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Job 37
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Crédits
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À ce spectacle, mon cœur est tout tremblant, il bondit hors de sa place.
Écoutez, écoutez le fracas de sa voix, le grondement qui sort de sa bouche !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le tonnerre est souvent appelé dans l’Ecriture la voix de Dieu.
Il lui donne libre carrière sous l’immensité des cieux, et son éclair brille jusqu’aux extrémités de la terre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il considère tout ce qui se passe sous le ciel. ― Sa lumière ; c’est-à-dire les éclairs qui accompagnent le tonnerre.
Puis éclate un rugissement, il tonne de sa voix majestueuse ; il ne retient plus les éclairs, quand on entend sa voix ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Après lui. Partout où il va, des bruits effrayants annoncent sa présence. Selon d’autres : Après l’éclair, qui est représenté dans le verset précédent par le mot lumen ; mais ce mot étant du genre neutre, eum qui est du masculin ne saurait s’y rapporter. ― On ne pourra la comprendre ; on ne pourra rien dire de certain et d’incontestable sur la cause, sur le lieu et sur les circonstances du tonnerre.
Dieu tonne de sa voix, d’une manière merveilleuse. Il fait de grandes choses que nous ne comprenons pas.
Il dit à la neige : « Tombe sur la terre ; » il commande aux ondées et aux pluies torrentielles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ses fortes ondées ; littéralement Les ondées de sa force ; ce genre de construction est assez usité dans le style biblique.
Il met un sceau sur la main de tous les hommes, afin que tout mortel reconnaisse son Créateur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui met un sceau, etc. Nous sommes tous comme les esclaves de Dieu, qui a gravé, pour ainsi dire, dans la main de chaque homme son emploi, sa qualité et son rang, son engagement. Cette coutume d’imprimer des marques aux esclaves, est connue dans toute l’antiquité, et on la pratique encore aujourd’hui dans l’Orient. Comparer à Isaïe, 44, 5 ; Ezéchiel, 9, 6 ; Apocalypse, 7, 3 ; 13, 16. Chez les Romains, on imprimait avec un fer chaud une certaine marque aux soldats qu’on enrôlait. Voir Veget., liv. I, chap. VIII ; liv. II, chap. V. Eliu peut donc faire ici allusion à cet ancien usage, pour montrer notre dépendance du Seigneur. Cependant d’autres expliquent ce passage dans le sens que Dieu, pendant les orages, ferme la main des hommes et la scelle, en quelque sorte, pour les empêcher de travailler à la terre, et qu’ils reconnaissent que toutes leurs œuvres ne se font que par l’ordre du Seigneur.
Alors l’animal sauvage rentre dans son repaire, et demeure dans sa tanière.
L’ouragan sort de ses retraites cachées, l’aquilon amène les frimas.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D’Arcturus, la constellation de la grande Ourse.
Au souffle de Dieu se forme la glace, et la masse des eaux est emprisonnée.
Il charge de vapeurs les nuages, il disperse ses nuées lumineuses.
On les voit, selon ses décrets, errer en tous sens, pour exécuter tout ce qu’il leur commande, sur la face de la terre habitée.
C’est tantôt pour le châtiment de sa terre, et tantôt en signe de faveur qu’il les envoie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans une tribu étrangère, où Dieu est inconnu. ― Dans sa terre, dans une terre qui est à lui, où il a ses adorateurs. Comparer à Psaumes, 68, 10. ― Lieu de sa miséricorde ; c’est-à-dire lieu où il veut répandre sa miséricorde.
Job, sois attentif à ces choses ; arrête-toi, et considère les merveilles de Dieu.
Sais-tu comment il les opère, et fait briller l’éclair dans la nue ?
Comprends-tu le balancement des nuages, les merveilles de celui dont la science est parfaite,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les sciences parfaites, qui sont nécessaires pour comprendre les phénomènes relatifs aux nuées.
toi dont les vêtements sont chauds, quand la terre se repose au souffle du midi ?
Peux-tu, comme lui, étendre les nuées, et les rendre solides comme un miroir d’airain ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Comme s’ils avaient été coulés en bronze, c’est-à-dire comme des miroirs de bronze, car c’est le sens de l’original. Les miroirs ne sont mentionnés dans l’Ecriture que dans ce passage et Exode, 38, 8. Tous les miroirs des anciens étaient en métal ; c’est ce qui explique la comparaison renfermée dans ce verset. On a trouvé en Egypte un grand nombre de miroirs antiques. Ils sont fabriqués avec un métal composé principalement de cuivre. L’habileté des Egyptiens à mélanger les métaux était telle qu’on a pu rendre leur pouvoir réflecteur à quelques-uns de ceux qui ont été découverts à Thèbes, quoiqu’ils fussent ensevelis dans la terre depuis des siècles.
Fais-nous connaître ce que nous devons lui dire : nous ne saurions lui parler, ignorants que nous sommes.
Ah ! qu’on ne lui rapporte pas mes discours ! Un homme a-t-il jamais dit qu’il désirait sa perte ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Absorbé ; accablé par la grandeur du sujet et le poids de la majesté de Dieu.
On ne peut voir maintenant la lumière du soleil, qui luit derrière les nuages ; qu’un vent passe, il les dissipe.
L’or vient du septentrion ; mais Dieu, que sa majesté est redoutable !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Du temps de Job, de Moïse, de Salomon, et encore longtemps depuis, l’or venait du côté de la Colchide, de l’Arménie, du pays d’Ophir, qui sont tous au septentrion de la Judée et de l’Idumée, et qui sont ordinairement désignés dans l’Ecriture sous le nom de pays du nord.
Le Tout-Puissant, nous ne pouvons l’atteindre : il est grand en force, et en droit, et en justice, il ne répond à personne !
Que les hommes donc le révèrent ! Il ne regarde pas ceux qui se croient sages.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
C’est pour cela ; c’est à cause des merveilles dont je viens de parler, et surtout du tonnerre dont les effets sont si terribles et dont la cause est si inconnue. ― « Dans le 37e chapitre,… on sent que les accidents météorologiques qui se produisent dans la région des nuages, les vapeurs qui se condensent ou se dissipent, suivant la direction des vents, les jeux bizarres de la lumière, la formation de la grêle et du tonnerre, avaient été observés avant d’être décrits. Plusieurs questions aussi sont posées, que la physique moderne peut ramener sans doute à des formules plus scientifiques, mais pour lesquelles elle n’a pas trouvé encore de solution satisfaisante. On tient généralement le livre de Job pour l’œuvre la plus achevée de la poésie hébraïque. Il y a autant de charme pittoresque dans la peinture de chaque phénomène que d’art dans la composition didactique de l’ensemble. Chez tous les peuples qui possèdent une traduction du livre de Job, ces tableaux de la nature orientale ont produit une impression profonde : « Le Seigneur marche sur les sommets de la mer, sur le dos des vagues soulevées par la tempête. ― L’aurore embrasse les contours de la terre et façonne diversement les nuages comme la main de l’homme pétrit l’argile docile. » Nous y voyons “ l’air pur, quand viennent à souffler les vents dévorants du sud, étendu comme un métal en fusion sur les désert altérés. ” » (Alex. De HUMBOLDT.)