon droit, je passe pour menteur ; ma plaie est douloureuse, sans que j’aie péché. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Une flèche ardente, la maladie qui l’a blessé et couvert de plaies, comme s’il avait été frappé par une flèche qui produit des douleurs cuisantes.
Y a-t-il un homme semblable à Job ? Il boit le blasphème comme l’eau !
Il s’associe aux artisans d’iniquité, il marche avec les hommes pervers.
Car il a dit : « Il ne sert de rien à l’homme de chercher la faveur de Dieu. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il aurait couru avec lui, dans ses voies ; hébraïsme, pour se conformer à ses désirs, ne faire que sa volonté.
Écoutez-moi donc, hommes sensés : Loin de Dieu l’iniquité ! Loin du Tout-Puissant l’injustice !
Il rend à l’homme selon ses œuvres, il rétribue chacun selon ses voies.
Non, certes, Dieu ne commet pas l’iniquité, le Tout-Puissant ne viole pas la justice.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le bon droit. Voir le verset 5.
Qui lui a remis le gouvernement de la terre ? Qui lui a confié l’univers ?
S’il ne pensait qu’à lui-même, s’il retirait à lui son esprit et son souffle,
toute chair expirerait à l’instant, et l’homme retournerait à la poussière.
Si tu as de l’intelligence, écoute ceci ; prête l’oreille au son de mes paroles :
Un ennemi de la justice aurait-il le suprême pouvoir ? Oses-tu condamner le Juste, le Puissant,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Celui qui est juste par excellence, Dieu.
qui dit à un roi : « Vaurien ! » aux princes : « Pervers ! »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Apostat, ellipse pour : Tu es un apostat. ― Le mot traduit par apostat est en hébreu Bélial, homme de rien, homme sans valeur, inutile.
qui ne fait point acception de la personne des grands, qui ne regarde pas le riche plus que le pauvre, parce que tous sont l’ouvrage de ses mains ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 10, 17 ; 2 Paralipomènes, 19, 7 ; Sagesse, 6, 8 ; Ecclésiastique, 35, 15 ; Actes des Apôtres, 10, 34 ; Romains, 2, 11 ; Galates, 2, 6 ; Ephésiens, 6, 9 ; Colossiens, 3, 25 ; 1 Pierre, 1, 17.
En un instant ils périssent, au milieu de la nuit, les peuples chancellent et disparaissent ; le puissant est emporté sans main d’homme.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sans la main de l’homme ; sans que la main d’un homme le frappe, parce que Dieu lui-même l’enlève par la maladie, etc.
Car les yeux de Dieu sont ouverts sur les voies de l’homme, il voit distinctement tous ses pas.
Il n’y a ni ténèbres ni ombre de la mort, où puissent se cacher ceux qui commettent l’iniquité.
Il n’a pas besoin de regarder un homme deux fois, pour l’amener au jugement avec lui.
Il brise les puissants sans enquête, et il en met d’autres à leur place.
Il connaît donc leurs œuvres ; il les renverse de nuit, et ils sont écrasés.
Il les frappe comme des impies, en un lieu où on les regarde,
parce qu’en se détournant de lui, en refusant de connaître toutes ses voies,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Toutes ses voies. C’est ainsi qu’on traduit généralement ; selon nous, il serait plus exact de dire : Nulle, aucune de ses voies ; parce que, comme nous en avons déjà fait la remarque, le mot tout en hébreu, étant joint à une négation, signifie nul, aucun.
ils ont fait monter vers lui le cri du pauvre, ils l’ont rendu attentif au cri des malheureux.
S’il accorde la paix, qui le trouvera mauvais ; s’il cache son visage, qui pourra le contempler, qu’il soit peuple ou homme celui qu’il traite ainsi,
pour mettre fin au règne de l’impie, pour qu’il ne soit plus un piège pour le peuple ?
Or avait-il dit à Dieu : « J’ai été châtié, je ne pécherai plus ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
J’ai parlé à Dieu ; c’est ainsi que porte la Vulgate, et le texte hébreu ; mais comme la particule hébraïque, traduite dans la Vulgate par ad ou à, signifie quelquefois de, au sujet de, surtout quand elle est jointe aux verbes parler, dire, la plupart des traducteurs lui ont donné ce dernier sens. Dans son discours, en effet, Eliu a parlé de Dieu dont il a entrepris la défense contre les prétendus blasphèmes de Job, mais sans s’adresser directement à lui.
montre-moi ce que j’ignore ; si j’ai commis l’iniquité, je ne le ferai plus ? »
Est-ce d’après ton avis que Dieu doit rendre la justice de sorte que tu puisses rejeter son jugement ? Choisis à ton gré, et non pas moi ; ce que tu sais, expose-le.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
N’est-ce pas à toi, etc. ; selon d’autres : Est-ce à toi, etc. ; mais ce qui suit immédiatement : Car c’est toi qui as commencé, etc., s’oppose évidemment, selon nous, à cette dernière interprétation.
Les gens sensés me diront, ainsi que l’homme sage qui m’écoute :
« Job a parlé sans intelligence, et ses discours sont dépourvus de sagesse.
Eh bien, que Job soit éprouvé jusqu’au bout, puisque ses réponses sont celles d’un impie !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mon père, c’est-à-dire, mon Dieu, selon la version chaldaïque et plusieurs interprètes. Sanchez pense qu’Eliu appelle ainsi Eliphaz à cause de son grand âge et du respect dont il était environné. Cette explication semble mieux s’accorder avec ce qui suit.
Car à l’offense il ajoute la révolte ; il bat des mains au milieu de nous, il multiplie ses propos contre Dieu. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ses, omis dans la Vulgate, est exprimé en hébreu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
IIe discours d’Eliu : Apologie de la justice divine, chapitre 34. ― Job ne lui répond rien. Eliu a consacré en partie son premier discours à montrer que Dieu n’est pas injuste envers l’homme ; il consacre le second tout entier à développer cette idée et à établir que Dieu gouverne le monde avec équité. ― 1° Il prie les assistants de l’écouter et de prononcer. Job accuse Dieu de ne pas le traiter avec justice, versets 2 à 9 ; ― 2° mais comment Dieu pourrait-il être injuste, puisqu’il créé et gouverne le monde librement ? Versets 10 à 18. ― 3° La justice de Dieu envers ses créatures éclate de toutes parts : sa toute-puissance et sa science infinie lui permettent de juger avec pleine justice, versets 19 à 28. ― 4° Comment pourrait-on calomnier les voies de Dieu, puisqu’il se propose comme but le bien des hommes ? On doit plutôt s’humilier devant lui, et c’est parce que Job ne le fait pas qu’il mérite le châtiment divin, versets 29 à 37.