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Job 41

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Ce livre est enregistré en un seul fichier : l'écoute couvre ses 42 chapitres d'affilée et ne démarre pas au chapitre affiché.

Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Voici que le chasseur est trompé dans son attente ; la vue du monstre suffit à le terrasser.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je ne suis, etc. Pour moi (c’est toujours Dieu qui parle) qui connais la force extraordinaire de Léviathan, je ne le susciterai pas contre les hommes par un esprit de cruauté. Je le pourrais, si je voulais ; car qui oserait résister à mon simple regard ?

Nul n’est assez hardi pour provoquer Léviathan : qui donc oserait me résister en face ?

Qui m’a obligé, pour que j’aie à lui rendre ? Tout ce qui est sous le ciel est à moi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Si cependant quelqu’un me résiste, je ne l’épargnerai pas, malgré, etc.

Je ne veux pas taire ses membres, sa force, l’harmonie de sa structure.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui découvrira, etc. Dieu reprend la description de Léviathan.

Qui jamais a soulevé le bord de sa cuirasse ? Qui a franchi la double ligne de son râtelier ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les portes de son visage sont l’entrée de ses mâchoires. La gueule du crocodile est si vaste, qu’il dévore et avale aisément un homme. ― Della Valle raconte qu’un crocodile qui n’avait cependant que 25 palmes de long, coupa en deux une pelle de fer qu’on lui mit dans la mâchoire.

Qui a ouvert les portes de sa gueule ? Autour de ses dents habite la terreur.

Superbes sont les lignes de ses écailles, comme des sceaux étroitement serrés.

Chacune touche sa voisine ; un souffle ne passerait pas entre elles.

Elles adhèrent l’une à l’autre, elles sont jointes et ne sauraient se séparer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ses yeux sont comme les paupières de l’aurore. Les yeux du crocodile sont en égyptien le signe hiéroglyphique qui désigne l’aurore.

Ses éternuements font jaillir la lumière, ses yeux sont comme les paupières de l’aurore.

Des flammes jaillissent de sa gueule, il s’en échappe des étincelles de feu.

Commentaire (versets 10 à 11) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 10 à 11 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Lorsque le crocodile, après un long séjour dans l’eau reparaît à sa surface, il semble vomir de la fumée et du feu. Bartram raconte dans ses Voyages (Travels through North and South Carolina, Philadelphie, 1791, p. 116), que pendant qu’il remontait l’Alatamaha dans la Floride occidentale, cherchant un soir à terre un endroit commode pour prendre son repas, il aperçut un crocodile qui sortait avec bruit du milieu des roseaux pour se jeter dans un petit lac. « Il enfla son corps monstrueux et agita sa queue dans les airs. Une épaisse fumée s’élança de ses naseaux largement ouverts avec un bruit qui fit presque trembler la terre. » Et plus loin : « D’abord il nage avec la rapidité de l’éclair, mais il ralentit peu à peu sa marche, jusqu’à ce qu’il atteigne le milieu du fleuve. Là il s’arrête, et aspirant tout à la fois l’air et l’eau par sa large gueule, son corps devient énorme et pendant un moment on entend un grand bruit dans son gosier. Puis, tout d’un coup il fait rejaillir avec fracas de sa bouche et de son nez une vapeur qui produit comme un nuage de fumée. »

Une fumée sort de ses narines, comme d’une chaudière ardente et bouillante.

Son souffle allume les charbons, de sa bouche s’élance la flamme.

Dans son cou réside la force, devant lui bondit l’épouvante.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et elles ne se porteront, etc. Les foudres que Dieu lancera sur lui ne manqueront pas de l’atteindre. Tout fort, tout robuste, tout terrible qu’il est, le crocodile ne saurait résister à la main toute-puissante de Dieu.

Les muscles de sa chair tiennent ensemble ; fondus sur lui, inébranlables.

Son cœur est dur comme la pierre, dur comme la meule inférieure.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des anges ; ou plutôt des forts, comme le porte le texte hébreu ; c’est-à-dire des grands, des hommes puissants. Ainsi, lorsque le crocodile paraîtra hors de l’eau, les hommes les plus puissants, les plus considérables du pays, seront saisis de frayeur et d’épouvante. ― Ils se purifieront de leurs péchés, en faisant pénitence.

Quand il se lève, les plus braves ont peur, l’épouvante les fait défaillir.

Qu’on l’attaque avec l’épée, l’épée ne résiste pas, ni la lance, ni le javelot, ni la flèche.

Il tient le fer pour de la paille, l’airain comme un bois vermoulu.

La fille de l’arc ne le fait pas fuir, les pierres de la fronde sont pour lui un fétu ;

Commentaire (versets 17 à 20) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 17 à 20 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

« La nature a pourvu à la sûreté des crocodiles en les revêtant d’une armure presque impénétrable ; tout leur corps est couvert d’écailles, excepté le sommet de la tête, où la peau est collée immédiatement sur l’os… Ces écailles carrées ont une très grande dureté et une flexibilité qui les empêche d’être cassantes ; le milieu de ces lames présente une sorte de crête dure qui ajoute à leur solidité. » (LACEPEDE.) Thévenot, compare le dos du crocodile, à cause de ces pointes, à une porte qui serait toute garnie de clous de fer et si dure qu’aucune lance ne pourrait la percer. « Les écailles du crocodile sont à l’épreuve de la balle, à moins que le coup ne soit tiré de très près ou le fusil très chargé. Les nègres s’en font des bonnets, ou plutôt des casques, qui résistent à la hache. » (LABAT.)

la massue, un brin de chaume ; il se rit du fracas des piques.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sous lui, etc. Il s’élèvera si fort au-dessus des eaux que les rayons du soleil seront au-dessous de lui. ― Il fera son lit ; c’est le seul sens que puisse comporter la Vulgate, et même le texte hébreu, qu’elle a rendu avec une rigoureuse fidélité. ― Sur l’or comme la boue. Le corps étant couvert d’écailles carrées ou de boucliers osseux, cet animal peut se coucher sur un dur métal comme un sur une terre molle.

Sous son ventre sont des tessons aigus : on dirait une herse qu’il étend sur le limon.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La profonde mer. Le crocodile se tient ordinairement dans les eaux douces ; mais il ne faut pas oublier que le Nil est appelé dans l’Ecriture mer, à cause de sa grandeur et de ses inondations réglées, et qui durent si longtemps, et que dans le style des Hébreux tous les grands amas d’eaux, les lacs, les étangs, portent le nom de mers. ― Plusieurs voyageurs affirment que le crocodile communique aux eaux qu’il habite une forte odeur de musc, et quelques commentateurs pensent que c’est pour ce motif que le fleuve dans lequel il nage est comparé ici à un vase de parfums en ébullition. « Le crocodile, dit Rüppel, à quatre glandes à musc. Elles communiquent à sa chair une odeur désagréable qui a empêché beaucoup d’Européens qui l’ont goûtée d’en manger. Les Berbères se servent de ce musc comme pommade pour les cheveux.

Il fait bouillonner l’abîme comme une chaudière, il fait de la mer un vase de parfums.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Derrière lui, etc. La rapidité et le mouvement du crocodile dans l’eau sont tels, qu’il laisse des traces de son passage par un long sillon d’écume et par la blancheur de l’eau semblable aux cheveux blancs d’un vieillard. ― Paraîtra ; sera estimé, regardé ; littéralement et par hébraïsme, estimera, regardera. Voir, sur cet hébraïsme, Job, 40, 19.

Il laisse après lui un sillage de lumière, on dirait que l’abîme a des cheveux blancs.

Il n’a pas son égal sur la terre, il a été créé pour ne rien craindre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les fils de l’orgueil ; hébraïsme, pour les orgueilleux, les superbes.

Il regarde en face tout ce qui est élevé, il est le roi des plus fiers animaux.