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Matthieu 16

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Les Pharisiens et les Sadducéens abordèrent Jésus, et, pour le tenter, ils lui demandèrent de leur faire voir un signe venant du ciel.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 8, 11.

Il leur répondit : « Le soir vous dites : Il fera beau, car le ciel est rouge ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Luc, 12, 54.

et le matin : Il y aura aujourd’hui de l’orage, car le ciel est d’un rouge sombre.

Hypocrites, vous savez donc discerner les aspects du ciel, et vous ne savez pas reconnaître les signes des temps ! Une race méchante et adultère demande un signe, et il ne lui sera pas donné d’autre signe que celui du prophète Jonas. » Et les laissant, il s’en alla.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 12, 39 ; Jonas, 2, 1.

En passant de l’autre côté du lac, ses disciples avaient oublié de prendre des pains.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

C’était la coutume de ces temps et de ce pays que les voyageurs portassent le pain dont ils pourraient avoir besoin.

Jésus leur dit : « Gardez-vous avec soin du levain des Pharisiens et des Sadducéens. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 8, 15 ; Luc, 12, 1.

Et ils pensaient et disaient en eux-mêmes : « C’est parce que nous n’avons pas pris de pains. »

Mais Jésus, qui voyait leur pensée, leur dit : « Hommes de peu de foi, pourquoi vous entretenez-vous en vous-mêmes de ce que vous n’avez pas pris de pains ?

Êtes-vous encore sans intelligence, et ne vous rappelez-vous pas les cinq pains distribués à cinq mille hommes, et combien de paniers vous avez emportés ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 14, 17 ; Jean, 6, 9.

Ni les sept pains distribués à quatre mille hommes, et combien de corbeilles vous avez emportées ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 15, 34.

Comment ne comprenez-vous pas que je ne parlais pas de pains quand je vous ai dit : Gardez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens ? »

Alors ils comprirent qu’il avait dit de se garder, non du levain qu’on met dans le pain, mais de la doctrine des Pharisiens et des Sadducéens.

Jésus étant venu dans le territoire de Césarée de Philippe, demanda à ses disciples : « Qui dit-on qu’est le Fils de l’homme ? »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 8, 27. ― Césarée de Philippe, au pied de l’Hermon, près d’une des sources du Jourdain, en Gaulonitide, s’appelait d’abord Panéas. Quand Philippe le tétrarque l’eut agrandie, il l’appela Césarée en l’honneur de Tibère César, et on y ajouta le nom même de Philippe pour le distinguer de la Césarée bâtie sur la Méditerranée, par Hérode le Grand, entre Joppé et Dora. Aujourd’hui Césarée de Philippe a repris son nom primitif sous la forme Bânias et compte environ 150 maisons.

Ils lui répondirent : « Les uns disent que vous êtes Jean-Baptiste, d’autres Élie, d’autres Jérémie ou quelqu’un des prophètes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 8, 28 ; Luc, 9, 19.

— Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? »

Simon Pierre, prenant la parole, dit : « Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jean, 6, 70.

Jésus lui répondit : « Tu es heureux, Simon, fils de Jean, car ce n’est pas la chair et le sang qui te l’ont révélé, mais c’est mon Père qui est dans les cieux.

Et moi je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jean, 1, 42. ― Dans le syro-chaldéen que l’on parlait au temps de Jésus-Christ, il n’y avait point de différence entre le nom propre Pierre, et le nom commun pierre ; c’est pourquoi, dans cette langue, l’allusion est plus naturelle. ― Les portes de l’enfer, c’est-à-dire le palais, le royaume de l’enfer, l’enfer lui-même. Comme partie principale d’un édifice, les portes sont mises pour le tout. On dit la Porte Ottomane pour le royaume ottoman. Remarquez aussi que l’enfer est souvent représenté dans l’Ecriture comme un palais ayant des portes et des verrous.

Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux : et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 22, 22 ; Jean, 20, 23. ― Les mots lier et délier sont synonymes d’ouvrir et de fermer ; parce qu’anciennement on ouvrait les portes en déliant la barre, et on les fermait en la liant. Les clefs sont le symbole de la puissance. Voir Jean, 21, 17.

Alors il défendit à ses disciples de dire à personne qu’il était le Christ.

Jésus commença dès lors à découvrir à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu’il souffrît beaucoup de la part des Anciens, des Scribes et des Princes des prêtres, qu’il fût mis à mort et qu’il ressuscitât le troisième jour.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De la part des anciens, des scribes et des princes des prêtres. Les anciens, titre de dignité, dont il est si souvent question dans les Evangiles, sont les membres du sanhédrin. Cette dénomination provient de ce que primitivement les chefs des villes et les juges étaient choisis parmi les vieillards. Dans plusieurs passages des Actes des Apôtres, 11, 30, etc., et dans les Epîtres, le mot d’anciens a un autre sens, comme il sera expliqué en son lieu. ― Sur les scribes et les princes des prêtres, voir Matthieu, note 2.4.

Pierre, le prenant à part, se mit à le reprendre, en disant : « À Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne vous arrivera pas. »

Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre : « Retire-toi de moi, Satan, tu m’es un scandale ; car tu n’as pas l’intelligence des choses de Dieu ; tu n’as que des pensées humaines. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 8, 33. ― Retire-toi, etc. C’est comme si le Sauveur disait : Ma volonté et celle de mon Père est que je meure pour le salut des hommes, et tu veux m’empêcher de souffrir ; tu mérites donc d’être appelé Satan, c’est-à-dire adversaire, contradicteur.

Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à soi-même, qu’il prenne sa croix et me suive.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 10, 38 ; Luc, 9, 23 ; 14, 27.

Car celui qui voudra sauver sa vie, la perdra ; et celui qui perdra sa vie à cause de moi, la trouvera.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Luc, 17, 33 ; Jean, 12, 25. ― Car celui qui voudra sauver, etc. Comparer à Matthieu, 10, 39 (voir la note).

Et que sert à un homme de gagner le monde entier, s’il vient à perdre son âme ? Ou que donnera un homme en échange de son âme ?

Car le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon ses œuvres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 17, 31 ; Romains, 2, 6.

Je vous le dis en vérité, plusieurs de ceux qui sont ici présents ne goûteront point la mort, qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme venant dans son règne. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 16, 27-28 (inutile). ― Plusieurs Pères de l’Eglise croient que le Sauveur veut parler de sa transfiguration, rapportée dans le chapitre suivant ; l’expression quelques-uns de ceux qui sont ici donne à ce sentiment une probabilité. ― Néanmoins, à cause des nombreux passages parallèles, dans lesquels le texte ne peut s’entendre de la Transfiguration, comme le verset précédent (27) ou en Matthieu, 24, 30 et Luc, 21, 27, on peut donner avec d’autres interprètes l’explication suivante. Il faut d’abord faire remarquer que cette annonce est confirmée par les quatre évangélistes et la comparaison des textes permet d’éclaircir le sens. Au lieu de : Venant dans son royaume, saint Marc, 8, 39, dit : « Le Royaume de Dieu venant dans sa puissance ». Dans saint Matthieu, 10, 23, le Christ leur dit : « Vous n’aurez pas fini d’évangéliser toutes les villes d’Israël jusqu’à ce que vienne le Fils de l’homme. » Dans saint Jean, 21, 22, le Christ dit : « Je veux qu’il [saint Jean] demeure [vivant] jusqu’à ce que je vienne. » Saint Luc écrit pareillement : « Quelques-uns sont ici qui ne goûteront point la mort qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu » (voir Luc, 9, 27). Si Jésus annonce que l’évangélisation de toutes les villes d’Israël ne sera pas achevée (voir Matthieu, 10, 23), alors que pourtant viendra le Fils de l’homme « dans sa Puissance », ce royaume annoncé ne pouvait être le règne de Dieu dans les âmes (à peine commencé), comme le pense J.-H. MICHON. Qu’est-ce alors ? CRAMPON pense à la ruine de Jérusalem en l’an 70 et à l’établissement du christianisme tout en indiquant qu’il ne s’agit là que du premier acte, de la figure, de ce qui doit s’accomplir complètement à la fin des temps. « Pendant tout le premier siècle, il y eut au sein de l’Eglise cette croyance que Jésus allait paraître dans le monde, pour y établir son règne dorénavant triomphant et glorieux. » (MICHON) Mais pourquoi n’est-il pas arrivé au temps annoncé ? Nous en donnons une explication en Jean, note 21.22.