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Matthieu 6
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Gardez-vous de faire vos bonnes œuvres devant les hommes, pour être vus d’eux : autrement vous n’aurez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux.
Quand donc tu fais l’aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être honorés des hommes. En vérité, je vous le dis, ils ont reçu leur récompense.
Pour toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite,
afin que ton aumône soit dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
Lorsque vous priez, ne faites pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et au coin des rues, afin d’être vus des hommes. En vérité, je vous le dis, ils ont reçu leur récompense.
Pour toi, quand tu veux prier, entre dans ta chambre, et, ayant fermé ta porte, prie ton Père qui est présent dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jésus-Christ ne défend point ici les prières publiques qui se font dans les assemblées des fidèles, puisqu’il nous dit lui-même qu’il se trouve au milieu de deux ou trois personnes rassemblées pour prier en son nom ; mais il veut que dans les prières particulières et de simple dévotion chacun se retire dans le secret pour prier avec plus de recueillement et pour éviter l’ostentation. Il ne condamne pas non plus d’une manière absolue les longues prières, puisque lui-même a passé quelquefois les nuits à prier ; il s’élève seulement contre l’abus qu’en faisaient les Juifs à l’imitation des païens, qui croyaient se rendre plus aisément leurs dieux propices lorsqu’ils parlaient beaucoup en priant.
Dans vos prières, ne multipliez pas les paroles, comme font les païens, qui s’imaginent être exaucés à force de paroles.
Ne leur ressemblez pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez.
Vous prierez donc ainsi : Notre Père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 11, 2. ― « Notre Père. Dès ce premier mot de l’oraison dominicale le cœur se fond en amour. Dieu veut être notre Père par une adoption particulière. Il a un Fils unique qui lui est égal, en qui il a mis sa complaisance ; il adopte les pécheurs. Les hommes n’adoptent des enfants que lorsqu’ils n’en ont point ; Dieu qui avait un tel Fils, nous adopte encore. L’adoption est un effet de l’amour ; car on choisit celui qu’on adopte ; la nature donne les autres enfants, l’amour seul fait les adoptifs. Dieu qui aime son Fils unique de tout son amour, et jusqu’à l’infini, étend sur nous l’amour qu’il a pour lui. ― Notre Père qui êtes dans les cieux. Vous êtes partout, mais vous êtes dans les cieux comme dans le lieu où vous rassemblez vos enfants, où vous vous montrez à eux, où vous leur manifestez votre gloire, où vous leur avez assigné leur héritage. » (BOSSUET.)
Que votre règne arrive ; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donnez-nous aujourd’hui le pain nécessaire à notre subsistance.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« Donnez-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour. C’est ici le vrai discours d’un enfant qui demande en confiance à son père tous ses besoins jusqu’aux moindres. O notre Père, vous nous avez donné un corps mortel ; vous ne l’avez pas fait tel d’abord ; mais nous vous avons désobéi, et la mort est devenue notre partage. Le corps infirme et mortel a besoin tous les jours de nourriture ; ou il tombe en défaillance, ou il périt. Donnez-la nous simple, donnez-la nous autant qu’elle est nécessaire. Que nous apprenions en la demandant que c’est vous qui la donnez, de jour à jour. Vous donnez à vos enfants, à vos serviteurs, à vos soldats, si on veut qu’ils combattent sous vos étendards, vous leur donnez chaque jour leur pain. Que nous le demandions avec confiance ; que nous le recevions comme de votre main avec action de grâce ! » (BOSSUET.)
Remettez-nous nos dettes, comme nous remettons les leurs à ceux qui nous doivent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« Pardonnez-nous comme nous pardonnons. C’est une chose admirable comment Dieu fait dépendre le pardon que nous attendons de lui, de celui qu’il nous ordonne d’accorder à ceux qui nous ont offensés. Non content d’avoir partout inculqué cette obligation, il nous la met à nous-mêmes à la bouche dans la prière journalière, afin que si nous manquions à pardonner, il nous dise comme à ce mauvais serviteur : Je te juge par ta propre bouche, mauvais serviteur. Tu m’as demandé pardon, à condition de pardonner ; tu as prononcé ta sentence, lorsque tu as refusé de pardonner à ton frère. Va-t’en au lieu malheureux où il n’y a plus ni pardon ni miséricorde. » (BOSSUET.)
Et ne nous induisez point en tentation, mais délivrez-nous du mal.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« Ne nous induisez point en tentation. On ne prie par seulement pour s’empêcher de succomber à la tentation, mais pour la prévenir, conformément à cette parole : Veillez et priez, de peur que vous n’entriez en tentation. Non seulement de peur que vous n’y succombiez, mais de peur que vous n’y entriez. Il faut entendre par ces paroles la nécessité de prier en tout temps, et quand le besoin presse, et avant qu’il ne presse. N’attendez pas la tentation ; car alors le trouble et l’agitation de l’esprit vous empêcheront de prier. Priez avant la tentation et prévenez l’ennemi. ― Délivrez-nous du mal. L’Eglise explique : Délivrez-nous de tout mal passé, présent et à venir. Le mal passé, mais qui laisse de mauvais restes, c’est le péché commis ; le mal présent, c’est le péché où nous sommes encore ; le mal à venir, c’est le péché que nous avons à craindre. Tous les autres maux ne sont rien qu’autant qu’ils nous portent au péché par le murmure et l’impatience. C’est principalement en cette vue que nous demandons d’être délivrés des autres maux. Délivrez-nous du mal. Délivrez-nous du péché et de toutes les suites du péché, par conséquent de la maladie, de la douleur, de la mort ; afin que nous soyons parfaitement libres. Alors aussi nous serons souverainement heureux. » (BOSSUET.)
Car si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 28, 2-5 ; Matthieu, 18, 35 ; Marc, 11, 25.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne pardonnera pas non plus vos offenses.
Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air sombre, comme font les hypocrites, qui exténuent leur visage, pour faire paraître aux hommes qu’ils jeûnent. En vérité, je vous le dis, ils ont reçu leur récompense.
Pour toi, quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage,
afin qu’il ne paraisse pas aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est présent dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la rouille et les vers rongent, et où les voleurs percent les murs et dérobent.
Mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni les vers ni la rouille ne rongent, et où les voleurs ne percent pas les murs ni ne dérobent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 12, 33 ; 1 Timothée, 6, 19.
Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.
La lampe du corps, c’est l’œil. Si ton œil est sain, tout ton corps sera dans la lumière ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 11, 34.
mais si ton œil est mauvais, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien grandes seront les ténèbres !
Nul ne peut servir deux maîtres : car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et la Richesse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 16, 13. ― Jésus-Christ ne défend pas absolument aux chrétiens d’avoir des biens temporels, mais seulement d’y attacher leurs cœurs et d’en être les esclaves.
C’est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie, de ce que vous mangerez ou boirez ; ni pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 54, 23 ; Luc, 12, 22 ; Philippiens, 4, 6 ; 1 Timothée, 6, 7 ; 1 Pierre, 5, 7.
Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ?
Qui de vous, à force de soucis, pourrait ajouter une coudée à la longueur de sa vie ?
Et pourquoi vous inquiétez-vous pour le vêtement ? Considérez les lis des champs, comment ils croissent : ils ne travaillent, ni ne filent.
Et cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux.
Que si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui est aujourd’hui et demain sera jetée au four, ne le fera-t-il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Est jetée dans le four. Comme le bois est rare dans plusieurs parties de la Palestine, on se sert d’herbes sèches pour faire cuire le pain.
Ne vous mettez donc point en peine, disant : Que mangerons-nous, ou que boirons-nous, ou de quoi nous vêtirons-nous ?
Car ce sont les Gentils qui recherchent toutes ces choses, et votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les païens qui n’avaient point d’espérance solide, mettaient toute leur confiance dans leur travail et dans leur industrie. Un chrétien doit travailler de manière à attendre tout de la main et de la bénédiction de Dieu.
Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus.
N’ayez donc point de souci du lendemain, le lendemain aura souci de lui-même. À chaque jour suffit sa peine.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les Juifs priaient ordinairement debout ; mais cet usage n’était point général, tantôt ils se tenaient à genoux, et tantôt ils se prosternaient le visage contre terre.