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Matthieu 13

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Ce jour-là, Jésus sortit de la maison et s’assit au bord de la mer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jésus étant sorti de la maison, probablement à Capharnaüm, où il demeurait depuis le commencement de son ministère (voir Matthieu, 4, 13). ― S’assit sur le bord de la mer de Galilée ou lac de Tibériade.

Une grande foule s’étant assemblée autour de lui, il dut monter dans une barque, où il s’assit, tandis que la foule se tenait sur le rivage ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 4, 1 ; Luc, 8, 4.

et il leur dit beaucoup de choses en paraboles : — Le semeur, dit-il, sortit pour semer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En paraboles. Sur les paraboles de l’Evangile, voir la note 35 à la fin du volume.

Et pendant qu’il semait, des grains tombèrent le long du chemin, et les oiseaux du ciel vinrent et les mangèrent.

D’autres grains tombèrent sur un sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre, et ils levèrent aussitôt, parce que la terre était peu profonde.

Mais le soleil s’étant levé, la plante, frappée de ses feux et n’ayant pas de racine, sécha.

D’autres tombèrent parmi les épines, et les épines crûrent et les étouffèrent.

D’autres tombèrent dans la bonne terre, et ils produisirent du fruit, l’un cent, un autre soixante, et un autre trente.

Que celui qui a des oreilles entende ! »

Alors ses disciples s’approchant lui dirent : « Pourquoi leur parlez-vous en paraboles ? »

Il leur répondit : « À vous, il a été donné de connaître les mystères du royaume des cieux ; mais à eux, cela n’a pas été donné.

Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance ; mais à celui qui n’a pas, on ôtera même ce qu’il a.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 25, 29.

C’est pourquoi je leur parle en paraboles, parce qu’en voyant, ils ne voient pas, et qu’en entendant, ils n’entendent ni ne comprennent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il ne s’agit ici que des mystères du royaume de Dieu, et non des préceptes évangéliques que tous doivent entendre et pratiquer. Or Jésus-Christ ne proposait qu’en paraboles les mystères aux Juifs, afin de les punir de l’aveuglement de leur esprit et de l’endurcissement de leur cœur. Voir Marc, 4, 12.

Pour eux s’accomplit la prophétie d’Isaïe : « Vous entendrez de vos oreilles et vous ne comprendrez point ; vous verrez de vos yeux, et vous ne verrez point.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 6, 9 ; Marc, 4, 12 ; Luc, 8, 10 ; Jean, 12, 40 ; Actes des Apôtres, 28, 26 ; Romains, 11, 8.

Car le cœur de ce peuple s’est appesanti ; ils ont endurci leurs oreilles et fermé leurs yeux : de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent et que je ne les guérisse. »

Pour vous, heureux vos yeux parce qu’ils voient, et vos oreilles parce qu’elles entendent !

Je vous le dis en vérité, beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu ; entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Luc, 10, 24.

Vous donc, écoutez ce que signifie la parabole du semeur :

« Quiconque entend la parole du royaume et ne la comprend pas, le Malin vient, et il enlève ce qui a été semé dans son cœur : c’est le chemin qui a reçu la semence.

Le terrain pierreux où elle est tombée, c’est celui qui entend la parole et la reçoit aussitôt avec joie :

mais il n’y a pas en lui de racines ; il est inconstant ; dès que survient la tribulation ou la persécution à cause de la parole, aussitôt il succombe.

Les épines qui ont reçu la semence, c’est celui qui entend la parole ; mais les sollicitudes de ce siècle et la séduction des richesses étouffent la parole, et elle ne porte point de fruit.

La bonne terre ensemencée, c’est celui qui entend la parole et la comprend ; il porte du fruit, et donne l’un cent, un autre soixante, un autre trente pour un. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ou cent, etc. ; littéralement autre cent, etc.

Il leur proposa une autre parabole, en disant : « Le royaume des cieux est semblable à un homme qui avait semé du bon grain dans son champ.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 4, 26.

Mais, pendant que les hommes dormaient, son ennemi vint et sema de l’ivraie au milieu du froment, et s’en alla.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’ivraie est une plante annuelle, de la famille des graminées et de la tribu des hordéacées. Il en existe plusieurs espèces. Celle de la parabole est le Lolium temulentum ou ivraie enivrante. Elle est commune dans les moissons d’Europe comme en Palestine. « L’ivraie enivrante est la seule graminée qui possède des propriétés malfaisantes. Son nom lui vient de l’espèce d’ivresse qu’elle occasionne. Ses semences mêlées au blé, ont souvent produit des symptômes d’empoisonnement, des nausées, des vertiges. » (CHENU.) Par la cuisson, l’action de la chaleur lui enlève ses propriétés malfaisantes. ― Son ennemi sema de l’ivraie. « Notre-Seigneur n’a rien imaginé ici, mais il parle d’un acte de malice qui a dû être connu de ses auditeurs. La loi romaine le suppose et un écrivain moderne (ROBERTS), en parlant des coutumes et des mœurs de l’Orient, affirme qu’il est également pratiqué dans l’Inde. « Voyez, dit-il, ce coquin attentif au moment où son voisin labourera son champ ; dès que le champ est ensemencé, il s’y rend à son tour, de nuit, et y répand ce que les natifs appellent pandinellu, c’est-à-dire de l’ivraie ; elle croît avant la bonne semence et se propage rapidement, tellement que le malheureux propriétaire du champ doit attendre des années avant de pouvoir se débarrasser de cette plante nuisible. » (TRENCH, L’ivraie.)

Quand l’herbe eut poussé et donné son fruit, alors apparut aussi l’ivraie.

Et les serviteurs du père de famille vinrent lui dire : Seigneur, n’avez-vous pas semé de bon grain dans votre champ ? D’où vient donc qu’il s’y trouve de l’ivraie ?

Il leur répondit : C’est un ennemi qui a fait cela. Les serviteurs lui dirent : Voulez-vous que nous allions la cueillir ?

Non, leur dit-il, de peur qu’avec l’ivraie vous n’arrachiez aussi le froment.

Laissez croître l’un et l’autre jusqu’à la moisson, et au temps de la moisson je dirai aux moissonneurs : Cueillez d’abord l’ivraie, et liez-la en gerbes pour la brûler, et amassez le froment dans mon grenier. »

Commentaire (versets 29 à 30) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 29 à 30 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

L’ivraie, avant de s’être développée, ressemble si fort au froment, qu’il est très difficile de distinguer les deux plantes l’une de l’autre. Mais « quand le blé commence à former l’épi, l’ivraie fait de même, et alors un enfant ne peut plus la confondre avec le froment ou avec l’orge. Auparavant le triage serait impossible. Les cultivateurs eux-mêmes qui, en Palestine, ont l’habitude d’arracher les mauvaises herbes dans leurs champs, n’essaient point d’enlever l’ivraie. » (THOMSON.)

Il leur proposa une autre parabole, en disant : « Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé, qu’un homme a pris et semé dans son champ.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 4, 31 ; Luc, 13, 19. ― Un grain de sénevé ou de moutarde. La sinapis nigra ou moutarde noire de Palestine est une plante annuelle, aux rameaux nombreux et à larges feuilles. Tous les voyageurs rapportent qu’en Terre Sainte, elle atteint, même à l’état sauvage, de grandes proportions et s’élève souvent à plus de trois mètres de hauteur, de sorte que les oiseaux du ciel peuvent se reposer littéralement sur ses rameaux.

C’est la plus petite de toutes les semences ; mais, lorsqu’il a poussé, il est plus grand que toutes les plantes potagères, et devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent s’abriter dans ses rameaux. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il devient un arbre. Les premiers chrétiens ont souvent représenté Jésus-Christ dans le tombeau avec un arbre qui sort de sa bouche et sur les branches duquel sont les Apôtres.

Il leur dit encore cette parabole : « Le royaume des cieux est semblable au levain qu’une femme prend et mêle dans trois mesures de farine, pour faire lever toute la pâte. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Luc, 13, 21. ― Trois mesures de farine, trois sata, c’est-à-dire environ 39 litres.

Jésus dit à la foule toutes ces choses en paraboles, et il ne lui parlait qu’en paraboles,

accomplissant ainsi la parole du prophète : « J’ouvrirai ma bouche en paraboles, et je révélerai des choses cachées depuis la création du monde. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 77, 2.

Puis, ayant renvoyé le peuple, il revint dans la maison ; ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Expliquez-nous la parabole de l’ivraie dans le champ. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 4, 34.

Il répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ;

le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du royaume ; l’ivraie, les fils du Malin ;

l’ennemi qui l’a semé, c’est le diable ; la moisson, la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Apocalypse, 14, 15. ― La consommation du siècle ; c’est-à-dire la fin du monde.

Comme on cueille l’ivraie et qu’on la brûle dans le feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde.

Le Fils de Dieu enverra ses anges, et ils enlèveront de son royaume tous les scandales, et ceux qui commettent l’iniquité,

et ils les jetteront dans la fournaise ardente : c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents.

Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Que celui qui a des oreilles entende !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Sagesse, 3, 7 ; Daniel, 12, 3.

« Le royaume des cieux est encore semblable à un trésor enfoui dans un champ ; l’homme qui l’a trouvé l’y cache de nouveau, et, dans sa joie, il s’en va, vend tout ce qu’il a, et achète ce champ.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

« Saint Augustin nous dit que le champ dans lequel on peut trouver le céleste trésor n’est autre que la vraie Eglise, parce que dans l’Eglise seule nous pouvons trouver dans toute leur pureté et les dogmes révélés de Dieu, et les lois qu’il nous a imposées, et le culte qu’il exige. » (VENTURA DE RAULICA.)

« Le royaume des cieux est encore semblable à un marchand qui cherchait de belles perles.

Ayant trouvé une perle de grand prix, il s’en alla vendre tout ce qu’il avait, et l’acheta.

« Le royaume des cieux est encore semblable à un filet qu’on a jeté dans la mer et qui ramasse des poissons de toutes sortes.

Lorsqu’il est plein, les pêcheurs le retirent, et, s’asseyant sur le rivage, ils choisissent les bons pour les mettre dans des vases, et jettent les mauvais.

Il en sera de même à la fin du monde : les anges viendront et sépareront les méchants d’avec les justes,

et ils les jetteront dans la fournaise ardente : c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents.

« Avez-vous compris toutes ces choses ? » Ils lui dirent : « Oui, Seigneur. »

Et il ajouta : « C’est pourquoi tout Scribe versé dans ce qui regarde le royaume des cieux, ressemble à un père de famille qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes. »

Après que Jésus eut achevé ces paraboles, il partit de là.

Étant venu dans sa patrie, il enseignait dans la synagogue ; de sorte que, saisis d’étonnement, ils disaient : « D’où viennent à celui-ci cette sagesse et ces miracles ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 6, 1 ; Luc, 4, 16. ― Etant venu dans son pays, Nazareth.

N’est-ce pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie, et ses frères Jacques, Joseph, Simon et Jude ?

Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ? D’où lui viennent donc toutes ces choses ? »

Commentaire (versets 55 à 56) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 55 à 56 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Ses frères, ses sœurs, c’est-à-dire ses cousins, ses cousines, ses parents en général. Voir Matthieu, note 12.46. ― Jacques est saint Jacques le Mineur, un des douze apôtres. Jude est l’apôtre saint Jude, l’auteur de l’épître catholique qui porte son nom. Simon fut le successeur de saint Jacques le Mineur, son frère, sur le siège de Jérusalem. On ne connaît de Joseph (ou Josès, comme l’appelle le texte grec) que son nom. Ces quatre cousins de Notre-Seigneur étaient fils de Cléophas, et d’une Marie qui était sœur aînée de la sainte Vierge, suivant les uns ; sa belle-sœur suivant les autres, Cléophas étant le frère de saint Joseph, époux de la sainte Vierge.

Et il était pour eux une pierre d’achoppement. Mais Jésus leur dit : « Un prophète n’est sans honneur que dans sa patrie et dans sa maison. »

Et il ne fit pas beaucoup de miracles dans ce lieu, à cause de leur incrédulité.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A cause de leur incrédulité ; pour les punir de leur incrédulité.