Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Job 19
Écouter Job en entier
Ce livre est enregistré en un seul fichier : l'écoute couvre ses 42 chapitres d'affilée et ne démarre pas au chapitre affiché.
Crédits
Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :
- aucune utilisation commerciale ;
- aucune modification du contenu des fichiers ;
- paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.
Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.
Alors Job prit la parole et dit :
Jusques à quand affligerez-vous mon âme, et m’accablerez-vous de vos discours ?
Voilà dix fois que vous m’insultez, que vous m’outragez sans pudeur.
Quand même j’aurais failli, c’est avec moi que demeure ma faute.
Mais vous, qui vous élevez contre moi, qui invoquez mon opprobre pour me convaincre,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vous m’accusez, etc. Vous prétendez que je suis coupable, parce que je souffre des opprobres.
sachez enfin que c’est Dieu qui m’opprime, et qui m’enveloppe de son filet.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce n’est pas en vertu d’un jugement de cette justice qui punit le crime et récompense la vertu que Dieu m’a affligé ; car je ne suis nullement coupable, comme vous l’entendez ; mais c’est en sa qualité de créateur tout-puissant et infiniment sage, qui traite ses créatures selon les desseins impénétrables de son infinie sagesse, et par conséquent sans qu’elles puissent comprendre ses desseins.
Voici que je crie à la violence, et nul ne me répond ! J’en appelle, et point de justice !
Il m’a barré le chemin, et je ne puis passer : il a répandu les ténèbres sur mes sentiers.
Il m’a dépouillé de ma gloire, il a enlevé la couronne de ma tête.
Il m’a sapé tout à l’entour, et je tombe ; il a déraciné, comme un arbre, mon espérance.
Sa colère s’est allumée contre moi ; il m’a traité comme ses ennemis.
Ses bataillons sont venus ensemble, ils se sont frayés un chemin jusqu’à moi, ils font le siège de ma tente.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ils se sont faits un chemin au travers de moi ; c’est le sens littéral de la Vulgate qu’on explique généralement par ils m’ont foulé aux pieds, en disant que tel est le sens de l’hébreu et du grec ; mais on semble oublier que la préposition hébraïque et grecque qu’on traduit par sur, au-dessus de, signifie également contre, et que ce dernier sens convient beaucoup mieux ici. Ainsi le sens de la phrase qui paraît le plus naturel est : Ils se sont frayé un chemin contre moi.
Il a éloigné de moi mes frères ; mes amis se sont détournés de moi.
Mes proches m’ont abandonné, mes intimes m’ont oublié.
Les hôtes de ma maison et mes servantes me traitent comme un étranger ; je suis un inconnu à leurs yeux.
J’appelle mon serviteur, et il ne me répond pas ; je suis réduit à le supplier de ma bouche.
Ma femme a horreur de mon haleine, je demande grâce aux fils de mon sein.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les enfants, etc. La plupart des interprètes pensent, d’après les Septante, qu’il s’agit ici des enfants que Job avait eus de ses femmes du second rang.
Les enfants eux-mêmes me méprisent ; si je me lève, ils me raillent.
Tous ceux qui étaient mes confidents m’ont en horreur, ceux que j’aimais se tournent contre moi.
Mes os sont attachés à ma peau et à ma chair, je me suis échappé avec la peau de mes dents.
Ayez pitié, ayez pitié de moi, vous du moins, mes amis, car la main de Dieu m’a frappé !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Saint Grégoire dit que Job appelle encore ses amis ceux qui l’accablent par leurs injures, soit afin de les obliger par ce terme de tendresse à user d’une meilleure conduite à son égard ; soit pour s’exciter lui-même à regarder leurs injures comme utiles à son salut (Greg. Moral., LXIV, c. 23).
Pourquoi me poursuivez-vous, comme Dieu me poursuit ? Pourquoi êtes-vous insatiables de ma chair ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pourquoi… vous rassasiez-vous de ma chair ? Pourquoi me calomniez-vous ou dites-vous du mal de moi ? Cette image se retrouve, sous des formes plus ou moins différentes, dans toutes les langues, quoique nous ne soyons pas habitués à la forme hébraïque. Un passage d’une lettre de Machiavel à Julien de Médicis permet de se rendre bien compte de cette figure de langage. « Je vous envoie, Julien, quelques grives… Si vous avez autour de vous quelqu’un qui se plaise à me mordre, vous pourrez lui en jeter une aux dents : en mangeant cet oiseau il oubliera de déchirer son prochain… De ma pauvre chair, mes ennemis tirent de bonnes bouchées. »
Oh ! Qui me donnera que mes paroles soient écrites ! Qui me donnera qu’elles soient consignées dans un livre,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un livre. C’est ainsi que porte la version grecque. A la vérité, l’hébreu lit le livre dans ce passage ; mais dans un des endroits parallèles, comme Isaïe, 30, 8 ; Jérémie, 30, 2, il n’a pas l’article déterminatif.
qu’avec un burin de fer et du plomb, elles soient pour toujours gravées dans le roc !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
On gravait des inscriptions sur le métal et sur la pierre dès une haute antiquité dans le pays que Job habitait.
Je sais que mon vengeur est vivant, et qu’il se lèvera le dernier sur la poussière.
Alors de ce squelette, revêtu de sa peau, de ma chair je verrai Dieu.
Moi-même je le verrai ; mes yeux le verront, et non un autre ; mes reins se consument d’attente au-dedans de moi.
Commentaire (versets 25 à 27) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 25 à 27 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Presque tous les Pères ont reconnu dans ces paroles de Job une profession de foi très claire à la résurrection des corps, et dans les premiers siècles de l’Eglise, après les persécutions, de pieux chrétiens ont fait graver sur leurs tombeaux cet acte de foi comme une expression de leur propre croyance.
Vous direz alors : « Pourquoi le poursuivions-nous ? » et la justice de ma cause sera reconnue.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Une parole fondamentale ; littéralement une racine, un fondement de parole, une parole radicale.
Ce jour-là, craignez pour vous le glaive : terribles sont les vengeances du glaive ! Et vous saurez qu’il y a une justice.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
VIe discours de Job : IIe réponse à Baldad, chapitre 19. C’est le discours le plus important de Job, et, à certains égards, du livre. Comme il ne peut plus compter sur ses amis, Job cherche à se consoler sans leur secours et se tourne plus que jamais vers Dieu. ― 1° Reproches à ses amis, versets 2 à 5. ― 2° Ils doivent songer que c’est Dieu lui-même qui le tourmente d’une manière si terrible, versets 6 à 12. ― 3° C’est pourquoi il lui a retiré l’appui de tous ceux qui l’avaient autrefois soutenu, versets 13 à 20. ― 4° Ils n’en devraient avoir que plus de compassion pour lui, car son droit demeure inébranlable ; aussi, il en est certain, il sera vengé dans une autre vie et le dernier jugement lui rendra justice, versets 21 à 29. C’est là le point culminant de la discussion. La vue de son Rédempteur attendrit le saint patriarche ; désormais sa fougue est tombée ; il n’a plus la même impétuosité et ne se plaint qu’avec calme ; mettant toute sa confiance en Dieu, il cherche moins à se défendre lui-même et se préoccupe plutôt de réfuter la thèse de ses adversaires.