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Matthieu 22
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Jésus, prenant la parole, leur parla de nouveau en paraboles, et il dit :
« Le royaume des cieux est semblable à un roi qui faisait les noces de son fils.
Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui avaient été invités aux noces, et ils ne voulurent pas venir.
Il envoya encore d’autres serviteurs, en disant : Dites aux conviés : Voilà que j’ai préparé mon festin ; on a tué mes bœufs et mes animaux engraissés ; tout est prêt, venez aux noces.
Mais ils n’en tinrent pas compte, et ils s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son négoce ;
et les autres se saisirent des serviteurs, et après les avoir injuriés, ils les tuèrent.
Le roi, l’ayant appris, entra en colère ; il envoya ses armées, extermina ces meurtriers et brûla leur ville.
Alors il dit à ses serviteurs : le festin des noces est prêt, mais les conviés n’en étaient pas dignes.
Allez donc dans les carrefours, et tous ceux que vous trouverez, invitez-les aux noces.
Ces serviteurs, s’étant répandus par les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, bons ou mauvais ; et la salle des noces fut remplie de convives.
Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table et ayant aperçu là un homme qui n’était point revêtu d’une robe nuptiale,
il lui dit : Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir une robe de noces ? Et cet homme resta muet.
Alors le roi dit à ses serviteurs : Liez-lui les mains et les pieds, et jetez-le dans les ténèbres extérieures : c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 8, 12 ; 13, 42 ; 25, 30.
Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Car beaucoup sont appelés, etc. Ces paroles sont la conclusion naturelle de la parabole d’après laquelle beaucoup de ceux qui avaient été invités au festin de noces ne s’y rendirent pas.
Alors les Pharisiens s’étant retirés, se concertèrent pour surprendre Jésus dans ses paroles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 12, 13 ; Luc, 20, 20.
Et ils lui envoyèrent quelques-uns de leurs disciples, avec des Hérodiens, lui dire : « Maître, nous savons que vous êtes vrai, et que vous enseignez la voie de Dieu dans la vérité, sans souci de personne ; car vous ne regardez pas à l’apparence des hommes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par les hérodiens dont il est ici question, les uns entendent les membres d’une secte de ce nom, les autres de simples partisans d’Hérode qui étaient, comme la secte elle-même, pour les Romains, et par conséquent opposés aux pharisiens ; de sorte que, de quelque manière que le Sauveur répondit, il ne pouvait manquer d’être accusé par l’un ou l’autre parti. Mais il sut éluder leur demande et éviter ainsi le piège qu’ils lui tendaient. ― La face des hommes ; c’est-à-dire leur qualité, leur condition. Le sens de ce passage est que le Sauveur ne faisait acception de personne. ― Les hérodiens ou partisans des Hérodes étaient probablement un parti surtout politique, qui considérait la famille d’Hérode comme le meilleur appui des Juifs contre l’absorption totale de leur pays dans l’empire romain, mais qui cherchait en même temps à établir une sorte de compromis entre le judaïsme et le paganisme, et avait par suite peu de zèle pour l’observation de la loi.
Dites-nous donc ce qu’il vous semble : Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César ? »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A César. Le César alors régnant était Tibère. Voir Luc, 3, 1.
Jésus, connaissant leur malice, leur dit : « Hypocrites, pourquoi me tentez-vous ?
Montrez-moi la monnaie du tribut. » Ils lui présentèrent un denier.
Et Jésus leur dit : « De qui est cette image et cette inscription ?
— De César, » lui dirent-ils. Alors Jésus leur répondit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Romains, 13, 7.
Cette réponse les remplit d’admiration, et, le quittant, ils s’en allèrent.
Le même jour, des Sadducéens, qui nient la résurrection, vinrent à lui et lui proposèrent cette question :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 23, 8.
« Maître, Moïse a dit : Si un homme meurt sans laisser d’enfant, que son frère épouse sa femme et suscite des enfants à son frère.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 25, 5 ; Marc, 12, 19 ; Luc, 20, 28.
Or, il y avait parmi nous sept frères ; le premier prit une femme et mourut, et comme il n’avait pas d’enfant, il laissa sa femme à son frère.
La même chose arriva au second, puis au troisième, jusqu’au septième.
Après eux tous, la femme aussi mourut.
Au temps de la résurrection, duquel des sept frères sera-t-elle la femme ? Car tous l’ont eue ? »
Jésus leur répondit : « Vous êtes dans l’erreur, ne comprenant ni les Écritures, ni la puissance de Dieu.
Car, à la résurrection, les hommes n’ont point de femmes, ni les femmes de maris ; mais ils sont comme les anges de Dieu dans le ciel.
Quant à la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu ce que Dieu vous a dit, en ces termes :
Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob ? Or Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 3, 6. ― Je suis le Dieu d’Abraham, etc. Avec ces paroles qui sont prises de l’Exode Jésus-Christ prouve ici la résurrection des corps par l’immortalité de l’âme, parce que, en effet, ces deux dogmes sont inséparables. L’âme étant immortelle doit nécessairement être un jour réunie à son corps, pour y recevoir la récompense ou la punition qu’elle a méritée dans ce corps même, lorsqu’elle en était revêtue.
Et le peuple, en l’écoutant, était rempli d’admiration pour sa doctrine.
Les Pharisiens ayant appris que Jésus avait réduit au silence les Sadducéens, s’assemblèrent.
Et l’un d’eux, docteur de la loi, lui demanda pour le tenter :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 12, 28 ; Luc, 10, 25.
« Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? »
Jésus lui dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 6, 5.
C’est là le plus grand et le premier commandement.
Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Lévitique, 19, 18 ; Marc, 12, 31.
À ces deux commandements se rattachent toute la Loi, et les Prophètes. »
Les Pharisiens étant assemblés, Jésus leur fit cette question :
« Que vous semble du Christ ? De qui est-il fils ? » Ils lui répondirent : « De David. » —
« Comment donc, leur dit-il, David inspiré d’en haut l’appelle-t-il Seigneur, en disant :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 20, 41. ― En esprit ; c’est-à-dire parlant par l’Esprit de Dieu. Voir Psaumes, 109, 1.
Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 109, 1. ― L’escabeau de vos pieds. Les vainqueurs avaient coutume de poser leurs pieds sur le cou des vaincus en signe de leur triomphe, de sorte que faire de ses ennemis l’escabeau de ses pieds, c’est les soumettre à sa puissance.
Si donc David l’appelle Seigneur, comment est-il son fils ? »
Nul ne pouvait rien lui répondre, et, depuis ce jour, personne n’osa plus l’interroger.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La robe nuptiale. C’est partout la coutume que les invités aux noces se revêtent d’habits de fêtes. Peut-être y a-t-il aussi une allusion à une coutume orientale, en vertu de laquelle les rois et les princes envoient à ceux qu’ils appellent à leur table une robe dont ils doivent se couvrir pour prendre part au festin.