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Job 39

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Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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Connais-tu le temps où les chèvres sauvages font leurs petits ? As-tu observé les biches quand elles mettent bas ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans l’original, le premier animal est nommé littéralement grimpeur de rochers, c’est-à-dire chèvre sauvage, bouquetin, sorte de chamois semblable à celui de la Suisse et des Alpes Tyroliennes, qui habite les endroits les plus escarpés.

As-tu compté les mois de leur portée , et connais-tu l’époque de leur délivrance ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les mois de leur conception ; c’est-à-dire les mois qui se sont écoulés depuis le moment où elles ont conçu leur fruit.

Elles se mettent à genoux, déposent leurs petits, et sont quittes de leurs douleurs.

Leurs faons se fortifient et grandissent dans les champs ; ils s’en vont, et ne reviennent plus.

Qui a lâché l’onagre en liberté, qui a brisé les liens de l’âne sauvage,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’onagre. Cet animal est très célèbre en Orient à cause de la rapidité de sa course, et c’est de cette qualité qu’il paraît tirer son nom oriental. On assure qu’aucun cavalier ne peut l’atteindre. Les poètes orientaux comparent à un troupeau d’onagres un escadron de cavaliers qui passent avec la rapidité de l’éclair. C’est un animal très sauvage, d’un roux cendré, à longues oreilles, qui vit en troupes dans les déserts.

à qui j’ai donné le désert pour maison, pour demeure la plaine salée ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une terre de sel ; c’est un terrain rempli de nitre, inculte, stérile.

Il méprise le tumulte des villes, il n’entend pas les cris d’un maître.

Il parcourt les montagnes pour trouver sa pâture, il y poursuit les moindres traces de verdure.

Le buffle voudra-t-il te servir, ou bien passera-t-il la nuit dans son étable ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un rhinocéros. Dans l’original reem. Le nom de cet animal est diversement traduit. Les Septante l’ont rendu par licorne ; Aquila et la Vulgate par rhinocéros ; d’autres par oryx, espèce d’antilope ; Schultens, Gesenius, par buffle. Les questions qui se rapportent au reem, versets 9 à 12, et l’opposition qui est établie entre cet animal et le bœuf domestique prouvent qu’il s’agit du bœuf sauvage ou du buffle.

L’attacheras-tu avec une corde au sillon, ou bien hersera-t-il derrière toi dans les vallées ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A tes traits ; aux traits de ta charrue. ― Après toi ; en labourant, les animaux vont devant le labourant, et en hersant. ― Vallons ; c’est-à-dire sillons, comme ont traduit les Septante.

Te fieras-tu à lui parce qu’il est très fort, lui laisseras-tu faire tes travaux ?

Compteras-tu sur lui pour rentrer ta moisson, pour recueillir le blé dans ton aire ?

L’aile de l’autruche bat joyeusement ; elle n’a ni l’aile pieuse ni le plumage de la cigogne.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Littéralement dans l’original : L’aile de l’autruche bat avec allégresse ; est-ce l’aile pieuse (de la cigogne qu’on appelle pieuse à cause de sa tendresse pour ses petits) ? Non ; est-ce l’aile prenant l’essor (ou l’aile de l’épervier) ? Non, car elle ne vole pas.

Elle abandonne ses œufs à la terre, et les laisse chauffer sur le sable.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les naturalistes et les voyageurs rapportent sur ce point des choses contradictoires. Si l’autruche ne néglige pas entièrement ses œufs, il paraît du moins certain qu’elle en prend peu de soin, surtout dans les jours qui suivent la ponte, et qu’elle les abandonne toujours quand elle est poursuivie par les chasseurs.

Elle oublie que le pied peut les fouler, la bête des champs les écraser.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’autruche fait son nid dans un trou qu’elle creuse dans le sable. Les œufs mal enterrés ou dispersés sont souvent la proie des chacals et des hyènes.

Elle est dure pour ses petits, comme s’ils n’étaient pas siens ; que son travail soit vain, elle ne s’en inquiète pas.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’autruche travaille en vain, en pondant des œufs, en les plaçant dans un nid, en les couvant même pour un temps, puisqu’après cela elle les abandonne sans y être forcée par aucun motif de crainte. Si quelquefois les autres oiseaux quittent leur nid, c’est ou parce que leurs œufs ont été refroidis, ou qu’on a dérangé leur nid, ou qu’on les en a chassés et qu’on les a effarouchés. Mais l’autruche abandonne ses œufs, sans y être obligée par aucune de ces raisons.

Car Dieu lui a refusé la sagesse, et ne lui a pas départi l’intelligence.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

On sait que l’autruche est un animal oublieux et stupide. C’est ainsi que la dépeignent les naturalistes. ― Plus sot qu’une autruche, dit un proverbe arabe.

Mais quand elle se bat les flancs et prend son essor, elle se rit du cheval et du cavalier.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Elle se rit ; etc. Pline dit (liv. X, chap. I) que, lorsque l’autruche est poursuivie par les chasseurs, elle étend ses ailes dont elle s’aide, comme de voiles, pour courir, et qu’elle court ainsi avec une vitesse qui approche du vol le plus rapide. Diodore de Sicile ajoute (liv. II) qu’en courant elle lance des pierres avec ses pieds par derrière si violemment que souvent elle tue les chasseurs. ― Les naturalistes confirment ces détails. « La course des autruches est très rapide, dit l’un d’eux. Les lévriers les plus agiles ne peuvent les atteindre. L’Arabe lui-même, monté sur son cheval, est obligé de recourir à la ruse pour les prendre, en leur jetant adroitement un bâton dans les jambes. Dans leur fuite, elles lancent derrière elles des cailloux comme des traits contre ceux qui les poursuivent. »

Est-ce toi qui donnes au cheval la vigueur, qui revêts son cou d’une crinière flottante,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Environneras-tu, etc. ; c’est-à-dire peux-tu donner au cheval le hennissement qu’il fait retentir autour de son cou ? ― Rollin dit de la description du cheval : « Chaque mot demanderait d’être développé, pour en faire sentir la beauté… Les armées sont longtemps à se mettre en ordre de bataille… Tous les mouvements sont marqués par des signaux particuliers. Cette lenteur importune le cheval. Comme il est prêt au premier son de trompette, il porte avec impatience qu’il faille avertir tant de fois l’armée. Il murmure en secret contre tous ces délais, et ne pouvant demeurer en place, ni aussi désobéir, il bat continuellement du pied et se plaint en sa manière qu’on perde inutilement le temps à se regarder sans rien faire. Dans son impatience, il compte pour rien tous les signaux qui ne sont pas décisifs et qui ne font marquer que quelque détail dont il n’est pas occupé. Mais quand c’est tout de bon, et que le dernier coup de trompette annonce la bataille, alors toute la contenance du cheval change. On dirait qu’il distingue, comme par l’odorat, que le combat va se donner, et qu’il a entendu distinctement l’ordre du général, et il répond aux cris confus de l’armée par un frissonnement qui marque son allégresse et son courage. Qu’on compare les admirables descriptions qu’Homère et Virgile ont faites du cheval, on verra combien celle-ci est supérieure. »

qui le fais bondir comme la sauterelle ? Son fier hennissement répand la terreur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La gloire de ses naseaux, etc. Le souffle si fier de ses narines répand la terreur. Un cheval, animé et échauffé, montre une certaine audace par le souffle de ses narines, qui inspire de la crainte à ceux qui le voient.

Il creuse du pied la terre, il est fier de sa force, il s’élance au-devant du combat.

Il se rit de la peur ; rien ne l’effraie ; il ne recule pas devant l’épée.

Sur lui résonne le carquois, la lance étincelante et le javelot.

Il frémit, il s’agite, il dévore le sol ; il ne se contient plus quand la trompette sonne.

Au bruit de la trompette, il dit : « Allons ! » De loin il flaire la bataille, la voix tonnante des chefs et les cris des guerriers.

Est-ce par ta sagesse que l’épervier prend son vol et déploie ses ailes vers le midi ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Etendant ses ailes vers le midi. Ce mot fait allusion à l’habitude qu’a d’émigrer l’oiseau dont il est question, le net. Le sens de ce mot n’est pas certain, mais il désigne incontestablement un oiseau de passage.

Est-ce à ton ordre que l’aigle s’élève, et fait son nid sur les hauteurs ?

Il habite les rochers, il fixe sa demeure dans les dents de la pierre, sur les sommets.

De là, il guette sa proie, son regard perce au loin.

Ses petits s’abreuvent de sang ; partout où il y a des cadavres, on le trouve.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Partout où est un cadavre. L’aigle ordinaire ne se nourrit pas de cadavres, mais il en existe une espèce qui les dévore volontiers. De plus, tous les aigles mangent les corps morts, avant qu’ils aient commencé à se corrompre.