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Matthieu 12

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

En ce temps-là, Jésus traversait des champs de blé un jour de sabbat, et ses disciples, ayant faim, se mirent à cueillir des épis et à les manger.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 2, 23 ; Luc, 6, 1. ― La loi mosaïque permettait à ceux qui avaient faim de cueillir quelques épis dans un champ (voir Deutéronome, 23, 25).

Les Pharisiens, voyant cela, lui dirent : « Vos disciples font une chose qu’il n’est pas permis de faire pendant le sabbat. »

Mais il leur répondit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu’il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Rois, 21, 6.

comment il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de proposition, qu’il ne lui était pas permis de manger, non plus qu’à ceux qui étaient avec lui, mais aux prêtres seuls ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Lévitique, 24, 9. ― Les pains de proposition sont ceux qu’on exposait tous les samedis sur la table d’or devant le Seigneur.

Ou n’avez-vous pas lu dans la Loi que, le jour du sabbat, les prêtres violent le sabbat dans le temple sans commettre de péché ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 28, 9.

Or, je vous dis qu’il y a ici quelqu’un plus grand que le temple.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Que le temple, en grec, hiéron. Voir Matthieu, note 21.12.

Si vous compreniez cette parole : « Je veux la miséricorde, et non le sacrifice », vous n’auriez jamais condamné des innocents.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Rois, 15, 22, Ecclésiaste, 4, 17 ; Osée, 6, 6 ; Matthieu, 9, 13.

Car le Fils de l’homme est maître même du sabbat. »

Jésus, ayant quitté ce lieu, entra dans leur synagogue.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans leur synagogue. Voir Matthieu, 4, 23.

Or, il se trouvait là un homme qui avait la main desséchée, et ils demandèrent à Jésus : « Est-il permis de guérir, le jour du sabbat ? » C’était pour avoir un prétexte de l’accuser.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 3, 1 ; Luc, 6, 6.

Il leur répondit : « Quel est celui d’entre vous qui, n’ayant qu’une brebis, si elle tombe dans une fosse un jour de sabbat, ne la prend et ne l’en retire ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 22, 4. ― On a prétendu qu’il n’est pas permis aux Juifs, de retirer, le jour du sabbat, une bête d’un puits ou d’une fosse où elle serait tombée, et que, par conséquent, le discours de Jésus-Christ n’est pas conforme à la vérité. Nous convenons que cette défense existe, mais elle est bien postérieure au temps de Jésus-Christ.

Or, combien un homme ne vaut-il pas plus qu’une brebis ? Il est donc permis de faire du bien les jours de sabbat. »

Alors il dit à cet homme : « Étends ta main. » Il l’étendit, et elle redevint saine comme l’autre.

Les Pharisiens, étant sortis, tinrent conseil contre lui sur les moyens de le perdre.

Mais Jésus, en ayant eu connaissance, s’éloigna de ces lieux. Une grande foule le suivit, et il guérit tous leurs malades.

Et il leur commanda de ne pas le faire connaître :

afin que s’accomplît la parole du prophète Isaïe :

« Voici mon serviteur que j’ai choisi, mon bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. Je ferai reposer sur lui mon Esprit, et il annoncera la justice aux nations.

Il ne disputera point, il ne criera point, et on n’entendra pas sa voix dans les places publiques.

Il ne brisera point le roseau froissé et n’éteindra point la mèche qui fume encore, jusqu’à ce qu’il ait fait triompher la justice.

En son nom, les nations mettront leur espérance. »

Commentaire (versets 18 à 21) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 18 à 21 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Ce texte d’Isaïe (voir Isaïe, 42, 1-4) s’applique à Jésus-Christ même dans le sens littéral. En effet, Jésus-Christ était Fils coéternel et consubstantiel au Père par sa nature divine, mais il s’est rendu son serviteur, comme le dit saint Paul, (voir Philippiens, 2, 2 (?)), en se revêtant de la chair et des infirmités humaines.

On lui présenta alors un possédé aveugle et muet, et il le guérit, de sorte que cet homme parlait et voyait.

Et tout le peuple, saisi d’étonnement, disait : « N’est-ce point là le fils de David ? »

Mais les Pharisiens, entendant cela, dirent : « Il ne chasse les démons que par Béelzébub, prince des démons. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 9, 34 ; Marc, 3, 22 ; Luc, 11, 15. ― Béelzébub. Voir Matthieu, 10, 25.

Jésus, qui connaissait leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même sera désolé, et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne pourra subsister.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Luc, 11, 17.

Si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même : comment donc son royaume subsistera-t-il ?

Et si moi je chasse les démons par Béelzébub, par qui vos fils les chassent-ils ? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges.

Que si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu à vous.

Et comment peut-on entrer dans la maison de l’homme fort et piller ses meubles, sans avoir auparavant lié cet homme fort ? Alors seulement on pillera sa maison.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le fort, ou le fort armé, comme l’appelle saint Luc (voir Luc, 11, 21), était le latriensis des anciens, c’est-à-dire un officier fidèle et vaillant à qui l’on confiait la garde d’une maison.

Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi disperse.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jésus-Christ parle ici à des pharisiens, qui, par le seul refus qu’ils faisaient de croire en lui, formaient une opposition des plus fortes à la prédication de l’Evangile. Car, comme ils étaient les plus accrédités des Juifs, leur exemple empêchait un grand nombre de conversions.

« C’est pourquoi je vous dis : Tout péché et tout blasphème sera remis aux hommes ; mais le blasphème contre l’Esprit ne leur sera pas remis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 3, 28-29 ; Luc, 12, 10.

Et quiconque aura parlé contre le Fils de l’homme, on le lui remettra ; mais à celui qui aura parlé contre l’Esprit-Saint, on ne le lui remettra ni dans ce siècle, ni dans le siècle à venir.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il résulte du contexte même que le péché contre le Saint-Esprit, dont il est ici parlé, consiste à attribuer au démon les miracles du Sauveur. Or ce péché est dit irrémissible, parce qu’il est moralement impossible d’en obtenir la rémission, attendu qu’il y a une malice intrinsèque naturellement opposée au pardon. Il faudrait pour cela un miracle de la grâce que Dieu n’accorde pas selon le cours ordinaire de sa providence. D’un autre côté, c’est un dogme de la foi catholique qu’il n’y a aucun péché absolument irrémissible, l’Eglise ayant reçu le pouvoir de remettre tous les péchés sans exception, et Dieu, dans sa miséricorde, pouvant toucher le cœur du pécheur le plus endurci.

Ou dites que l’arbre est bon, et son fruit bon ; ou dites que l’arbre est mauvais, et son fruit mauvais : car c’est par son fruit qu’on connaît l’arbre.

Race de vipères, comment pourriez-vous dire des choses bonnes, méchants comme vous l’êtes ? Car la bouche parle de l’abondance du cœur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Luc, 6, 45.

L’homme bon tire du bon trésor de son cœur des choses bonnes, et l’homme mauvais, d’un mauvais trésor, tire des choses mauvaises.

Je vous le dis : au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu’ils auront dite.

Car tu seras justifié par tes paroles, et tu seras condamné par tes paroles. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Car c’est par tes paroles, etc. Il paraît que c’est un proverbe que l’évangéliste rapporte textuellement, puisque les verbes sont au singulier.

Alors quelques-uns des Scribes et des Pharisiens prirent la parole et dirent : « Maître, nous voudrions voir un signe de vous. »

Il leur répondit : « Cette race méchante et adultère demande un signe, et il ne lui sera pas donné d’autre signe que celui du prophète Jonas :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 16, 4 ; Luc, 11, 29 ; 1 Corinthiens, 1, 22 ; Jonas, 2, 1.

de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson, ainsi le Fils de l’homme sera dans le sein de la terre trois jours et trois nuits.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Si l’on a égard à la manière dont les Juifs divisaient le temps, on reconnaîtra sans peine que le corps de Jésus-Christ est resté trois jours et trois nuits dans le sein de la terre.

Les hommes de Ninive se dresseront, au jour du jugement, avec cette génération et la condamneront, parce qu’ils ont fait pénitence à la voix de Jonas, et il y a ici plus que Jonas.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jonas, 3, 5.

La reine du Midi s’élèvera, au jour du jugement, avec cette génération et la condamnera, parce qu’elle est venue des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, et il y a ici plus que Salomon.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 3 Rois, 10, 1 ; 2 Paralipomènes, 9, 1. ― La reine du midi ; c’est-à-dire la reine de Saba, province d’Arabie située au sud de la Judée.

« Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Luc, 11, 24.

Alors il dit : Je retournerai dans ma maison, d’où je suis sorti. Et revenant, il la trouve vide, nettoyée et ornée.

Alors il s’en va prendre sept autres esprits plus méchants que lui, et, entrant dans cette maison, ils y fixent leur demeure, et le dernier état de cet homme est pire que le premier. Ainsi en sera-t-il de cette génération méchante. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Pierre, 2, 20.

Comme il parlait encore au peuple, sa mère et ses frères étaient dehors, cherchant à lui parler.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 3, 31 ; Luc, 8, 19. ― On sait que chez les anciens et surtout chez les Hébreux le mot frère se prenait dans le sens de cousin et de proche en général. ― Sur les frères du Sauveur, voir la note 34 de M. Glaire à la fin du volume.

Quelqu’un lui dit : « Voici votre mère et vos frères qui sont là dehors, et ils cherchent à vous parler. »

Jésus répondit à l’homme qui lui disait cela : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? »

Et étendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères.

Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère. »

Commentaire (versets 48 à 50) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 48 à 50 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

La réponse du Sauveur signifie, selon l’explication des Pères, que quand il s’agit de la gloire et des intérêts de Dieu, on ne doit considérer ni parents ni amis ; pas plus qu’on ne doit considérer la chair et le sang, dès qu’ils s’opposent à ce que Dieu demande de nous. Enfin Jésus-Christ nous apprend par là qu’il préfère aux parents et aux amis selon la chair, ceux qui lui sont attachés selon l’esprit, ceux qui l’écoutent, qui l’aiment et qui le suivent. Ainsi sa réponse n’avait nullement pour but de montrer du mépris pour sa mère et ses parents.