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Matthieu 20
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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« Car le royaume des cieux est semblable à un père de famille qui sortit de grand matin afin de louer des ouvriers pour sa vigne.
Étant convenu avec les ouvriers d’un denier par jour, il les envoya à sa vigne.
Il sortit vers la troisième heure et en vit d’autres qui se tenaient sur la place sans rien faire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vers la troisième heure. Vers neuf heures du matin.
Il leur dit : Allez aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui sera juste ;
et ils y allèrent. Il sortit encore vers la sixième et vers la neuvième heure, et fit la même chose.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
. Vers la sixième et la neuvième heure. Vers midi et trois heures de l’après-midi.
Enfin, étant sorti vers la onzième heure, il en trouva d’autres qui étaient là oisifs, et il leur dit : Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée sans rien faire ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vers la onzième heure. Vers cinq heures du soir.
Ils lui répondirent : C’est que personne ne nous a loués. Il leur dit : Allez, vous aussi, à ma vigne.
Le soir étant venu, le maître de la vigne dit à son intendant : Appelle les ouvriers et paie leur salaire, en allant des derniers aux premiers.
Ceux de la onzième heure vinrent et reçurent chacun un denier.
Les premiers, venant à leur tour, pensaient qu’ils recevraient davantage ; mais ils reçurent aussi chacun un denier.
En le recevant, ils murmuraient contre le père de famille,
en disant : Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et tu leur donnes autant qu’à nous, qui avons porté le poids du jour et de la chaleur.
Mais le Maître s’adressant à l’un d’eux, répondit : Mon ami, je ne te fais point d’injustice : n’es-tu pas convenu avec moi d’un denier ?
Prends ce qui te revient, et va-t’en. Pour moi, je veux donner à ce dernier autant qu’à toi.
Ne m’est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veux ? Et ton œil sera-t-il mauvais parce que je suis bon ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ton œil est-il mauvais ? Dans le style des Hébreux, comme dans celui des Grecs et des Latins, un mauvais œil est un œil jaloux et désigne un homme envieux et souvent un avare. Au contraire, un œil bon marque la bonté, la libéralité.
Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers, les derniers ; car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 19, 30 ; Marc, 10, 31 ; Luc, 13, 30. ― Ainsi les derniers, etc. Il semble au premier abord que la conclusion de cette parabole manque de justesse, et qu’il aurait fallu la terminer ainsi : Les derniers seront comme les premiers. C’est en effet le sens du texte original, où la particule de comparaison comme se trouve sous-entendue en vertu d’un hébraïsme que les auteurs du Nouveau-Testament ont souvent imité.
Pendant que Jésus montait à Jérusalem, il prit à part les douze disciples et leur dit en chemin :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 10, 32 ; Luc, 18, 31.
« Voici que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux Princes des prêtres et aux Scribes. Ils le condamneront à mort,
et le livreront aux Gentils pour être moqué, flagellé et crucifié ; et il ressuscitera le troisième jour. »
Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils, et se prosterna devant lui pour lui demander quelque chose.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 10, 35. ― La mère des fils de Zébédée s’appelait Salomé. Ses deux fils étaient saint Jacques le Majeur et saint Jean l’Evangéliste.
Il lui dit : « Que voulez-vous ? » Elle répondit : « Ordonnez que mes deux fils, que voici, soient assis l’un à votre droite, l’autre à votre gauche, dans votre royaume. »
Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire le calice que je dois boire ? — Nous le pouvons », lui dirent-ils.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce calice désigne les souffrances de Jésus-Christ.
Il leur répondit : « Vous boirez en effet mon calice ; quant à être assis à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; si ce n’est à ceux à qui mon Père l’a préparé. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pour attacher ses disciples à la foi dont ils ne comprenaient pas encore la vertu, le Sauveur remet à son Père ce qui regarde la gloire, et ne se réserve que de prédire et de distribuer les afflictions ; quoique cependant tout ce qui est au Père soit au Fils, et tout ce qui est au Fils soit au Père (voir Jean, 17, 10).
Ayant entendu cela, les dix autres furent indignés contre les deux frères.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 10, 41. ― Or les dix ; c’est-à-dire les dix autres apôtres.
Mais Jésus les appela et leur dit : « Vous savez que les chefs des nations leur commandent en maîtres, et que les grands exercent l’empire sur elles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 22, 25.
Il n’en sera pas ainsi parmi vous ; mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il se fasse votre serviteur ;
et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il se fasse votre esclave.
C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie pour la rançon de la multitude. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Philippiens, 2, 7. ― D’un grand nombre ; c’est-à-dire de tous, de tout le monde (ce qui constitue en effet un grand nombre), comme l’explique saint Jean dans sa première épître (voir 1 Jean, 2, 2). On pourrait encore entendre cette expression de ceux-là seulement qui, par leur foi et leur conduite vraiment chrétienne, ont une part réelle aux mérites du Sauveur, mérites que les autres ont volontairement refusé de s’appliquer.
Comme ils sortaient de Jéricho, une grande foule le suivit.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 10, 46 ; Luc, 18, 35.
Et voilà que deux aveugles, qui étaient assis sur le bord du chemin, entendant dire que Jésus passait, se mirent à crier : « Seigneur, fils de David, ayez pitié de nous. »
La foule les gourmandait pour les faire taire ; mais ils criaient plus fort : « Seigneur, fils de David, ayez pitié de nous. »
Jésus, s’étant arrêté, les appela et dit : « Que voulez-vous que je vous fasse ?
— Seigneur, lui dirent-ils, que nos yeux s’ouvrent. »
Ému de compassion, Jésus toucha leurs yeux, et aussitôt ils recouvrèrent la vue et le suivirent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un denier. Voir Matthieu, 18, 28.