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Job 11
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Crédits
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Alors Sophar de Naama prit la parole et dit :
La multitude des paroles restera-t-elle sans réponse, et le bavard aura-t-il raison ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ier discours de Sophar contre Job, chapitre 11. Toute la réponse à Baldad se résume en ceci : Dieu n’est pas injuste, mais il le punit sévèrement pour des fautes légères dont il n’a pas même conscience. Le fougueux Sophar veut à son tour le réfuter : 1° Il reproche à Job d’oser parler avec présomption contre la divine sagesse, versets 2 à 6. ― 2° Cette sagesse est impénétrable et insondable. Si Dieu venait discuter avec lui, il lui aurait bientôt prouvé que son sort n’est pas trop dur, versets 7 à 12. Cette réflexion sur l’intervention de Dieu, dès le début, prépare avec un art achevé, le dénouement, chapitres 38 à 41. ― 3° Exhortation à Job : qu’il se tourne vers Dieu avec componction et il sera consolé, sinon, comme l’impie, il n’aura pas d’espérance, versets 13 à 20.
Tes vains propos feront-ils taire les gens ? Te moqueras-tu, sans que personne te confonde ?
Tu as dit à Dieu : « Ma pensée est la vraie, et je suis irréprochable devant toi. »
Oh ! Si Dieu voulait parler, s’il ouvrait les lèvres pour te répondre ;
s’il te révélait les secrets de sa sagesse, les replis cachés de ses desseins, tu verrais alors qu’il oublie une part de tes crimes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La loi, soit naturelle, soit mosaïque, contenait beaucoup de préceptes. ― Qu’il exige, etc. ; littéralement que tu es exigé (châtié) par lui selon beaucoup moins de choses.
Prétends-tu sonder les profondeurs de Dieu, atteindre la perfection du Tout-Puissant ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les traces ; c’est-à-dire les voies. ― Parfaitement, ou bien : Le parfait Tout-Puissant, ce qui revient au sens de l’hébreu qui porte : La perfection du Tout-Puissant.
Elle est haute comme les cieux : que feras-tu ? Plus profonde que le séjour des morts : que sauras-tu ?
Sa mesure est plus longue que la terre, elle est plus large que la mer.
S’il fond sur le coupable, s’il l’arrête, s’il convoque le tribunal, qui s’y opposera ?
Car il connaît les pervers, il découvre l’iniquité avant qu’elle s’en doute.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Est-ce qu’il ne la considère pas, pour la punir un jour ?
À cette vue, le fou même comprendrait, et le petit de l’onagre deviendrait raisonnable.
Pour toi, si tu diriges ton cœur vers Dieu, et que tu étendes vers lui tes bras,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vers Dieu ; littéralement vers lui. Le pronom lui représente évidemment le mot Dieu, exprimé au verset 7.
si tu éloignes l’iniquité qui est dans tes mains, et que tu ne laisses pas l’injustice habiter sous ta tente,
alors tu lèveras ton front sans tache, tu seras inébranlable et tu ne craindras plus.
Tu oublieras alors tes souffrances, tu t’en souviendras comme des eaux écoulées ;
L’avenir se lèvera pour toi plus brillant que le midi, les ténèbres se changeront en aurore.
Tu seras plein de confiance, et ton attente ne sera pas vaine ; tu regarderas autour de toi, et tu te coucheras tranquille.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tranquille ; sans craindre que ton sépulcre ne soit violé ; ou, sûr d’une meilleure condition après cette vie.
Tu reposeras, sans que personne t’inquiète, et plusieurs caresseront ton visage.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Lévitique, 26, 6. ― Implorera ta face ; c’est-à-dire recherchera ta faveur.
Mais les yeux des méchants se consumeront : pour eux, point de refuge ; leur espérance est le souffle d’un mourant.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Lévitique, 26, 16. ― Leur espérance, etc. Les choses dans lesquelles ils avaient mis leur espérance, comme les honneurs et les richesses, seront pour eux des objets d’abomination.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sophar diffère de ses deux amis, Eliphaz et Baldad ; c’est un jeune homme à la parole vive, quelquefois injurieuse et blessante, surtout dans son second discours, chapitre 20 ; c’est le type des esprits étroits et à préjugés de son époque.