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Job 20
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Alors Sophar de Naama prit la parole et dit :
C’est pourquoi mes pensées me suggèrent une réponse, et, à cause de mon agitation, j’ai hâte de la donner.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
C’est pour cela ; c’est-à-dire c’est parce qu’il y a un jugement. Voir Job, 19, 29. ― En d’autres termes, un sujet d’accusation contre Job. 6 Toutes sortes, etc. C’est en vain qu’il cherchera à se cacher dans les ténèbres, il ne trouvera pas de cache, où les ténèbres puissent pénétrer.
J’ai entendu des reproches qui m’outragent ; dans mon intelligence, mon esprit trouvera la réplique.
Sais-tu bien que, de tout temps, depuis que l’homme a été placé sur la terre,
le triomphe des méchants a été court, et la joie de l’impie d’un moment ?
Quand il porterait son orgueil jusqu’au ciel, et que sa tête toucherait aux nues,
comme son ordure, il périt pour toujours ; ceux qui le voyaient disent : « Où est-il ? »
Il s’envole comme un songe, et on ne le trouve plus ; il s’efface comme une vision de la nuit.
L’œil qui le voyait ne le découvre plus ; sa demeure ne l’apercevra plus.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son lieu. Voir Job, 7, 10.
Ses enfants imploreront les pauvres, de ses propres mains il restituera ses rapines.
Ses os étaient pleins de ses iniquités cachées ; elles dormiront avec lui dans la poussière.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ses os seront, etc. Les dérèglements de sa jeunesse pénétreront jusque dans ses os.
Parce que le mal a été doux à sa bouche, qu’il l’a caché sous sa langue,
qu’il l’a savouré sans l’abandonner, et l’a retenu au milieu de son palais :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il le ménagera ; c’est-à-dire il le savourera.
sa nourriture tournera en poison dans ses entrailles, elle deviendra dans son sein le venin de l’aspic.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Fiel d’aspic, venin de ce serpent qui est très dangereux.
Il a englouti des richesses, il les vomira ; Dieu les retirera de son ventre.
Il a sucé le venin de l’aspic, la langue de la vipère le tuera.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La tête des aspics, leur venin.
Il ne verra jamais couler les fleuves, les torrents de miel et de lait.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les torrents… de beurre. Dans les pays chauds de l’Orient, le beurre est à l’état liquide et on le verse comme du lait des vases qui le contiennent.
Il rendra ce qu’il a gagné et ne s’en gorgera pas, dans la mesure de ses profits, et il n’en jouira pas.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ses richesses acquises ; le grec porte le mot richesses ; l’hébreu lit travail, qui signifie encore très souvent le fruit du travail, les richesses ; ce doit être aussi le sens d’inventionum suarum de la Vulgate.
Car il a opprimé et délaissé les pauvres, il a saccagé leur maison, et ne l’a point rétablie :
son avidité n’a pu être rassasiée, il n’emportera pas ce qu’il a de plus cher.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiaste, 5, 9.
Rien n’échappait à sa voracité ; aussi son bonheur ne subsistera pas.
Au sein de l’abondance, il tombe dans la disette ; tous les coups du malheur viennent sur lui.
Voici pour lui remplir le ventre : Dieu enverra sur lui le feu de sa colère, elle pleuvra sur lui jusqu’en ses entrailles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ses foudres ; littéralement sa guerre.
S’il échappe aux armes de fer, l’arc d’airain le transperce.
Il arrache le trait, il sort de son corps, l’acier sort étincelant de son foie ; les terreurs de la mort tombent sur lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans son amertume ; c’est-à-dire pour porter son amertume, ou une mort amère, cruelle. ― Au lieu de l’horribiles de la Vulgate, l’hébreu porte terreurs.
Une nuit profonde engloutit ses trésors ; un feu que l’homme n’a pas allumé le dévore, et consume tout ce qui restait dans sa tente.
Les cieux révéleront son iniquité, et la terre s’élèvera contre lui.
L’abondance de sa maison sera dispersée, elle disparaîtra au jour de la colère.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les rejetons de sa maison sont ses enfants, sa progéniture.
Telle est la part que Dieu réserve au méchant, et l’héritage que lui destine Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
IIe discours de Sophar, chapitre 20. Ce discours est en quelque sorte l’ultimatum de Sophar ; dans la troisième discussion, il ne prendra plus la parole ; aussi sa violence est-elle maintenant très grande. ― 1° Les menaces de Job, qui les compare à des persécuteurs, obligent Sophar d’insister encore sur la thèse que ses amis et lui ont soutenue jusqu’à présent, versets 2 à 5. ― 2° Le coupable périt, malgré sa puissance ; il est dépouillé de ses biens injustement acquis, malgré son avidité, versets 6 à 17. ― 3° ― Un juste châtiment vient ainsi le punir de ses rapines et de son insatiabilité ; il n’échappera pas, versets 18 à 29.