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Job 8
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Alors Baldad de Suhé prit la parole et dit :
Jusques à quand tiendras-tu ces discours, et tes paroles seront-elles comme un souffle de tempête ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui souffle de tout côté ; littéralement multiplié. Le terme hébreu correspondant a aussi cette signification. Cependant on le traduit assez généralement par grand, fort, impétueux. ― Ier discours de Baldad, chapitre 8. Baldad voit dans la réponse de Job à Eliphaz une accusation d’injustice portée contre Dieu ; il lui répète donc à sa manière le discours de son vieil ami. Dieu n’est pas injuste : ses enfants avaient donc mérité la mort par leurs péchés et lui-même expie actuellement ses propres fautes. Son bonheur d’autrefois prouve seulement que Dieu avait différé à le punir. La pensée dominante, c’est que si Job ne veut pas en croire ses amis, il croie du moins les anciens sages dont Baldad rapporte les pensées, quand il annonce que le bonheur des méchants n’est pas durable et que Dieu punit ceux qui l’ont mérité. La suite de ses idées est celle-ci : 1° Avis et reproches à Job qui a parlé à Dieu sans respect, versets 2 à 7. ― 2° Appel aux anciens sages qui attestent que les impies sont voués à la perdition, versets 8 à 19. ― 3° Horizon de bonheur pour Job, s’il se convertit, versets 20 à 22.
Est-ce que Dieu fait fléchir le droit, ou bien le Tout-Puissant renverse-t-il la justice ?
Si tes fils ont péché contre lui, il les a livrés aux mains de leur iniquité.
Pour toi, si tu as recours à Dieu, si tu implores le Tout-Puissant,
si tu es droit et pur, alors il veillera sur toi, il rendra le bonheur à la demeure de ta justice,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La paix ; c’est-à-dire toute sorte de prospérités. ― La demeure de ta justice ; la demeure qui t’appartiendra, à toi homme juste, dans laquelle tu te conduiras selon la justice.
ton premier état semblera peu de chose, tant le second sera florissant.
Interroge les générations passées, sois attentif à l’expérience des pères : —
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des pères ; selon l’hébreu, de leurs pères, c’est-à-dire des pères de la génération passée. Le singulier génération, étant un nom collectif, peut concorder avec un pluriel.
car nous sommes d’hier, et nous ne savons rien, nos jours sur la terre passent comme l’ombre ; —
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Job, 14, 2 ; Psaumes, 143, 4.
ne vont-ils pas t’enseigner, te parler, et de leur cœur tirer des sentences :
« Le papyrus croît-il en dehors des marais ? Le jonc s’élève-t-il sans eau ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Carex, espèce de jonc.
Encore tendre, sans qu’on le coupe, il sèche avant toute herbe.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lorsqu’il est ; c’est-à-dire, le carex.
Telles sont les voies de tous ceux qui oublient Dieu ; l’espérance de l’impie périra.
Sa confiance sera brisée ; son assurance ressemble à la toile de l’araignée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sa folie, etc. Il condamnera lui-même sa folle espérance. ― La maison de l’araignée est sa toile.
Il s’appuie sur sa maison, et elle ne tient pas ; il s’y attache, et elle ne reste pas debout.
Il est plein de vigueur, au soleil, ses rameaux s’étendent sur son jardin,
ses racines s’entrelacent parmi les pierres, il plonge jusqu’aux profondeurs du roc.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il s’arrêtera ; il pullulera même au milieu des cailloux. Sa prospérité paraîtra d’abord ferme et inébranlable.
Si Dieu l’arrache de sa place, sa place le renie : Je ne t’ai jamais vu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lorsque l’impie tombe dans l’infortune, même ceux qui l’approchaient de plus près le renient comme un inconnu.
C’est là que sa joie se termine, et du même sol d’autres s’élèveront après lui. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La joie de sa voie ; c’est-à-dire le bonheur de son état, de sa situation. Le sens de ce verset est donc : C’est à quoi se réduit la prospérité du méchant sur la terre ; il se sèche sur la terre, afin que d’autres croissent comme la plante et se développent en prenant sa place.
Non, Dieu ne rejette pas l’innocent, il ne prend pas la main des malfaiteurs.
Il remplira ta bouche d’éclats de rire, et mettra sur tes lèvres des chants d’allégresse.
Tes ennemis seront couverts de honte, et la tente des méchants disparaîtra.
Commentaire (versets 20 à 22) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 20 à 22 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Le Seigneur ne t’abandonnera pas, si tu vis dans la justice ; il te rétablira dans ton premier état, et te rendra la joie et le bonheur dont tu jouissais auparavant, et, de plus, tes ennemis seront couverts de confusion.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Baldad, dont le nom signifie « fils de contention », n’a ni une grande originalité ni une grande indépendance de caractère ; il s’appuie en partie sur les maximes des sages anciens, en partie sur l’autorité de son ami plus âgé, Eliphaz. Son tempérament est plus violent que celui de ce dernier ; il a moins d’arguments et plus d’invectives ; son langage est aussi moins riche ; il est abrupt, sans tendresse.