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Job 26
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Crédits
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Alors Job prit la parole et dit :
Comme tu sais venir en aide à la faiblesse, prêter secours au bras sans force !
Comme tu conseilles bien l’ignorant ! Quelle abondance de sagesse tu fais paraître !
À qui adresses-tu des paroles ? Et de qui est l’esprit qui sort de ta bouche ?
Devant Dieu, les ombres tremblent sous les eaux et leurs habitants.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les géants gémissent sous les eaux ; c’est-à-dire dans l’enfer ; car c’est sous la mer que les anciens le plaçaient. Comparer à Genèse, 6, 4 ; 7, 21 ; Sagesse, 14, 6 ; 1 Pierre, 3, 20. Quelques interprètes entendent par géants les monstres marins ; mais cette opinion ne paraît nullement fondée.
Le schéol est à nu devant lui, et l’abîme n’a point de voile.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’abîme ; littéralement la perdition, le lieu de perdition ; c’est encore l’enfer sous un autre nom.
Il étend le septentrion sur le vide, il suspend la terre sur le néant.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ces paroles sont des images et ne doivent pas être prises à la lettre, comme l’a fait observer saint Thomas.
Il renferme les eaux dans ses nuages, et les nues ne se déchirent pas sous leur poids.
Il voile la face de son trône, il étend sur lui ses nuées.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La face ; c’est-à-dire le devant. Il tient son trône inaccessible à nos regards.
Il a tracé un cercle à la surface des eaux, au point de division de la lumière et des ténèbres.
Les colonnes du ciel s’ébranlent, et s’épouvantent à sa menace.
Par sa puissance il soulève la mer, par sa sagesse il brise l’orgueil.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sa prudence, etc. La Vulgate ne supporte pas d’autre sens. Cependant beaucoup d’interprètes font de superbum un mot neutre synonyme de superbia, ferocia, qu’ils appliquent à maria, qui précède. Le texte hébreu porte : Dans son intelligence, il a frappé l’orgueil, et le grec : Par sa science il a renversé le monstre marin.
Par son souffle le ciel devient serein, sa main a formé le serpent fuyard.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sa main agissant ; littéralement obstetricante ; c’est-à-dire que sa main a formé un serpent tortueux ; le dragon, constellation de l’hémisphère boréal.
Tels sont les bords de ses voies, le léger murmure que nous en percevons ; mais le tonnerre de sa puissance, qui pourra l’entendre ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De ses voies ; de sa manière d’agir, de ses œuvres. ― Un petit mot ; littéralement une petite goutte. La parole est souvent comparée dans l’Ecriture à la pluie ou à la rosée. Voir Deutéronome, 32, 2 ; Isaïe, 55, 10-11. ― De sa parole ; c’est-à-dire de la parole qui le concerne, dite à son sujet. ― L’éclat. Ou ce mot est sous-entendu, ou l’antécédent du génitif de sa parole est une goutte (parvam stillam), qui précède ; car il faut nécessairement au verbe contempler (intueri) un accusatif pour complément. Job, ce nous semble, veut dire ici : Je ne vous ai rapporté qu’un bien faible partie des œuvres de la puissance de Dieu. Si donc vous n’avez entendu qu’avec peine le peu de paroles que j’ai dites de lui, comment me supporterez-vous, si je vous fais entendre la voix terrible de son tonnerre, et si je mets sous vos yeux les merveilles de sa grandeur infinie ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
IXe discours de Job : IIIe réponse à Baldad, chapitre 26. ― Job répond brièvement au dernier discours de Baldad. ― 1° Il lui reproche ironiquement l’inutilité de ce qu’il vient de dire, versets 2 à 4, et il lui montre ensuite qu’il peut peindre, aussi bien que lui, la puissance de Dieu, ce qu’il fait en effet d’une manière supérieure. ― 2° Il décrit la puissance divine dans l’enfer (le scheôl), versets 5 à 7 ; ― 3° dans les airs, versets 8 à 10 ; ― 4° dans le ciel et sur les mers, versets 11 à 14.