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Matthieu 24
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Comme Jésus s’en allait, au sortir du temple, ses disciples s’approchèrent de lui pour lui en faire remarquer les constructions.
Mais, prenant la parole, il leur dit : « Voyez-vous tous ces bâtiments ? Je vous le dis en vérité, il n’y sera pas laissé pierre sur pierre qui ne soit renversée. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 19, 44.
Lorsqu’il se fut assis sur la montagne des Oliviers, ses disciples s’approchèrent, et, seuls avec lui, lui dirent : « Dites-nous quand ces choses arriveront, et quel sera le signe de votre avènement et de la fin du monde ? »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sur le mont des Oliviers. Voir Matthieu, 21, 1. Du mont des Oliviers, on dominait le Temple et on avait en vue toute la ville de Jérusalem, ses murs et ses édifices.
Jésus leur répondit : « Prenez garde que nul ne vous séduise.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ephésiens, 5, 6 ; Colossiens, 2, 18.
Car plusieurs viendront sous mon nom, disant : C’est moi qui suis le Christ, et ils en séduiront un grand nombre.
Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerre ; n’en soyez pas troublés, car il faut que ces choses arrivent ; mais ce ne sera pas encore la fin.
On verra s’élever nation contre nation, royaume contre royaume, et il y aura des pestes, des famines et des tremblements de terre en divers lieux.
Tout cela ne sera que le commencement des douleurs.
Alors on vous livrera aux tortures et on vous fera mourir, et vous serez en haine à toutes les nations, à cause de mon nom.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 10, 17 ; Luc, 21, 12 ; Jean, 15, 20 ; 16, 2.
Alors aussi beaucoup failliront ; ils se trahiront et se haïront les uns les autres.
Et il s’élèvera plusieurs faux prophètes qui en séduiront un grand nombre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Beaucoup de prophètes aussi s’élèveront. Les premiers écrivains ecclésiastiques ont vu ces faux prophètes dans les pseudo-Messies, Théodas (voir Actes des Apôtres, 5, 36), Barcochébas, dans Simon le Magicien, Cérinthe, etc. Il faut du reste remarquer que dans toute cette prophétie les événements qui devaient s’accomplir à la ruine de Jérusalem sont mêlés avec ceux qui ne doivent se réaliser qu’à la fin du monde, sans qu’il soit toujours possible de bien les démêler les uns des autres. « Le Seigneur, dit un ancien auteur ecclésiastique à qui l’on doit l’Opus imperfectum publié dans les œuvres de saint Jean Chrysostome, le Seigneur n’a pas spécifié quels sont les signes qui appartiennent à la destruction de Jérusalem et quels sont ceux qui appartiennent à la fin du monde, de sorte que les mêmes signes semblent convenir à l’une et à l’autre, parce qu’il n’expose point avec ordre comme dans une histoire ce qui devait se passer, mais il annonce d’une manière prophétique ce qui arrivera. »
Et à cause des progrès croissants de l’iniquité, la charité d’un grand nombre se refroidira.
Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé.
Cet évangile du royaume sera prêché dans le monde entier, pour être un témoignage à toutes les nations ; alors viendra la fin.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En témoignage à toutes les nations ; c’est-à-dire pour servir de témoignage à toutes les nations du soin que Dieu a pris de leur faire annoncer la doctrine du salut. ― Et alors viendra la fin. Comparer au verset 6.
« Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation, annoncée par le prophète Daniel, établie en lieu saint, — que celui qui lit, entende ! —
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 13, 14 ; Luc, 21, 20 ; Daniel, 9, 27. ― L’abomination de la désolation ; une idole, d’après l’interprétation des Juifs et de plusieurs Pères.
alors que ceux qui sont dans la Judée s’enfuient dans les montagnes ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Fuient sur les montagnes. Au moment du siège de Jérusalem par Titus, les chrétiens se réfugièrent en effet à Pella dans les montagnes de Galaad.
et que celui qui est sur le toit ne descende pas pour prendre ce qu’il a dans sa maison ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sur le toit. Comparer à Matthieu, 10, 27.
et que celui qui est dans les champs ne revienne pas pour prendre son vêtement.
Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Malheur aux femmes enceintes, etc. ; parce qu’elles ne pourront se sauver avec toute la promptitude nécessaire.
Priez pour que votre fuite n’arrive pas en hiver, ni un jour de sabbat ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 1, 12. ― En hiver, à cause des incommodités de cette saison. ― Ni en un jour de sabbat ; parce que les Juifs croyaient qu’il ne leur était pas permis de faire plus de deux mille pas, c’est-à-dire environ une demie-lieue de chemin le jour du sabbat.
car il y aura alors une si grande détresse, qu’il n’y en a point eu de semblable depuis le commencement du monde jusqu’ici, et qu’il n’y en aura jamais.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Alors la tribulation sera grande. Les tribulations qu’endurèrent les Juifs pendant le dernier siège de Jérusalem et dont Josèphe nous a raconté les détails dépassent toute imagination. Toutes les prophéties du Sauveur s’accomplirent à la lettre et le peuple déicide expia son crime par la ruine totale de ce pays dont il était si fier. « Les yeux plutôt que les oreilles, dit saint Jérôme, peuvent juger de ce que sont devenues les villes et les places fortes de la Judée ; nous qui pouvons voir l’état de la province dans laquelle nous habitons, nous pouvons certifier l’exactitude de tout ce qui a été écrit. A peine découvrons-nous quelques vestiges de ruines là où s’élevaient autrefois de grandes villes… Les vignerons perfides (voir la parabole de Matthieu, 21, 33-41) après avoir tué les serviteurs et enfin le Fils de Dieu lui-même, n’ont plus maintenant le droit d’entrer dans Jérusalem que pour y pleurer et afin qu’ils puissent pleurer sur les ruines de leur capitale, ils sont obligés de payer une somme d’argent, de sorte que ceux qui avaient acheté le sang du Christ achètent maintenant la permission de verser des larmes et les pleurs mêmes ne leur sont permis qu’à prix d’argent. Voyez venir au jour anniversaire de la prise et de la destruction de Jérusalem par les Romains, voyez venir ce peuple lugubre ; ces vieilles femmes décrépites, ces vieillards chargés de haillons et d’années sont par leur tenue et par leur extérieur, autant de témoins de la colère de Dieu. La troupe misérable se rassemble, et tandis que brillent l’instrument du supplice du Seigneur et l’église de la Résurrection, tandis que l’étendard de la croix est déployé tout éclatant sur le mont des Oliviers, ce peuple malheureux pleure sur les ruines de son temple. »
Et si ces jours n’étaient abrégés, nul n’échapperait ; mais, à cause des élus, ces jours seront abrégés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Nulle chair. L’Ecriture emploie souvent le mot chair pour désigner l’homme.
Alors, si quelqu’un vous dit : Le Christ est ici, ou : Il est là, ne le croyez point.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 13, 21 ; Luc, 17, 23.
Car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes, et ils feront de grands prodiges et des choses extraordinaires, jusqu’à séduire, s’il se pouvait, les élus mêmes.
Voilà que je vous l’ai prédit.
Si donc on vous dit : Le voici dans le désert, ne sortez point ; le voici dans le lieu le plus retiré de la maison, ne le croyez point.
Car, comme l’éclair part de l’orient et brille jusqu’à l’occident, ainsi en sera-t-il de l’avènement du Fils de l’homme.
Partout où sera le cadavre, là s’assembleront les aigles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 17, 37. ― Tous les hommes ressuscités et renouvelés comme des aigles s’assembleront autour du corps de Jésus-Christ, qui a été immolé pour eux. ― Le corps, le cadavre. ― Les aigles. L’aigle proprement dit ne se nourrit pas de cadavres, ordinairement du moins. L’oiseau de proie dont il s’agit ici est le vautour percnoptère qui ressemble beaucoup à l’aigle et que Pline considère comme formant la quatrième espèce du genre aigle. Nous avons du reste ici une locution proverbiale.
« Aussitôt après ces jours d’affliction, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 13, 10 ; Ezéchiel, 32, 7 ; Joël, 2, 10 ; 3, 15 ; Marc, 13, 24 ; Luc, 21, 25.
Alors apparaîtra dans le ciel le signe du Fils de l’homme, et toutes les tribus de la terre se frapperont la poitrine, et elles verront le Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel avec une grande puissance et une grande majesté.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Apocalypse, 1, 7. ― Le signe du Fils de l’homme ; c’est-à-dire la croix, qui est comme l’étendard du Sauveur.
Et il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité du ciel jusqu’à l’autre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Corinthiens, 15, 52 ; 1 Thessaloniciens, 4, 15.
« Écoutez une comparaison prise du figuier. Dès que ses rameaux deviennent tendres, et qu’il pousse ses feuilles, vous savez que l’été est proche.
Ainsi, lorsque vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, qu’il est à la porte.
Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point que toutes ces choses n’arrivent.
Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.
Commentaire (versets 34 à 35) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 34 à 35 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
« Ces versets étant la conclusion de la première partie du discours, et cette première partie annonçant deux événements distincts, les mots « cette génération » désigneront ou bien les Juifs actuellement en vie, ou bien la race juive qui doit subsister jusqu’à la fin des temps, selon qu’on appliquera toutes ces choses à la destruction de Jérusalem ou à la catastrophe finale de l’univers. » (CRAMPON, 1885) Comparer à Luc, 21, 32 et Marc, 13, 30. Voir Matthieu, note 16.28. Voir Marc, 13, 31.
« Quant au jour et à l’heure, nul ne les connaît, pas même les anges du ciel, mais le Père seul.
« Tels furent les jours de Noé, tel sera l’avènement du Fils de l’homme.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 7, 7 ; Luc, 17, 26. ― Comme aux jours de Noé ; c’est-à-dire de la même manière qu’aux jours de Noé. Il faut suppléer fut, se passa la venue du déluge. C’est une sorte d’ellipse que l’on trouve souvent dans la Bible, et qui s’explique facilement par le contexte.
Car dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leur filles, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ;
et ils ne surent rien, jusqu’à ce que le déluge survînt, qui les emporta tous : ainsi en sera-t-il à l’avènement du Fils de l’homme.
Alors, de deux hommes qui seront dans un champ, l’un sera pris, l’autre laissé ;
de deux femmes qui seront à moudre à la meule, l’une sera prise, l’autre laissée.
Commentaire (versets 40 à 41) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 40 à 41 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Ces façons de parler marquent le discernement qui se fera alors des élus et des réprouvés. Les esclaves de l’un et de l’autre sexe étaient employés à moudre le gain à force de bras. ― La meule supérieure du moulin est souvent tournée en Orient par deux personnes. Voir Matthieu, note 18.6.
Veillez donc, puisque vous ne savez à quel moment votre Seigneur doit venir.
Sachez-le bien, si le père de famille savait à quelle heure le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 13, 33 ; Luc, 12, 39.
Tenez-vous donc prêts, vous aussi ; car le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas.
« Quel est donc le serviteur fidèle et prudent que son maître a établi sur les gens de sa maison, pour leur distribuer la nourriture en son temps ?
Heureux ce serviteur que son maître, à son retour, trouvera agissant ainsi !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Apocalypse, 16, 15.
En vérité, je vous le dis, il l’établira sur tous ses biens.
Mais, si c’est un méchant serviteur, et que, disant en lui-même : Mon maître tarde à venir,
il se mette à battre ses compagnons, à manger et à boire avec des gens adonnés au vin,
le maître de ce serviteur viendra le jour où il ne l’attend pas, et à l’heure qu’il ne sait pas,
et il le fera déchirer de coups, et lui assignera son lot avec les hypocrites : c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 13, 42 ; 25, 30. ― Et il le divisera ; c’est-à-dire il le fera mourir. Dans l’Ecriture le mot diviser se met souvent pour séparer l’âme du corps, ôter la vie. Les maîtres d’ailleurs avaient droit de vie et de mort sur leurs esclaves.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 13, 1 ; Luc, 21, 5. ― Du temple, en grec, hiéron. Voir Matthieu, 21, 12.