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Matthieu 4

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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Alors Jésus fut conduit par l’Esprit dans le désert pour y être tenté par le diable.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 1, 12 ; Luc, 4, 1. ― Le désert de la tentation est, d’après la tradition, le désert de la Quarantaine, ainsi appelé des quarante jours qu’y passa Notre-Seigneur. Il s’étend à l’ouest de Jéricho ; il est très accidenté et ses montagnes sont des plus belles de la Palestine méridionale ; elles se composent de calcaire blanc et sont remplies de cavernes ; c’est là vraisemblablement que se réfugièrent les espions envoyés par Josué à Jéricho (Voir Josué, 2, 22) ; elles furent peuplées d’anachorètes, après l’ère chrétienne, en souvenir du jeûne du Sauveur.

Après avoir jeûné pendant quarante jours et quarante nuits, il eut faim.

Et le tentateur, s’approchant, lui dit : « Si vous êtes le Fils de Dieu, commandez que ces pierres deviennent des pains. »

Jésus lui répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 8, 3 ; Luc, 4, 4.

Alors le diable le transporta dans la ville sainte, et l’ayant posé sur le pinacle du temple,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sur le haut du temple. Littéralement sur le pinacle du temple. Le sens est incertain. D’après les uns, c’est le faîte du temple proprement dit ; d’après les autres, comme le texte grec emploie un mot qui désigne ordinairement l’ensemble des constructions du temple, hiéron, c’est le faîte du portique de Salomon à l’est ou bien le faîte de la porte royale qui se dressait au sud au-dessus d’un précipice profond, d’après le témoignage de Josèphe.

il lui dit : « Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez-vous en bas ; car il est écrit : Il a donné pour vous des ordres à ses anges, et ils vous porteront dans leurs mains, de peur que votre pied ne heurte contre la pierre. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 90, 11.

Jésus lui dit : « Il est écrit aussi : Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 6, 16.

Le diable, de nouveau, le transporta sur une montagne très élevée, et lui montrant tous les royaumes du monde, avec leur gloire,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sur une montagne très élevée. Il est impossible de savoir quelle est cette montagne.

il lui dit : « Je vous donnerai tout cela, si, tombant à mes pieds, vous m’adorez. »

Alors Jésus lui dit : « Retire-toi, Satan ; car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu ne serviras que lui seul. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 6, 13.

Alors le diable le laissa ; aussitôt des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

Quand Jésus eut appris que Jean avait été mis en prison, il se retira en Galilée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 1, 14 ; Luc, 4, 14 ; Jean, 4, 43.

Et laissant la ville de Nazareth, il vint demeurer à Capharnaüm, sur les bords de la mer, aux confins de Zabulon et de Nephtali,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Capharnaüm. Le site de Capharnaüm, dont le nom revient si souvent dans les Evangiles, est encore aujourd’hui un problème. La malédiction prononcée par le Sauveur contre cette ville coupable s’est si littéralement accomplie que personne ne peut dire avec certitude où il faut en chercher les ruines. D’après les uns, Capharnaüm était à Khan Miniéh, d’après les autres à Tell Hum. Khan Miniéh est un monceau de ruines qui tire son nom d’un vieux khan du voisinage, sur les bords du lac de Tibériade, à l’extrémité nord-ouest de la plaine. Tell Hum est à une heure de chemin au nord de Khan Miniéh, à trois quarts d’heure environ à l’ouest-sud-ouest de l’embouchure du Jourdain dans le lac.

afin que s’accomplît cette parole du prophète Isaïe :

« Terre de Zabulon et terre de Nephtali, qui confines à la mer, pays au-delà du Jourdain, Galilée des Gentils !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 9, 1.

Le peuple qui était assis dans les ténèbres a vu une grande lumière ; et sur ceux qui étaient assis dans la région de l’ombre de la mort, la lumière s’est levée ! »

Dès lors Jésus commença à prêcher, en disant : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 1, 15.

Comme il marchait le long de la mer de Galilée, Jésus vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient leur filet dans la mer ; car ils étaient pêcheurs.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 1, 16 ; Luc, 5, 2. ― La mer de Galilée. Sur la mer de Galilée ou lac de Tibériade, voir la note 33 à la fin du volume.

Et il leur dit : « Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »

Eux aussitôt, laissant leurs filets, le suivirent.

S’avançant plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, dans une barque, avec leur père Zébédée, réparant leurs filets, et il les appela.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Zébédée, pécheur de la mer de Galilée, époux de Salomé, qui paraît avoir joui d’une certaine aisance.

Eux aussi, laissant à l’heure même leur barque et leur père, le suivirent.

Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, prêchant l’Évangile du royaume de Dieu, et guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les synagogues étaient des lieux d’assemblée de religion pour les Juifs ; ils s’y réjouissaient les jours de sabbat et les jours de fête pour prier, lire et entendre la parole de Dieu, et pour y exercer les autres pratiques de leur loi. ― Du royaume ; c’est-à-dire du royaume de Dieu.

Sa renommée se répandit dans toute la Syrie, et on lui présentait tous les malades atteints d’infirmités et de souffrances diverses, des possédés, des lunatiques, des paralytiques, et il les guérissait.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Toute la Syrie. La Syrie désigne dans le Nouveau Testament le pays borné à l’est par l’Euphrate et l’Arabie, au sud par la Palestine, à l’ouest par la mer Méditerranée et la Phénicie, au nord par la chaîne de l’Amanus et du Taurus.

Et une grande multitude le suivit de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée et d’au delà du Jourdain.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 3, 7 ; Luc, 6, 17. ― La Décapole était la confédération de plusieurs villes unies entre elles pour leur commune défense. Quoique le mot Décapole signifie dix villes, le nombre des cités confédérées était variable. La plupart d’entre elles étaient situées à l’est du Jourdain. La capitale, Scythopolis, l’ancienne Bethsan, à l’ouest du fleuve, est la clef de la Palestine proprement dite. Après Scythopolis, les villes les plus importantes de la Décapole étaient Césarée de Philippe, Asor, Cédès de Nephtali, Séphet, Corozaïn, Capharnaüm, Bethsaïde, Jotapata et Tibériade. Le territoire confédéré s’étendait donc depuis Scythopolis au sud jusqu’au Liban et à Damas au nord ; à l’ouest, il se prolongeait jusqu’à Sidon ; à l’est, il se prolongeait au-delà de Gadara, d’Hippos et de Pella.