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Matthieu 8
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Jésus étant descendu de la montagne, une grande multitude le suivit.
Et un lépreux s’étant approché, se prosterna devant lui, en disant : « Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir. »
Jésus étendit la main, le toucha et dit : « Je le veux, sois guéri. » Et à l’instant sa lèpre fut guérie.
Alors Jésus lui dit : « Garde-toi d’en parler à personne ; mais va te montrer au prêtre, et offre le don prescrit par Moïse pour attester au peuple ta guérison. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Lévitique, 14, 2. ― En témoignage pour eux ; c’est-à-dire afin que ce soit pour eux un témoignage et une preuve incontestable de ma puissance et de ma fidélité à faire observer la loi. ― Le mot eux peut signifier par hébraïsme : à chacun des prêtres, ou bien : à la foule du peuple dont il est parlé au premier verset.
Comme Jésus entrait dans Capharnaüm, un centurion l’aborda
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 7, 1. ― Capharnaüm. Voir Matthieu, 4, 13. ― Un centurion. Le centurion était le chef d’une centurie légionnaire, c’est-à-dire de cent hommes. Il était chargé de la discipline de sa centurie, en présidait les exercices et les travaux, et marchait à sa tête quand on allait au combat. Il avait comme insigne de son autorité un casque à cimier et une branche de vigne qui lui servait à châtier ceux de ses hommes qui enfreignaient les règles de la discipline. Sa paie était double de celle des soldats.
et lui fit cette prière : « Seigneur, mon serviteur est couché dans ma maison, frappé de paralysie, et il souffre cruellement. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il y a une paralysie imparfaite qui consiste dans la privation ou du mouvement seul, ou du sentiment seul. C’est ce qu’ont reconnu tous les médecins tant anciens que modernes. Ainsi le paralytique, dont il est ici question, a pu souffrir extrêmement, même dans les parties paralysées, puisqu’il suffisait que les nerfs moteurs furent seuls affectés, tandis que les nerfs sensitifs étaient entièrement libres et pouvaient, par là même, servir d’instruments à la douleur.
Jésus lui dit : « J’irai et je le guérirai.
— Seigneur, répondit le centurion, je ne suis pas digne que vous entriez sous mon toit ; mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 7, 6.
Car moi qui suis soumis à des supérieurs, j’ai des soldats sous mes ordres, et je dis à l’un : Va, et il va ; et à un autre : Viens, et il vient ; et à mon serviteur : Fais cela, et il le fait. »
En entendant ces paroles, Jésus fut dans l’admiration, et dit à ceux qui le suivaient : « Je vous le dis en vérité, dans Israël même, je n’ai pas trouvé une si grande foi.
C’est pourquoi je vous dis que beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident, et auront place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Malachie, 1, 11.
tandis que les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures : c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les ténèbres extérieures désignent l’enfer. Jésus-Christ continue l’allégorie d’un festin. Or dans les festins, la salle était toujours bien éclairée ; de sorte que ceux qui en étaient expulsés se trouvaient dans les ténèbres, pleurant et grinçant des dents de dépit et de rage.
Alors Jésus dit au centurion : « Va, et qu’il te soit fait selon ta foi ; » et à l’heure même son serviteur fut guéri.
Et Jésus étant venu dans la maison de Pierre, y trouva sa belle-mère qui était au lit, tourmentée par la fièvre.
Il lui toucha la main, et la fièvre la quitta ; aussitôt elle se leva, et se mit à les servir.
Sur le soir, on lui présenta plusieurs démoniaques, et d’un mot il chassa les esprits et guérit tous les malades :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 1, 32. ― On a voulu expliquer les possessions dont il est parlé dans les évangélistes par de simples maladies ou par un dérèglement de l’imagination, ou par des possessions purement spirituelles, ou enfin par le seul emportement des passions. Mais les termes dont se sont servis les écrivains sacrés et Jésus-Christ lui-même sont trop clairs et trop explicites pour qu’on puisse les entendre autrement que l’Eglise les a toujours entendus, c’est-à-dire des possessions dans les lesquelles le démon agit sur les corps.
accomplissant ainsi cette parole du prophète Isaïe : « Il a pris nos infirmités, et s’est chargé de nos maladies. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 53, 4 ; 1 Pierre, 2, 24.
Jésus, voyant une grande multitude autour de lui, donna l’ordre de passer à l’autre bord du lac.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De la mer de Galilée.
Alors un Scribe s’approcha et lui dit : « Maître, je vous suivrai partout où vous irez. »
Jésus lui répondit : « Les renards ont leurs tanières, et les oiseaux du ciel leurs nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 9, 58.
Un autre, du nombre des disciples, lui dit : « Seigneur, permettez-moi d’aller auparavant ensevelir mon père. »
Mais Jésus lui répondit : « Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts. »
Il entra alors dans la barque, suivi de ses disciples.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 4, 36 ; Luc, 8, 22.
Et voilà qu’une grande agitation se fit dans la mer, de sorte que les flots couvraient la barque : lui, cependant, dormait.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« Il n’y a de tempête sur la mer de Tibériade que par les vents d’ouest. Venant de la côte de Capharnaüm, ils devaient chasser la barque avec violence et l’empêcher d’aborder. » (J.-H. MICHON.)
Ses disciples venant à lui l’éveillèrent et lui dirent : « Seigneur, sauvez-nous, nous périssons ! »
Jésus leur dit : « Pourquoi craignez-vous, hommes de peu de foi ? » Alors il se leva, commanda aux vents et à la mer, et il se fit un grand calme.
Et saisis d’admiration, tous disaient : « Quel est celui-ci, que les vents même et la mer lui obéissent ? »
Jésus ayant abordé de l’autre côté du lac, dans le pays des Géraséniens, deux démoniaques sortirent des sépulcres et s’avancèrent vers lui ; ils étaient si furieux, que personne n’osait passer par ce chemin.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 5, 1 ; Luc, 8, 26. ― Voir Matthieu, note 8.16 sur les possessions. ― Gérasa (le texte grec porte : Gergésa) était situé, d’après l’opinion commune, à l’endroit où sont aujourd’hui les ruines informes de Khersa sur la rive gauche de l’ouadi es-Semak, qui se jette dans le lac de Génésareth à l’est. Là entre l’ouadi es-Semak et l’ouadi Fik, vis-à-vis de la ville de Tibériade, cessent les collines et commence la plaine qui s’étend au nord sur la rive orientale du lac. Les ruines de Khersa sont entourées d’un mur. Un peu au sud, en un seul endroit, sont des rochers très escarpés qui s’avancent en pointe dans la mer de Galilée et c’est de là que les porcs poussés par les démons durent se précipiter dans les flots. Partout ailleurs il y a une bande de terre cultivable entre les montagnes et le lac. ― Sortant des sépulcres. Les tombeaux chez les Juifs pouvaient servir d’habitation. C’étaient des cavernes ou des excavations artificielles au milieu des jardins ou des champs ou dans les flancs des montagnes. Ils étaient souvent assez vastes, renfermant des cours avec des chambres souterraines, disposées le long de corridors et remplies de niches où l’on plaçait des cadavres ; on fermait ensuite la niche avec une pierre. Sur plusieurs de ces tombeaux on élevait des édicules. Les démoniaques dont parle saint Matthieu pouvaient habiter dans l’un de ces édicules ou dans les corridors du tombeau.
Et ils se mirent à crier : « Qu’avons-nous à faire avec vous, Jésus, Fils de Dieu ? Êtes-vous venu ici pour nous tourmenter avant le temps ? »
Or il y avait, à quelque distance, un nombreux troupeau de porcs qui paissaient.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 5, 11 ; Luc, 8, 32.
Et les démons firent à Jésus cette prière : « Si vous nous chassez d’ici, envoyez-nous dans ce troupeau de porcs. »
Il leur dit : « Allez. » Ils sortirent du corps des possédés, et entrèrent dans les pourceaux. Au même instant, tout le troupeau prenant sa course se précipita par les pentes escarpées dans la mer, et ils périrent dans les eaux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le troupeau tout entier se précipita dans la mer. Voir Matthieu, note 21.19.
Les gardiens s’enfuirent, et ils vinrent dans la ville, où ils racontèrent toutes ces choses et ce qui était arrivé aux démoniaques.
Aussitôt toute la ville sortit au-devant de Jésus, et dès qu’ils le virent, ils le supplièrent de quitter leur territoire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 5, 17 ; Luc, 8, 37.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 1, 40 ; Luc, 5, 12. ― Un lépreux. La lèpre, maladie de la peau qui peut être très grave et faire tomber tout le corps en pourriture, était commune en Palestine. Elle rendait impur aux yeux de la loi celui qui en était atteint.