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Matthieu 15
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Alors des Scribes et des Pharisiens venus de Jérusalem s’approchèrent de Jésus, et lui dirent :
« Pourquoi vos disciples transgressent-ils la tradition des anciens ? Car ils ne se lavent pas les mains lorsqu’ils prennent leur repas. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 7, 5. ― Manger du pain ou manger le pain, dans la langue des Hébreux, signifie simplement prendre de la nourriture, faire un repas. ― La tradition des anciens, c’est-à-dire des ancêtres, désigne les préceptes pour la plupart rituels qui, d’après les Juifs d’alors, avaient été donnés oralement par Moïse et transmis oralement jusqu’à eux soit pour expliquer la loi, soit pour la compléter. Ils y attachaient la même importance qu’à la loi écrite. Le précepte de laver les mains avant de manger était une addition à la loi écrite. Dans saint Marc, 7, 7, Jésus appelle cette tradition la tradition des hommes, par opposition avec la véritable loi de Dieu.
Il leur répondit : « Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu par votre tradition ?
Car Dieu a dit : Honore ton père et ta mère ; et : Quiconque maudira son père ou sa mère, qu’il soit puni de mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 20, 12 ; Deutéronome, 5, 16 ; Ephésiens, 6, 2 ; Exode, 21, 17 ; Lévitique, 20, 9 ; Proverbes, 20, 20. ― Mourra de mort ; c’est-à-dire il mourra infailliblement, il sera puni de mort sans rémission. Dans la Bible, comme dans les auteurs profanes, ce genre de répétition a pour but de donner de la force et de l’énergie au discours.
Mais vous, vous dites : Quiconque dit à son père ou à sa mère : Ce dont j’aurais pu vous assister, j’en ait fait offrande, —
n’a pas besoin d’honorer autrement son père ou sa mère. Et vous mettez ainsi à néant le commandement de Dieu par votre tradition.
Hypocrites, Isaïe a bien prophétisé de vous quand il a dit :
Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 29, 13 ; Marc, 7, 6.
C’est en vain qu’ils m’honorent, en donnant des préceptes qui ne sont que des commandements venant des hommes. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jésus-Christ veut censurer ici les commandements contraires à la loi de Dieu, comme l’oubli et la négligence des parents, sous prétextes que l’on donne à Dieu, ou au moins ceux qui ne conduisent nullement à la vraie piété, comme le lavement fréquent des mains, sans égard à la pureté du cœur.
Puis, ayant fait approcher la foule, il leur dit : « Écoutez et comprenez.
Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme ; mais ce qui sort de la bouche, voilà ce qui souille l’homme. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
On abuse souvent de ces paroles pour autoriser la violation de l’abstinence prescrite par l’Eglise. Il est vrai que les viandes qui entrent dans le corps de l’homme ne peuvent souiller son âme ; mais le mépris des lois de l’Eglise établie par Jésus-Christ lui-même, la sensualité, voilà ce qui souille et rend coupable devant Dieu. C’est ainsi qu’Adam n’a pas été souillé par le fruit qui entra dans sa bouche, mais par sa désobéissance à la loi de Dieu.
Alors ses disciples venant à lui, lui dirent : « Savez-vous que les Pharisiens, en entendant cette parole, se sont scandalisés ? »
Il répondit : « Toute plante que n’a pas plantée mon Père céleste, sera arrachée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 15, 2.
Laissez-les ; ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles. Or, si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans la fosse. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 6, 39.
Pierre, prenant la parole, lui dit : « Expliquez-nous cette parabole. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 7, 17.
Jésus répondit : « Êtes-vous encore, vous aussi, sans intelligence ?
Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans la bouche va au ventre, et est rejeté au lieu secret ?
Mais ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c’est là ce qui souille l’homme.
Car c’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les paroles injurieuses.
Voilà ce qui souille l’homme ; mais manger sans s’être lavé les mains, cela ne souille point l’homme. »
Jésus étant parti de là, se retira du côté de Tyr et de Sidon.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 7, 24. ― Du côté de Tyr et de Sidon, villes de Phénicie, sur la Méditerranée, au nord de la Palestine.
Et voilà qu’une femme cananéenne, de ce pays-là, sortit en criant à haute voix : « Ayez pitié de moi, Seigneur, fils de David ; ma fille est cruellement tourmentée par le démon. »
Jésus ne lui répondit pas un mot. Alors ses disciples, s’étant approchés, le prièrent en disant : « Renvoyez-la, car elle nous poursuit de ses cris. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jésus-Christ ne répondit rien à cette femme pour éprouver sa foi.
Il répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 10, 6 ; Jean, 10, 3. ― Le Messie avait été envoyé pour sauver les nations aussi bien que les Juifs, mais il ne devait point prêcher au milieu d’elles ; cette mission était réservée à ses apôtres.
Mais cette femme vint se prosterner devant lui, en disant : « Seigneur, secourez-moi. »
Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les Juifs traitaient les gentils de chiens, à cause de la corruption de leurs mœurs.
« Il est vrai, Seigneur, dit-elle ; mais les petits chiens mangent au moins les miettes qui tombent de la table de leur maître. »
Alors Jésus lui dit : « Ô femme, votre foi est grande : qu’il vous soit fait selon votre désir. » Et sa fille fut guérie à l’heure même.
Jésus quitta ces lieux et vint près de la mer de Galilée. Étant monté sur la montagne, il s’y assit.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
. Sur la montagne. Voir Matthieu, 14, 23. ― La mer de Galilée. Voir la note 33 à la fin du volume.
Et de grandes troupes de gens s’approchèrent de lui, ayant avec eux des boiteux, des aveugles, des sourds-muets, des estropiés et beaucoup d’autres malades. Ils les mirent à ses pieds, et il les guérit ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 35, 5.
de sorte que la multitude était dans l’admiration, en voyant les muets parler, les estropiés guéris, les boiteux marcher, les aveugles voir, et elle glorifiait le Dieu d’Israël.
Cependant Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit : « J’ai compassion de cette foule ; car voilà déjà trois jours qu’ils restent près de moi, et ils n’ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, de peur que les forces ne leur manquent en chemin. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 8, 1.
Les disciples lui dirent : « Où trouver dans un désert assez de pains pour rassasier une si grande foule ? »
Jésus leur demanda : « Combien avez-vous de pains ? » « Sept, lui dirent-ils, et quelques petits poissons. »
Alors il fit asseoir la foule par terre,
prit les sept pains et les poissons, et, ayant rendu grâces, il les rompit et les donna à ses disciples, et ceux-ci au peuple.
Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient, on emporta sept corbeilles pleines.
Or le nombre de ceux qui avaient mangé s’élevait à quatre mille, sans compter les femmes et les enfants.
Après avoir renvoyé le peuple, Jésus monta dans la barque et vint dans le pays de Magédan.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Magédan ou Magdala, comme porte le texte grec, aujourd’hui el-Medjdel, sur la rive occidentale du lac de Tibériade, à l’extrémité méridionale de la plaine de Génésareth, à une heure et quart environ au nord de Tibériade. On croit que c’est là qu’était née Marie-Madeleine et que c’est de Magdala qu’elle tirait son surnom.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 7, 1.